Selon un reportage de Sky News du 26 avril, le régime iranien a intensifié sa répression contre ses opposants.
Ces dernières semaines, la politique du régime iranien à l’égard des figures de l’opposition vivant à l’étranger s’est considérablement aggravée. Cette politique ne se limite plus aux poursuites politiques directes, mais s’étend désormais à des mesures de pression juridiques, administratives et financières, à l’imposition de restrictions les empêchant de gérer leurs avoirs, et cible également leurs proches restés dans le pays. Opposants et observateurs qualifient ces actions de répression transnationale.
Depuis le début du conflit, des rapports juridiques et médiatiques ont documenté de nombreux cas où les autorités répressives du régime iranien ont détenu ou convoqué des membres de la famille de figures de l’opposition et de militants vivant à l’étranger ; une action perçue comme un moyen de pression direct visant à faire taire les voix dissidentes.
Le prisonnier politique iranien Naser Bakrzadeh menacé d’exécution #FreeIran2026 #FreeIran10PointPlan #NCRIAlternative #IranWarhttps://t.co/VS3cnbEloq
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Dans le même temps, les autorités ont renforcé les restrictions imposées aux services consulaires fournis aux Iraniens à l’étranger, notamment via le système de services électroniques rattaché au ministère des Affaires étrangères du régime iranien. Mohammad Kazem Movahedi, procureur général du régime, a annoncé que le ministère des Affaires étrangères avait reçu une instruction officielle, fondée sur une décision de justice, suspendant la possibilité d’établir et d’enregistrer des procurations relatives aux transferts de propriété par le biais de ce système.
Ce système est l’un des principaux outils utilisés par les Iraniens résidant à l’étranger pour accomplir leurs démarches administratives, notamment l’obtention et le renouvellement de passeports, l’établissement de procurations et le suivi de diverses questions administratives et consulaires.
Confiscation des biens de personnalités médiatiques et d’opposants
Il y a quelques jours, Téhéran, sur ordre du pouvoir judiciaire du régime iranien, a décidé de confisquer les biens enregistrés et les propriétés privées de plus de 400 dissidents, affirmant que cette action s’inscrivait dans le cadre de ce qu’il appelle la loi renforçant les sanctions pour espionnage et coopération avec des pays hostiles, au détriment de la sécurité et des intérêts nationaux.
L’agence de presse Fars, affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a publié une liste, selon elle émanant du pouvoir judiciaire, recensant des personnes dont les avoirs financiers ont été gelés ou confisqués suite à des accusations de soutien à l’ennemi. Cette liste comprend plusieurs journalistes et personnalités des médias résidant à l’étranger, ainsi que d’autres personnalités publiques.
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Selon plusieurs d’entre elles, recueillies par l’Associated Press, des familles de figures de l’opposition iranienne en exil affirment que le régime iranien détient leurs proches et menace de confisquer leurs biens, dans le cadre d’une nouvelle campagne de répression visant les voix dissidentes depuis le début de la guerre.
Avec l’escalade du conflit, les autorités iraniennes ont intensifié leurs menaces contre toute personne communiquant avec des médias ou des militants étrangers, avant d’étendre ces pressions à l’intimidation des militants vivant en exil.
Le quotidien britannique The Guardian a rapporté, citant des journalistes travaillant pour des médias critiques envers Téhéran, que ces derniers font face à une intimidation et à des menaces croissantes pouvant dégénérer en violences physiques, sur fond d’accusations portées contre le régime iranien, accusé de tenter de faire taire les médias de langue persane.
La répression transnationale s’inscrit dans la politique du régime iranien
Nezam Mir Mohammadi, juriste et spécialiste des affaires iraniennes, a déclaré que l’intensification de la répression menée par le régime iranien contre ses opposants à l’étranger ne relève plus d’une série d’incidents sécuritaires isolés, mais constitue une politique officielle cohérente, guidée par une logique de répression transnationale. Cette répression repose sur les menaces, l’espionnage, l’incitation à la violence et les tentatives d’assassinat et d’enlèvement.
Dans une interview accordée au site web de Sky News Arabic, Mohammadi a expliqué qu’un régime incapable de briser la volonté de son peuple tente de déplacer le champ de bataille à l’étranger par le biais du terrorisme organisé, ciblant les voix qui dénoncent ses crimes et proposent une alternative démocratique. Il a ajouté que cette stratégie ne vise pas à défendre la sécurité nationale, mais un pouvoir fondé sur la répression et l’exportation des crises.
Il estime que les mesures prises contre les figures de l’opposition à l’étranger sont très diverses : opérations d’espionnage et collecte de renseignements sur les militants et les communautés de la diaspora, tentatives d’infiltration par des agents et utilisation de fausses identités, menaces directes et indirectes, pressions exercées sur les familles en Iran comme moyen de coercition, et campagnes de diffamation et d’incitation à la haine préparant le terrain à des attaques physiques ou à des tentatives d’assassinat.
Il a souligné que l’aspect le plus dangereux de cette affaire réside dans l’utilisation de certaines missions diplomatiques du régime iranien comme centres opérationnels ; ce qui fait de la protection des figures de l’opposition la responsabilité des pays hôtes, et non un simple différend politique pouvant être négligé.

