Dans une tribune publiée par le quotidien français « La Tribune Dimanche », les parlementaires français Philippe Gosselin, Christine Arrighi et André Chassaigne ont exposé une vision stratégique pour l’avenir de l’Iran, au nom de neuf parlementaires, actuels et anciens, du Comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID). Ils affirment que la fin de la dictature du « Velayat-e-Faqih » ne passera pas par des guerres ou des interventions étrangères, mais par le soutien à l’opposition démocratique organisée. Ils mettent en garde avec fermeté contre toute tentative d’imposer des coalitions artificielles depuis l’étranger, critiquant vivement les positions exclusionnistes de la faction pro-Shah, qui, selon eux, menacent de déchirer le tissu social iranien.
L’échec de l’apaisement et des guerres étrangères
Les parlementaires français ont constaté que le peuple iranien – porté par des citoyens courageux qui s’opposent à une théocratie, des femmes résilientes qui luttent contre la misogynie institutionnalisée et des résistants qui endurent la répression intérieure et les bombardements étrangers – défie depuis près de cinquante ans l’un des régimes les plus obscurantistes de notre époque.
Les parlementaires ont souligné que ni la politique d’« apaisement » n’a réussi à modifier le caractère sectaire des religieux au pouvoir, ni les guerres et les bombardements récents n’ont engendré de transformation radicale. Même affaibli, le régime poursuit sa course effrénée vers l’avant. Par conséquent, les auteurs ont conclu que la solution repose entièrement entre les mains du peuple iranien dans toute sa diversité. Ils ont insisté sur la nécessité d’un dialogue avec les véritables représentants du peuple, et non avec le régime dictatorial.
Le Plan en dix points : Consensus national contre exclusion pro-Shah
Cette tribune analyse la dynamique politique de l’opposition, affirmant que le « Plan en dix points » proposé par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) renforce l’unité des forces politiques pluralistes du pays. Un élément crucial de ce plan est la reconnaissance de l’autonomie du Kurdistan iranien, ainsi que d’autres composantes de l’Iran comme les Baloutches et les Arabes, constituant un puissant catalyseur de la « réconciliation nationale ».
À l’inverse, les parlementaires critiquent ouvertement la faction pro-Shah, soulignant qu’en qualifiant de « séparatistes » les groupes ethniques aspirant à l’autonomie politique et culturelle, cette faction ouvre la voie à de futurs conflits civils.
Les parlementaires ont également salué d’autres principes fondamentaux du programme du CNRI, notamment la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des sexes et l’abolition de la peine de mort. Ils ont souligné que la période de transition envisagée par le CNRI est limitée à six mois maximum, renforçant ainsi la crédibilité démocratique du plan.
Le prix du sang et les exécutions systématiques
L’article souligne que le régime du « Velayat-e-Faqih » est pleinement conscient du danger que représente cette coalition démocratique, raison pour laquelle il la soumet constamment à des campagnes de diabolisation et de diffamation, dont certaines trouvent parfois un écho en France. Parallèlement à ces attaques médiatiques, le régime poursuit ses tactiques d’élimination physique ; au cours des quarante dernières années, il a exécuté des dizaines de milliers de membres et de sympathisants de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK).
Les parlementaires ont mis en lumière les atrocités les plus récentes, citant l’exécution de quatre militants de l’OMPI – Babak Alipour, Pouya Ghobadi, Mohammad Taghavi et Akbar Daneshvarkar – pendus à Téhéran fin mars 2026. Ils ont ajouté que, de l’aveu même du pouvoir judiciaire iranien, de nombreux autres militants de l’OMPI sont actuellement dans le couloir de la mort.
Appel à un front démocratique inclusif
En conclusion de leur tribune, et face aux tragédies dramatiques que subit le peuple iranien – marquées par des milliers de morts, des dizaines de milliers d’arrestations et une guerre dévastatrice –, les neuf parlementaires signataires ont appelé à l’unité de toutes les composantes démocratiques de l’opposition iranienne. Ils ont exhorté à la mise en place d’un cadre inclusif dédié à l’établissement d’une république laïque et démocratique en Iran. Ils ont fermement rejeté toute position servant les intérêts d’un régime autoritaire, déclarant que seul le peuple iranien aspire à la liberté, à la démocratie et à la souveraineté, et que personne n’a le droit de prétendre faussement parler en son nom.

