IranNucléaireLes Européens veulent envoyer l'Iran au Conseil de sécurité

Les Européens veulent envoyer l’Iran au Conseil de sécurité

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Le Figaro, Vienne, 20 septembre – «Ce sera une très longue semaine.» Mohamed Elbaradei, le directeur général de l’Agence internationale de l’energie atomique (AIEA), dont le conseil des gouverneurs, son organe exécutif, est réuni à Vienne, n’a pas caché son inquiétude au sujet du dossier nucléaire iranien. «Nous entrons dans une période de confrontation, un jeu politique très risqué. J’appelle toutes les parties concernées à faire preuve de la modération nécessaire pour retourner à la table des négociations», a-t-il déclaré, la mine sombre.

Tandis qu’Européens et Américains s’apprêtent à présenter aujourd’hui une résolution appelant à la saisine du Conseil de sécurité, prenant acte du refus de Téhéran de mettre un terme à ses activités de conversion de l’uranium, l’Égyptien s’est félicité des progrès obtenus sur un autre dossier sensible, la Corée du Nord, qui a décidé d’abandonner son programme nucléaire et d’autoriser des inspections par l’AIEA (voir ci-contre). «Les nouvelles en provenance de Pyongyang sont très encourageantes, a-t-il déclaré. Le plus tôt nous y retournerons, le mieux ce sera.» ElBaradei n’a pu s’empêcher de formuler un voeu pieu : que le dossier iranien «prenne le même chemin» que son pendant nord-coréen.

Le parallèle n’est pas évident. La Corée du Nord, outragée d’avoir été déférée devant le Conseil de sécurité en janvier 2003, avait alors choisi de sortir du Traité de non-prolifération, avant d’annoncer qu’elle possédait la bombe. Téhéran ne s’estime certes pas encore suffisamment acculé pour en arriver à ces extrémités. Mais il a tiré les enseignements de l’épisode nord-coréen : en cas de saisine du Conseil de sécurité, il n’hésiterait pas à reprendre l’enrichissement de l’uranium, activité gelée depuis le 15 novembre 2004 et l’accord de Paris signé avec la troïka européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne), voire à se retirer du TNP et «en tirer les conséquences pour son programme nucléaire». En clair : projeter très sérieusement de se doter de la bombe, ce dont le régime des mollahs s’est toujours défendu avec énergie jusqu’à présent. A Vienne, hier, occidentaux et iraniens, avant un marathon diplomatique qui pourrait durer jusqu’à la fin de la semaine, rivalisaient de politesse, gardant ouverte l’hypothèse d’une reprise des négociations, et ce malgré les propos très durs tenus par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad samedi à New York, qui ont agacé Paris, Londres et Berlin.

Cette courtoisie de façade ne devrait pas empêcher la troïka de soumettre aujourd’hui au Board (le conseil des gouverneurs) son projet, malgré l’opposition de la Chine et de la Russie notamment, farouchement opposées à un tel scénario. L’AIEA, habituée à fonctionner sur le mode du consensus, accord tacite pris à l’unanimité, serait alors contrainte de procéder à un vote ferme. Il faudrait à l’Union européenne rassembler 18 voix sur 35 pour déclencher la saisine du Conseil de sécurité.

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