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Visite à Vienne de Rohani: l’Iran admet avoir reculé devant la manifestation des opposants

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Visite à Vienne de Rohani: l’Iran admet avoir reculé devant la manifestation des opposants

Le président du régime iranien Hassan Rohani devait se rendre à Vienne les 30 et 31 mars pour rencontrer son homologue autrichien Heinz Fischer, visite qui a été décommandée à quelques heures de l’arrivée attendue de M. Rohani.

Les raisons avancées par le gouvernement iranien pour expliquer cette annulation soudaine ont d’abord été vagues, alors que les prétendus « motifs de sécurité » invoqués étaient pour le moins déroutants. En effet, non seulement aucune menace connue ne semblait peser sur l’Autriche ou sur cette rencontre, tandis que Heinz Fischer a bien confirmé que d’importantes mesures de sécurité avaient été mises en place pour accueillir le président des mollahs, identiques au protocole appliqué aux chefs d’État.

Plusieurs motifs auraient pu être à l’origine de ce report, entre les dissensions internes au régime, la défiance de l’opinion publique autrichienne vis-à-vis d’un régime qui bafoue continuellement les droits de l’homme et soutient le président syrien Bachar al-Assad dans la guerre contre son peuple, ou la polémique récente concernant les récents tirs d’essais de missiles balistiques effectués par le régime au mépris de la résolution 2231 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Mais si, pour le gouvernement iranien, l’annulation permettra de « mieux organiser et coordonner une prochaine visite », des journaux autrichiens ont d’abord laissé entendre qu’il s’agissait plutôt d’une requête du régime rejetée par le gouvernement autrichien. En effet, alors qu’un appel à protester contre la venue d’Hassan Rohani à Vienne avait été lancé par la Résistance iranienne pour le jour de la venue du président, le régime aurait demandé au gouvernement l’interdiction de la manifestation, demande qui a été rejetée par un pays démocratique dont la liberté de rassemblement est ancrée dans la Constitution. Heinz Fischer, apparemment peu enclin à ce genre de concession en dépit de l’intérêt économique que pouvait représenter une telle rencontre, a ainsi déclaré : « « L’Autriche ne peut pas interdire des rassemblements ou des manifestations. Mais lorsqu’il y a des inquiétudes sécuritaires, l’on peut faire en sorte que les rassemblements aient lieu à une distance appropriée par rapport au lieu de rencontre avec un chef d’Etat. La liberté de rassemblement est inscrite dans la Constitution de notre pays. Nous ne pouvons pas interdire aux gens de se rassembler tel ou tel jour. »

Après plusieurs jours de déclarations contradictoires de la part du régime iranien, le porte-parole du parlement a fini par admettre que l’annulation de la visite était due à la manifestation prévue de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI, principal mouvement de la Résistance Iranienne et premier groupe d’opposition démocratique au régime des mollahs). C’est un aveu de faiblesse de la part du régime iranien, déjà déstabilisé par les manifestations de protestation qui ont troublé la visite de Rohani en France au mois de janvier, et qui a préféré renoncer plutôt que d’essuyer une nouvelle déconvenue… tout en déclarant que la mesure de Rohani « d’annuler ce voyage portait le message que l’Iran n’est prêt à reculer devant aucune circonstance vis-à-vis de l’OMPI » (site web Entekhab, proche de Rohani).

Les manifestations de la Résistance Iranienne rappellent régulièrement à l’Occident, qui s’engage progressivement dans la reprise des relations économiques avec l’Iran depuis l’implémentation des accords nucléaires et la levée des sanctions, que le régime iranien n’en a pas fini avec sa politique de violations des droits de l’homme et d’exportation du terrorisme et de l’intégrisme islamique aux pays du Moyen-Orient. Réclamant la liberté en Iran, soutenant le programme de Maryam Radjavi, la Présidente-élue de la Résistance, pour un Iran démocratique, ils démentent la croyance qui veut faire de Rohani un modéré et attirent l’attention sur son bilan : depuis son investiture en 2013, plus de 2300 personnes ont été exécutées, un record mondial en terme d’exécutions par habitant. Si le régime est atteint par une crise interne qui divise plusieurs factions, dont celle du Guide suprême Ali Khamenei et celle de Rohani, ce dernier n’en a pas moins légitimé l’appareil d’état, des exécutions collectives qualifiées de « lois divines ou promulguées par le parlement », à l’ingérence et au bellicisme dans les pays de la région, se félicitant du soutien apporté au gouvernement syrien.

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