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Les pertes économiques énormes pour le régime iranien après la chute d’Assad

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L’effondrement du régime de Bachar al-Assad, symbolisé par sa fuite en Russie le 8 décembre, a suscité de nombreuses discussions sur les ramifications politiques et géopolitiques de cet événement, notamment la diminution de la crédibilité et de l’influence du régime iranien dans la région. Cependant, les conséquences économiques pour le régime iranien n’ont pas été moins graves que les conséquences politiques.

Le Congressional Research Service et le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) rapportent que le régime iranien a dépensé entre 30 et 35 milliards de dollars depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011 jusqu’en 2023.

Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) et le Middle East Institute rapportent que le régime iranien a maintenu sept bases aériennes, 15 dépôts de missiles, 22 centres de commandement avancés et 85 kilomètres de tunnels souterrains en Syrie.

Ces infrastructures et bases militaires, après l’effondrement du régime d’Assad, ont imposé un lourd fardeau à une économie qui peinait déjà à répondre aux besoins fondamentaux de ses citoyens.

Selon la Fondation Eurasia, le régime iranien a dépensé environ 2 milliards de dollars entre 2012 et 2022 pour rénover et entretenir les sites religieux chiites en Syrie. Cela faisait partie d’une stratégie visant à étendre le soft power et l’influence idéologique dans la région, les sanctuaires servant de symboles de ce soft power.

Grâce au financement et à l’initiative de l’Iran, l’hôtel Zaynab Palace a rouvert ses portes en 2016 près du sanctuaire de Sayyida Zaynab. Le Middle East Institute a estimé le coût de construction de cet hôtel, qui comprend 150 chambres, des espaces de prière et des services d’accueil, à environ 35 millions de dollars.

Pendant quelques années, le régime iranien a tiré des revenus du tourisme de pèlerinage vers ces sanctuaires tout en promouvant son idéologie fondamentaliste. Cependant, avec la chute du régime d’Assad, les investissements de l’Iran dans le tourisme religieux en Syrie ont été confrontés à des risques importants.

Les entreprises affiliées au CGRI ont investi des milliards de dollars dans des secteurs clés syriens tels que l’énergie et la reconstruction urbaine, élargissant ainsi leur influence économique et politique.

Fondation pour le logement de la révolution islamique et investissements dans la reconstruction d’Alep
La Fondation pour le logement de la révolution islamique (Bonyad-e Maskan) a réalisé des investissements substantiels visant à reconstruire des logements à Alep, en Syrie.

L’armée de l’air syrienne, avec le soutien de la Russie, a bombardé et détruit massivement Alep entre 2012 et 2016 pour la reprendre aux forces de l’opposition. Selon la Banque centrale syrienne, Bonyad-e Maskan a dépensé jusqu’à 1,5 milliard de dollars entre 2016 et 2021 pour reconstruire des quartiers résidentiels à Alep.

Dans un autre projet, Khatam-al Anbiya Construction Headquarters, la plus grande société d’ingénierie affiliée au CGRI, a participé à la reconstruction de plusieurs routes stratégiques, comme l’autoroute Homs-Damas, pour un coût de 500 millions de dollars. Une autre entreprise liée au CGRI, la société iranienne Sadra Marine Industrial Company, a investi plus de 1,2 milliard de dollars entre 2015 et 2020 dans la rénovation du port de Tartous.

Projets énergétiques et infrastructures stratégiques
Un autre investissement majeur a été le corridor gazier Iran-Irak-Syrie, lancé en 2013 pour un coût estimé à 8 milliards de dollars. Selon la Middle East Energy Association, le projet visait à transporter les ressources énergétiques de l’Iran vers la mer Méditerranée. Cependant, il a été interrompu en 2022.

L’objectif de ces investissements n’était pas seulement la construction, mais aussi le renforcement des liens avec la Syrie et l’expansion de l’influence de l’Iran dans cette région clé. Cependant, après la chute du régime d’Assad et l’alignement potentiel des nouveaux dirigeants syriens sur des pays rivaux, la durabilité de ces investissements est désormais menacée.

Selon le Bureau des statistiques commerciales de Téhéran, les échanges entre l’Iran et la Syrie ont atteint leur pic historique de 475 millions de dollars en 2010.

La Syrie était un marché crucial pour les produits iraniens tels que les textiles, les équipements électriques et les produits alimentaires, en particulier parce qu’elle permettait aux marchandises iraniennes de contourner les sanctions internationales et d’entrer sur d’autres marchés régionaux. Les entreprises syriennes ont joué le rôle d’intermédiaires, exportant des produits iraniens vers le Liban et même vers les pays d’Europe de l’Est. Cette opération complexe a généré des revenus pour le régime iranien.

Le Centre de recherche économique et commerciale de Téhéran rapporte qu’en 2012, près de 15 % des exportations de produits manufacturés iraniens vers le Moyen-Orient ont transité par la Syrie.

Le Bureau des statistiques commerciales de Téhéran estime que les entreprises iraniennes pourraient subir des pertes allant jusqu’à 300 millions de dollars en raison des changements de politique commerciale sous le nouveau gouvernement syrien.

Les pertes économiques énormes pour le régime iranien après la chute d’AssadLa fermeture du marché syrien n’est pas seulement une perte de destination d’exportation ; elle perturbe également les chaînes d’approvisionnement de biens essentiels à l’économie iranienne. Middle East Trade Monitor spécule que la gestion du port de Lattaquié, qui servait de plaque tournante pour les marchandises iraniennes, pourrait être confiée à des entreprises turques ou saoudiennes.

La Banque centrale iranienne rapporte que les banques et institutions financières iraniennes ont joué un rôle important dans la gestion du port.

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