Poursuivant la tendance haussière des cours des devises et de l’or en Iran, le dollar américain a franchi la barre des 1,22 million de rials, et le prix de la nouvelle pièce d’or « Emami » a dépassé les 1,29 milliard de rials.
Le prix du dollar sur le marché libre iranien
Ces dernières semaines, une vague de hausse a déferlé sur les marchés iraniens des devises et de l’or, établissant à plusieurs reprises de nouveaux records et ouvrant la voie à une nouvelle progression des prix.
Le 1er décembre, les prix de divers produits en or sur le marché intérieur ont atteint des niveaux records, et le prix de la pièce d’or « Emami » a dépassé les 1,26 milliard de rials.
Essence à 5 000 tomans
La hausse des prix du rials et de l’or intervient alors qu’un troisième palier de prix pour l’essence, à 50 000 rials, devait entrer en vigueur le 6 décembre.
Fatemeh Mohajerani, porte-parole du gouvernement, a écrit sur son compte personnel X le soir du 5 décembre : « La date exacte de mise en œuvre de la réforme du prix de l’essence n’a pas encore été fixée.»
De nombreux citoyens ont perçu l’introduction de trois paliers de prix pour l’essence comme une contradiction avec les promesses électorales de Massoud Pezeshkian, président du régime iranien, et comme un facteur aggravant la pression économique sur la population.
Ces derniers mois, l’inflation galopante et la hausse des taux de change ont accentué les inquiétudes quant à la dégradation de la situation économique en Iran. Cette tendance s’est intensifiée suite au rétablissement des sanctions des Nations Unies et à l’insistance des responsables du régime iranien à poursuivre le programme nucléaire.
Au cours de l’année écoulée, les prix des produits alimentaires en Iran ont augmenté de plus de 66 % en moyenne.
Durant cette période, la consommation de pain et de céréales a augmenté de 100 %, celle de fruits et de noix de 108 %, celle de légumes de 69 %, celle de boissons de 68,3 %, celle de poissons et de fruits de mer de 52,3 % et celle de lait, de fromage et d’œufs de 48,6 %.
Détérioration de la situation économique dans un contexte d’impasse nucléaire persistante
La crise économique en Iran s’est intensifiée tandis que les perspectives de négociations nucléaires demeurent très incertaines.
En réponse à la demande de Pezeshkian d’une médiation entre Téhéran et Washington par l’Arabie saoudite, le gouvernement américain a réaffirmé ses trois conditions à toute négociation avec le régime iranien.
Steve Witkoff, envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, avait précédemment exigé que le régime iranien abandonne totalement son programme nucléaire et d’enrichissement d’uranium, démantèle ses forces supplétives et accepte des limitations de son programme balistique.
Certains médias iraniens ont rapporté qu’en plus de la diminution des espoirs de relance des négociations nucléaires et d’ouvertures politiques, les discussions sur le déficit budgétaire de 2026 et la hausse du prix de l’essence ont également contribué aux turbulences sur les marchés des changes et de l’or en Iran.

