Dans son rapport annuel publié en avril, le Service néerlandais du renseignement et de la sécurité (AIVD) a accusé le régime iranien d’avoir tenté d’assassiner un militant iranien résidant à Haarlem.
Cet incident s’est produit en juin 2024, lorsque deux hommes ont tenté de pénétrer dans le domicile de ce dissident iranien par le balcon, à minuit. Grâce à son appel rapide à la police, les deux individus ont été arrêtés. Selon le rapport de l’AIVD, au cours de l’opération, ces individus étaient en contact téléphonique avec une tierce personne, qui semblait diriger l’opération à distance.
L’un des suspects, Mehrez Ayari, un ressortissant tunisien de 38 ans, était auparavant recherché pour ses liens avec des réseaux criminels et pour sa tentative d’assassinat manquée contre Alejo Vidal-Quadras, homme politique espagnol critique du régime iranien, à Madrid en novembre 2023. Ayari faisait également l’objet d’une enquête pour le meurtre d’un trafiquant de drogue en France en 2022.
L’attentat manqué contre cet homme politique espagnol s’inscrit dans une pratique que le régime iranien utilise depuis des années : recourir à des réseaux criminels en Europe pour faire taire ses opposants.
Le régime iranien utilise une méthode éprouvée qui rend extrêmement difficile la preuve juridique de son implication dans l’émission d’ordres.
L’agence de renseignement néerlandaise a souligné dans son rapport que Téhéran utilise des réseaux criminels pour cibler ses dissidents en Europe. Ces méthodes incluent le recours à des individus non iraniens pour mener des opérations d’assassinat, ce qui permet au régime de nier toute implication.
En réponse à ce rapport, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Kaspar Veldkamp, a convoqué l’ambassadeur d’Iran. C’est la première fois ces dernières années que des responsables néerlandais accusent publiquement un pays étranger de planifier une attaque ciblée sur le sol néerlandais. Auparavant, en 2019, deux diplomates iraniens avaient été expulsés des Pays-Bas suite à des allégations similaires.
En 2015 et 2017, les services de renseignement néerlandais et le ministère des Affaires étrangères sont restés silencieux pendant des années, une attitude qui a suscité le mécontentement d’une grande partie de la communauté iranienne aux Pays-Bas et des membres du Parlement néerlandais. Cette attitude de fermeture a désormais changé.
La diaspora iranienne aux Pays-Bas a réclamé à plusieurs reprises une protection renforcée.
Depuis 2022, le Parlement néerlandais appelle à la création d’un Centre national de signalement pour lutter contre les menaces et les intimidations à l’encontre des migrants. Ce plan n’a pas encore été lancé, mais le gouvernement actuel prévoit de lancer un programme pilote d’ici la fin de l’année.

