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Iran: la campagne “je suis aussi un mohareb”

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ImageIran Focus : « Je suis aussi un mohareb », c’est le nom d’une campagne lancée par de jeunes bloggeurs iraniens contre les condamnations à mort prononcée par le régime à l’encontre des manifestants. Une soixantaine de journalistes, d’artistes, d’universitaires et de défenseurs des droits de l’Homme ont signé une déclaration de soutien à cette initiative qui veut « narguer le langage et le raisonnement funeste des gouvernants ».

 La justice clérical a annoncé que les manifestants qui ont fait usage de « violence » contre le régime seront considérés comme « mohareb », qui signifie « rébellion contre le Dieu », passible de la peine de mort. Dans une déclaration publiée sur la Toile, les signataires écrivent qu’« en réponse à la République islamique qui va juger les manifestants arrêtés durant la manifestation de la journée d’Achoura (27 décembre) sous l’inculpation de ‘mohareb’, nous nous déclarons solidaires avec tous les manifestants arrêtés et les prisonniers politiques ».

« En brandissant l’accusation éculé de ‘mohareb’, les dirigeants du régime préparent un nouveau massacre des opposants. Les dirigeants s’arrogent une fois de plus l’autorité divine pour réprimer la liberté et verser le sang de ceux qui ne demandent que les droits des concitoyens, » affirme la déclaration.

Mohseni Ejei, le procureur général du régime et ancien ministre du Renseignement (Vevak) a déclaré le 31 décembre dernier : « le judiciaire est déterminé à juger au moins trois des personnes arrêtées pendant la célébration d’Achoura. Ils sont accusés d’être  en guerre contre Dieu et seront exécutées. »

La définition « légal » de  mohareb

Selon Ebrahim Raïssi, n°2 du système judiciaire en Iran, l’utilisation de bâtons et de pierres est considérée comme « Mohareb ». Dans une déclaration à la TV d’Etat le 30 décembre, il a donné la définition légale de la notion de mohareb :

 « Les crimes commis hier surtout, à notre avis, revêtent une particularité qui est l’exemple même de l’atteinte grave à la sécurité publique, et pire encore, en attaquant et agressant la population en deuil avec des couteaux, des matraques en bois et en jetant des pierres, qui relève aussi de la notion de « moharebeh ». C’est clairement précisé dans le Code des châtiments islamiques (… ). C’est conforme à l’article 183 et après, qui va jusqu’aux articles 190-191 et concerne « moharebeh » dont la racine est le mot « harb » [guerre] et ceci est aux antipodes de « salam » qui veut dire « paix » [il cite un verset du Coran : « Faites la paix avec ceux qui veulent la paix ; faite la guerre à ceux qui veulent vous combattre », ndt]. Alors, est considéré « Mohareb » celui qui se dresse contre Dieu, son Prophète et les commandements de Dieu et de son Prophète, et en fait entre en guerre contre ces derniers et donc contre un système [de gouvernement] islamique fondé sur les commandements, les impératives et les interdictions religieuses, bref, celui qui, à notre sens, sort son épée contre ce système, celui qui porte atteinte à la sécurité publique, la perturbe.

 «Mais ici, il y a un débat ; selon certains, la personne en question doit être forcément armée pour être définie comme telle, autrement dit, il faut qu’il y ait une attaque armée. Toutefois, il est clair, et dans la loi et dans la jurisprudence, que ‘ l’arme’ n’est pas forcément l’épée ou l’arme à feu ; mais qu’il peut s’agir de l’arme blanche ; autrement dit, il s’agit parfois de couteaux, et même selon des jurisconsultes, il peut s’agir aussi des matraques en bois ou des pierres, c’est-à-dire les armes que vous avez vues le jour de l’Achoura quand des individus ont attaqué la population avec des pierres, des matraques, des « qamehs », des glaives ou avec je ne sais quoi d’autre. Alors la notion  ‘Moharebeh’ définit l’acte de celui qui porte gravement atteinte à la sécurité publique, sème la terreur parmi les gens en infiltrant les cortèges du deuil. Ce qui est arrivé dans la Journée de l’Achoura, peut relever bel et bien de Moharebeh et être qualifié comme tel. Sauf que parfois il s’agit d’une organisation, c’est-à-dire le cas de toute une organisation qui entre en  Moharebeh, comme celle des  monafeghines  (Moudjahidine – OMPI) Dans l’affaire de l’organisation des monafeghines , tout individu qui apporte son assistance, sous toute forme ou dans toute circonstance, serait considéré Mohareb  parce qu’il s’agit d’un courant organisé. »

Ahmad Alamolhoda, imam officiel de la ville de Machad et membre de l’Assemblée des Experts, a affirmé pendant le rassemblement officiel du mercredi 29 décembre à Téhéran :  « Ce qui s’est produit le jour de l’Achoura était une guerre contre Dieu, vous diriez peut-être que la guerre se fait par des armes, mais vous savez que le mouvement de dimanche était commandé par les Monafeghine (OMPI), et les insurgés scandaient les slogans transmis par les sites de l’OMPI. Notre cher Imam (Khomeiny) avait affirmé, que les membres de l’OMPI étaient en guerre contre Dieu, et tous ceux qui à l’intérieur du pays les accompagnaient ou coopéraient avec eux étaient également en guerre contre Dieu. »

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