Bloomberg News a publié vendredi 30 août un rapport exclusif enquêtant sur la manière dont le pétrole iranien de contrebande est vendu et sur le rôle de Hossein Shamkhani, le fils d’Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême du régime iranien Ali Khamenei, comme l’un des personnages clés de cette opération.
Selon Bloomberg, Milavous Group Ltd à Dubaï, dirigé par un commerçant connu sous le nom d’Hector, est devenu l’un des plus importants distributeurs de pétrole iranien de contrebande sur le marché mondial de l’énergie. Bloomberg affirme qu’Hector est en fait Hossein Shamkhani, le fils d’Ali Shamkhani, et l’acteur clé de la vente du pétrole iranien.
Le média, citant plus de 12 sources anonymes, a rapporté que Milavous Group a gagné des milliards de dollars en vendant des marchandises en provenance d’Iran et de Russie. Selon Bloomberg, Hossein Shamkhani, connu sous le nom d’Hector, est un cadre supérieur de Milavous.
Selon des sources bien informées, Hossein Shamkhani joue un rôle important dans la vente de pétrole iranien et russe sanctionné à des clients du monde entier. Il vend également du pétrole et des produits pétrochimiques provenant de pays non sanctionnés et mélange parfois du pétrole brut de divers pays pour masquer l’origine aux acheteurs.
Le rapport exclusif de Bloomberg est basé sur des documents et des entretiens avec des sources nationales et internationales bien informées.
Le rapport met également en évidence la coopération croissante entre Téhéran et Moscou en réponse au renforcement des sanctions mondiales contre les deux pays.
Selon l’agence de presse, les États-Unis ont du mal à freiner ce commerce en raison du risque de hausse des prix du pétrole pendant l’année de l’élection présidentielle de novembre.
Bloomberg rapporte que les États-Unis ont imposé des restrictions sur la vente de pétrole iranien et russe, mais de nombreux pays, dont les Émirats arabes unis et la Chine, ne sont pas soumis à ces restrictions. Hossein Shamkhani n’est pas sous le coup de sanctions américaines et la loi des Émirats arabes unis n’interdit pas aux entreprises de commercialiser du pétrole brut iranien ou russe.
Entre-temps, le jeudi 29 août, l’organisation United Against Nuclear Iran (UANI) a publié son rapport sur l’état des expéditions de pétrole iranien par pétroliers en juillet.
Le rapport indique que le pétrole iranien, qui fait l’objet de sanctions internationales, est transporté vers diverses parties du monde par des pétroliers battant pavillon d’autres pays.
L’UANI, faisant référence à sa campagne mondiale de lutte contre la contrebande de pétrole iranien via ces pétroliers, déclare que depuis le début de cette année, le Panama a radié environ 109 navires de son registre de pétroliers. Ces navires utilisaient le pavillon panaméen pour participer au transport du pétrole iranien sanctionné vers les acheteurs.
Toutefois, selon l’UANI, les îles Cook, une petite nation insulaire du Pacifique Sud en libre association avec la Nouvelle-Zélande et comptant environ 15 000 habitants, sont devenues un acteur important dans ce domaine.
Cette année, les îles Cook ont enregistré le plus grand nombre de navires battant pavillon iranien.
Selon les données de l’UANI, les îles Cook ont enregistré environ 35 pétroliers impliqués dans le transport de pétrole iranien et leur ont fourni leur pavillon.
Les Comores, Palau, la Barbade et le Gabon se classent juste après les îles Cook dans le rapport de l’UANI.
Selon l’UANI, la disponibilité facile des pavillons de pays comme les îles Cook est un élément essentiel du commerce illégal de pétrole iranien, permettant à Téhéran d’exporter près de deux millions de barils de pétrole par jour. La Chine est considérée comme le plus gros acheteur de pétrole brut iranien.

