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À Bruxelles, la visite du maire de Téhéran provoque de vives réactions

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Par : Anne-Sophie Gayet | EURACTIV France

Le maire de Téhéran, Alireza Zakani, un ultra-radical du régime iranien, a été invité à participer au Brussels Urban Summit, et sa présence dans la capitale belge est remise en question, notamment à la lumière de la récente détention d’un travailleur humanitaire belge par le régime iranien dans de terribles conditions.

Le maire de Téhéran, Alireza Zakani, un ultra-conservateur du régime iranien membre du Parti de la coalition islamique (Motalefeh), a été invité à participer au Brussels Urban Summit, organisé en collaboration avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et Eurocities, et bien qu’il ne figure pas sur la liste des sanctions, sa présence à Bruxelles a suscité des interrogations.

Invité au sommet par l’organisation internationale Metropolis, qui rassemble des villes de plus d’un million d’habitants et qu’il copréside avec ses homologues de Berlin et de Guangzhou, sa présence a soulevé des questions suite à la détention arbitraire du citoyen belge Olivier Vandecasteele en Iran pendant 455 jours par le régime iranien — bien que ce dernier ait récemment été libéré après de longues négociations.

Bruxelles accueille l’édition 2023 du sommet, qui réunit pendant trois jours plus de 2 000 représentants de 600 villes. Pour l’occasion, M. Zakani a été reçu lundi soir (12 juin) à l’hôtel de ville de Bruxelles.

M Zakani est membre de l’organisation paramilitaire Basidji, une force paramilitaire fondée par l’ayatollah Khomeini en 1979 qui a été sanctionné par l’Union européenne pour de graves violations des droits de l’homme, a indiqué une source au média belge Le Soir. Cette organisation a notamment réprimé violemment la révolte des étudiants de l’Université de Téhéran en juillet 1999.

Interrogé sur la visite de M. Zakani, le secrétaire d’État bruxellois Pascal Smet (Vooruit/S&D), en charge des relations internationales, a expliqué que le visa avait été délivré par les Affaires étrangères. « Le Brussels Urban Summit est une grande conférence internationale », a déclaré Pascal Smet au quotidien belge. « Téhéran est membre de ce réseau mondial et a été invité à ce titre par Metropolis. Bruxelles est une capitale diplomatique. Ce n’est pas parce que certaines personnes sont présentes qu’on est pour autant d’accord avec elles… Je n’étais pas favorable à sa venue et je ne lui ai pas parlé », a-t-il ajouté.

Le ministère belge des Affaires étrangères confirme que l’ambassade de Belgique en Iran a délivré un visa à M. Kazani à la demande de la Région bruxelloise. « Le secrétaire d’État Pascal Smet a, malgré l’avis négatif des Affaires étrangères, décidé d’inviter, entre autres, le maire de Téhéran au Brussels Urban Summit. Il a expressément demandé à nos services de ne pas s’y opposer en soulignant l’importance pour la Région bruxelloise d’avoir la représentation de Téhéran à cet évènement. »

Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur (Renew Europe) s’est exprimé contre la venue du maire iranien mercredi (14 juin).

« Emir Kir a été exclu du Parti socialiste pour une rencontre avec deux maires turcs d’extrême droite », a-t-il déclaré sur Twitter, rappelant le cas récent de l’exclusion d’un homme politique belge de son parti en raison d’une réunion avec des maires turcs membres du MHP — un parti nationaliste considéré comme proche de l’organisation des Loups Gris. « Que conclure dès lors de la rencontre de Pascal Smet et Philippe Close [bourgmestre de Bruxelles] avec le maire de Téhéran dont l’extrémisme ne fait aucun doute ? », a-t-il ajouté.

Theo Francken, de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA, ECR), a fait référence à la récente libération d’Oliver Vandecasteele dans son tweet relatif à l’annonce. « Le mois dernier, [on] a accroché une grande affiche de [Olivier] Vandecasteele, la semaine dernière [on] a versé une larme devant les caméras, cette semaine [on] a invité ses kidnappeurs à l’hôtel de ville de Bruxelles. Le Parti socialiste et le [gouvernement] peuvent faire mieux ».

Samuel Cogolati, du parti Ecolo (Verts/ALE), a également partagé cet avis sur LN24. Le maire de Téhéran est connu pour ses « positions ultra radicales et ultra nationalistes » ainsi que pour son rôle dans le « régime de terreur des mollahs », et le fait qu’il soit invité à Bruxelles est une « erreur politique », a-t-il déclaré.

« On fait comme si de rien n’était », deux semaines seulement après la libération de Oliver Vandecasteele, a-t-il souligné.

La libération d’Olivier Vandecasteele a été suivie par la libération, via la Belgique, de trois autres ressortissants de l’UE. Toutefois, l’Iran détient toujours plusieurs autres ressortissants de l’Union à ce jour.

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