Face à un mécontentement populaire croissant et à la menace imminente de manifestations nationales, le régime iranien a renforcé ses mesures de sécurité, combinant une coupure quasi totale d’internet et une militarisation massive des rues dans une tentative désespérée d’empêcher un nouveau soulèvement.
Selon NetBlocks, un organisme mondial de surveillance d’internet, l’Iran connaît actuellement l’une des plus graves perturbations d’internet jamais enregistrées au monde. L’organisation indique que le pays a été largement privé d’accès à internet pendant près d’un tiers de l’année 2026. Depuis le début du conflit, le 9 mars, l’accès des citoyens iraniens à internet a chuté à environ 1 %, avec plus de 240 heures de coupure continue.
Soulignant cet isolement numérique délibéré, la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a admis que l’accès à Internet n’est accordé qu’à ceux qui peuvent « faire entendre leur voix au monde », preuve manifeste que le régime monopolise le discours public par le biais de ses canaux de propagande officiels, tout en maintenant le public dans un black-out informationnel.
⚠️ Update: At 240 hours, #Iran's internet blackout is now among the most severe government-imposed nationwide internet shutdowns on record globally, and the second longest registered in Iran after the January protests, with the country having spent a third of 2026 offline. pic.twitter.com/LPoVkOI9MM
— NetBlocks (@netblocks) March 10, 2026
Afin de réprimer toute tentative d’organisation, les forces de sécurité de l’État ont lancé une vaste vague d’arrestations. Ahmad-Reza Radan, commandant de la police du régime, a annoncé le soir du 10 mars l’arrestation de 82 citoyens accusés d’« envoi de documents et de communication avec des médias étrangers ». Simultanément, le tristement célèbre ministère du Renseignement a revendiqué l’arrestation de 30 autres personnes sous de fausses accusations d’« espionnage et de collaboration avec l’ennemi ».
Reconnaissant la forte militarisation des zones urbaines, Radan a confirmé le déploiement permanent des forces de sécurité. Il a lancé un avertissement direct et menaçant pour dissuader les citoyens de manifester, déclarant explicitement : « Si quelqu’un veut descendre dans la rue, toutes nos forces sont prêtes à faire feu.»
Ces menaces coïncident avec de nombreux témoignages faisant état d’une forte présence sécuritaire, de multiples points de contrôle et d’un climat d’oppression dans les grandes villes. Des militants et le Conseil de coordination des associations professionnelles d’enseignants iraniens ont décrit l’atmosphère à Téhéran comme celle d’une « caserne militaire », où règnent l’intimidation et la peur.
Les observateurs internationaux notent que cette double stratégie – imposer un isolement numérique total conjugué à la menace explicite du recours à la force létale – révèle la panique et la vulnérabilité profondes du régime iranien face à la perspective d’une révolution populaire visant à mettre fin à la dictature.



Mediapart (blog): Après une visite au Parlement d’Estonie et à l’Assemblée nationale française, les résistants iraniens se sont retrouvés la semaine dernière en Espagne pour appeler à la reconnaissance de la Résistance et au renversement du régime intégriste.