Le 7 avril, le journal Etemad, affilié au régime, a publié un rapport dénonçant l’état de l’éducation en Iran. Plus de 70 % des élèves iraniens ne maîtrisent pas suffisamment la lecture et l’écriture, par rapport aux normes mondiales. Ce chiffre constitue un avertissement alarmant pour l’avenir de l’Iran.
L’Iran en queue de peloton des classements mondiaux
Le rapport Etemad cite les résultats des études TIMSS (Trends in International Mathematics and Science Study) et PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study), qui évaluent les performances des élèves du monde entier tous les quatre à cinq ans. L’Iran se classe parmi les pays les moins performants à ces évaluations. Lors des études TIMSS 2023 et PIRLS 2021, quatre élèves iraniens sur dix n’atteignaient pas les normes minimales d’apprentissage en lecture, mathématiques et sciences, et plus de 70 % obtenaient des résultats inférieurs à la moyenne mondiale. Ces statistiques reflètent une priorité donnée à l’expansion quantitative de l’éducation, sans se soucier de la qualité – une politique qui a conduit à une pauvreté des apprentissages et à un retard scolaire généralisés.
Le rapport souligne l’ampleur de la pauvreté éducative. La mauvaise qualité de l’enseignement dans les écoles publiques, le manque de ressources et la négligence des infrastructures privent les élèves de leurs droits les plus fondamentaux.
Sistan-et-Baloutchistan : un symbole de privation éducative
Dans certaines provinces, la situation est catastrophique. Au Sistan-et-Baloutchistan, 58,4 % de la population de moins de 24 ans n’est pas titulaire d’un diplôme d’études secondaires. Alors que le taux de scolarisation à l’école primaire dépasse 95 %, la fréquentation scolaire chute à 90,1 % au premier cycle du secondaire et à seulement 80 % au deuxième cycle du secondaire. Après le Sistan-et-Baloutchistan, les provinces d’Azerbaïdjan occidental (41 %) et du Golestan (38 %) arrivent en deuxième position face à cette crise. Ces chiffres montrent qu’à mesure que les élèves progressent dans l’éducation, la pauvreté et les privations les empêchent de plus en plus de poursuivre leurs études.
Selon l’annuaire du ministère de l’Éducation, au cours de l’année scolaire 2020-2021, plus de 980 000 élèves du primaire, du premier et du deuxième cycle du secondaire ont abandonné leurs études, et 270 000 autres ont officiellement abandonné leurs études. Les statistiques pour l’année 2019-2020 étaient tout aussi sombres. Ce taux d’abandon scolaire généralisé est la conséquence directe de la pauvreté économique et de la négligence gouvernementale.
Le graphique des notes moyennes aux examens finaux (notes comprises entre 1 et 20) de juin 2024 montre que le Sistan-Baloutchistan (7,59), le Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad (8,59) et le Khouzistan (9,04) ont enregistré les plus faibles résultats parmi les provinces iraniennes. Ces chiffres reflètent non seulement l’échec du système éducatif, mais aussi la discrimination régionale et l’injustice systémique ancrées dans les politiques générales du régime.
Un régime qui a condamné le peuple à la pauvreté et à l’ignorance
Ce rapport ne révèle qu’un aperçu de la dure réalité du système éducatif iranien : un système qui, sous l’ombre d’un régime incompétent et non représentatif, a condamné les élèves à la pauvreté et au dénuement scolaire. Alors que plus de 70 % des élèves sont en retard sur les normes mondiales et que des centaines de milliers d’entre eux abandonnent l’école, ce désastre ne peut plus être imputé à des facteurs externes.
La prochaine génération au bord du gouffre
L’état actuel de l’éducation en Iran est un avertissement terrible pour la prochaine génération qui, sous les politiques dévastatrices du régime de Khamenei, est non seulement privée de connaissances et de compétences, mais aussi prisonnière d’un cycle interminable de pauvreté et de sous-développement.
Si cette situation persiste, la fracture éducative et sociale se creusera davantage, et des millions d’enfants et d’adolescents d’aujourd’hui deviendront des adultes analphabètes, incapables de relever les défis mondiaux – une catastrophe qui impactera non seulement l’Iran, mais toute la région.

