La hausse continue des prix alimentaires ces derniers mois a non seulement accentué la pression sur le coût de la vie des ménages et leurs budgets mensuels déjà limités, mais a également suscité l’inquiétude des experts quant aux signes avant-coureurs d’une potentielle hyperinflation en Iran.
Les données officielles publiées par la Banque centrale du régime iranien indiquent que l’économie iranienne a connu un taux d’inflation annuel moyen de 43 % au cours des huit dernières années. Il convient de noter que ces chiffres proviennent des institutions nationales du régime, qui ont tendance à présenter une situation plus favorable que la réalité.
Le calcul de l’augmentation cumulée du niveau général des prix, basée sur les taux d’inflation des huit dernières années, montre que les prix moyens des biens et services ont été multipliés par plus de 17, tandis que le pouvoir d’achat de la monnaie a chuté de 94 %.
Le dollar progresse plus vite que l’inflation
Parallèlement, sur la même période (de mars 2018 à mi-décembre 2025), le taux de change du dollar est passé de 47 730 rials à 1 300 000 rials, soit une multiplication par plus de 27. De ce fait, la hausse du dollar a été environ 60 % supérieure à celle de l’inflation.
Pression sans précédent sur les moyens de subsistance des ménages
Une comparaison des produits alimentaires couramment consommés par les ménages iraniens montre que la hausse des prix alimentaires a même dépassé la multiplication par 17 du niveau général des prix, exerçant une pression accrue sur la consommation des ménages. L’analyse de 20 produits alimentaires sélectionnés entre le printemps 2018 et l’automne 2025 indique que leurs prix, selon les moyennes publiées par le Centre statistique d’Iran, ont été multipliés par 20 en moyenne.
Quel avenir pour l’économie dans huit ans ? Si cette tendance se poursuit et que les prix augmentent au même rythme qu’au cours des huit dernières années, à quoi faut-il s’attendre ?
L’inflation en Iran ayant connu une forte volatilité ces quarante dernières années, il est très difficile d’établir des prévisions précises. Toutefois, en se basant sur la croissance annuelle moyenne et la tendance générale de l’inflation, une projection approximative peut être réalisée en supposant la poursuite d’une tendance linéaire.
Dans ce modèle linéaire simple, le taux de croissance moyen de l’inflation sur les huit dernières années est estimé à 3,23 %, ce qui indique un taux d’inflation d’environ 52,5 % en 2033.
Autrement dit, le pouvoir d’achat diminuerait d’environ 94 % sur cette période. Par exemple, si en 2025 on pouvait acheter environ 400 grammes de riz iranien ordinaire avec 1 000 000 de rials, en 2033, cette même somme ne permettrait d’acheter qu’environ 23 grammes, soit une quantité infime, illustrant clairement le risque d’hyperinflation dans l’économie iranienne.
L’avenir du taux de change du dollar
Si la tendance des huit dernières années se maintient, le taux de change du dollar pourrait être multiplié par 27,25, pour atteindre environ 35 millions de rials en 2033.
Si, outre une forte inflation, des problèmes tels que le déficit budgétaire croissant de l’État, les risques politiques, les sanctions, les restrictions sur les transferts de devises, la fuite des capitaux et le déclin des investissements étrangers persistent, le taux de change continuera d’augmenter beaucoup plus rapidement que l’inflation globale, entraînant un effondrement encore plus brutal du pouvoir d’achat du rial par rapport au dollar.
Pourquoi l’hyperinflation est probable en Iran
Les raisons de la probabilité d’une hyperinflation dans l’économie iranienne peuvent être attribuées aux facteurs suivants :
Déficits budgétaires et politiques monétaires : En raison d’une mauvaise gestion financière et de la création monétaire sans garantie, l’inflation est devenue un phénomène chronique et persistant.
Sanctions et tensions politiques : L’escalade des tensions en matière de politique étrangère, les sanctions économiques et les restrictions internationales ont fortement contribué à l’inflation et ont fait grimper en flèche le taux de change. Anticipations inflationnistes : Les anticipations pessimistes du public et des acteurs économiques quant à l’avenir ont orienté les investissements vers le dollar et les actifs non libellés en rial. Par exemple, au cours des huit dernières années, le prix d’une pièce d’or – sous l’effet des anticipations inflationnistes, de l’effondrement du rial et de la hausse des cours mondiaux de l’or, considéré comme une valeur refuge – est passé de 18 millions de rials à 1,4 milliard de rials, soit une multiplication par plus de 77.
Par conséquent, si la tendance actuelle se maintient, le niveau général des prix augmentera
de façon exponentielle. Dans ces conditions, les salaires et l’épargne ne suffiront plus à couvrir les besoins essentiels. En cas d’hyperinflation, non seulement le pouvoir d’achat s’effondrera et la classe moyenne sombrera dans la pauvreté, mais l’économie formelle stagnera, les marchés connaîtront une instabilité persistante, les investissements chuteront et l’économie entrera dans une crise financière profonde.

