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Enquête clandestine de M6 en Iran, l’une des dictatures religieuses les plus répressives du monde

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 Si l’Iran est le pays de l’algèbre, de l’astrologie, des palais et de la tapisserie, il est aujourd’hui aussi le pays de tous les interdits et des oppressions. Nous sommes plutôt habitués à voir se succéder sur les écrans des reportages superficiels sur le tourisme, les beautés naturelles et architecturales de la Perse mythique.

Rares sont les caméras occidentales à pouvoir montrer la réalité de la vie quotidienne dans la capitale de la république islamique d’Iran, un pays où il est interdit de porter une cravate, écouter la musique, danser et où les femmes n’ont pas le droit de chanter en public ou faire du vélo. Et, bien sûr, elles ne peuvent sortir que voilées. Comment vivre dans un pays où les islamistes au pouvoir dictent toutes les règles selon leur conception éculée de l’Islam ?

 Les caméras d’Enquête Exclusive des journalistes de M6 ont réussi à échapper à la surveillance des mollahs et leur police des mœurs pour aller à la rencontre de la population et notamment des jeunes en Iran qui défient chaque jour avec plus d’astuces la dictature religieuse. « En totale clandestinité, nous nous sommes immergés dans ce pays mystérieux, ultra-sécuritaire, et avons partagé le quotidien de la nouvelle génération de Téhéran (…) Derrière la charia, nous avons découvert un pays prêt à tout pour s’émanciper. »

Le document signé Jacques Dubois a le mérite de nous faire découvrir l’autre facette de la réalité de la société iranienne. Une réalité que le régime cherche à cacher aux journalistes en encadrant  strictement leurs séjours par des agents des services de renseignements qui les guettent au pas. Ces derniers doivent donc se contenter de montrer les beautés touristiques, les interviews d’officiels ou de filmer des citoyens que la « guidance islamique » veut bien autoriser.

Or, la réalité de la vie quotidienne des Iraniens est tout autre. On apprend dans le reportage de M6 qu’ « un millier d’exécutions sont pratiquées chaque année en Iran et 160 mineures attendent dans le couloir de la mort (…) Chaque jour deux milles femmes sont arrêtés parce qu’elles sont mal voilées. Le pays détient même le record d’exécutions d’emprisonnement et de tortures infligées aux femmes pour leur opposition au régime. »

Dans une rencontre avec des membres de l‘Association des femmes iraniennes en France, l’animateur Bernard de la Villardière donne la parole aux rescapés. Des militantes qui ont toutes, à leur manière, subies l’oppression du régime. Alors qu’elle était âgée de quatre ans, Azadeh Alemi a été emprisonné avec sa mère, condamné à 18 ans de prison. Elle garde encore les souvenir des horreurs de la vie en prison lorsque sa mère revenant de chambre de torture, avait les jambes en lambeaux après avoir été fouetté par ses tortionnaires. Sa mère a été libérée juste avant que soient déclenchées par le régime un terrible massacre dans les prisons en 1988 où très peu de prisonniers politique en ont pu échapper.

Massi, se rappelle des jours sombres passés dans les prisons des mollahs alors que venait d’être déclenché le massacre des prisons en 1988. Elle est l’une des rares à en être sorti vivante. « J’étais dans une section où nous étions deux cent femmes. Il y avait des prisonnières de tout âge : des fillettes de 13 ans, jusqu’à des grands-mères âgées de 70 ans. Sur les 200 personnes dans cette section, nous n’avons été que onze à survivre. Les autres ont été pendues. Tous mes amis ont été pendus en 88. »

« En effet, plus de 30 000 prisonniers ont été exécutés à une cadence infernale. La résistance essaie encore de répertorier les victimes de ce crime de masse reconnue par Amnesty International. Dans un enregistrement audio récemment découvert, en entend l’ayatollah Montazeri, alors numéro deux du régime, s’opposer à ce massacre, ordonnée par Khomeiny, le fondateur du régime, il y a 28 ans. »

Montazeri proteste contre le massacre des prisonniers politiques en s’adressant aux membres du comité de la mort chargé d’exécuter : « Le crime le plus important commis sous la République islamique et pour lequel nous serons condamnés par l’Histoire, c’est vous qui l’avez commis et c’est pourquoi l’Histoire enregistrera vos noms en tant que criminels. » La fatwa de Khomeiny est maintenue. Le seul fait d’être un membre de l’opposition des Moudjahidine du peuple ou d’autres groupes dissidents, vaut alors l’exécution capitale par pendaison. En seulement trois mois, tous les opposants sont mis à mort.

Le reportage de M6 nous fait ensuite découvrir les membres de l’opposition en exil, représentés au sein du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI). « Il est d’ailleurs en majorité composée de femmes. Dirigé par Maryam Radjavi, ce conseil réunit la majorité des mouvements de résistance à l’étranger, dont les Moudjahidine du Peuple (OMPI). En France, ils organisent chaque année un grand rassemblement pour exposer notamment leurs programmes de transition. »

Afchine Alavi, membre du CNRI explique que « l’Iran détient le record du nombre d’exécutions par nombre d’habitants. C’est un régime qui dans lequel, contrairement à ce que l’on lit dans les médias, où l’on prétend qu’il y a une modération et une ouverture, rien n’a changé. »

« Après 38 années de répression et 120 000 opposants politiques tués, Afchine est persuadé que le régime commence à vaciller et que la résistance inquiète plus que jamais les mollahs : Selon le régime 40 % des foyers suivent la chaine de la Résistance. La réalité est que les gens attendent, comme en 2009, de descendre dans la rue. Le régime le sait mieux que quiconque. »

En Iran rien n’a changé. Les violations des droits de l’homme continuent. Récemment, un certain Raïssi s’est porté candidat à l’élection présidentielle de mai prochain. Le mollah Raïssi est l’un des quatre membres du comité de la mort qui a ordonné le massacre des prisons en 1988. Encore un signe de durcissement du guide suprême. Un durcissement qui pourrait bien être un signe de faiblesse, selon Afchine Alavi.

 Voir Reportage sur M6

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