Après la vague de répression qui a suivi les manifestations nationales de janvier 2026, les institutions sécuritaires et judiciaires du régime iranien ont lancé ces derniers jours une nouvelle campagne d’arrestations massives à travers le pays. La détention de centaines de citoyens dans diverses provinces, les sanctions disciplinaires infligées à des étudiants, la confiscation des biens de personnes critiques et l’inculpation de personnes pour espionnage et collaboration avec l’ennemi témoignent d’une intensification de la politique sécuritaire du régime visant à contrôler la société et à prévenir toute nouvelle manifestation.
Selon des informations publiées, des centaines de citoyens ont été arrêtés ces derniers jours dans différentes régions du pays pour des motifs liés à la sécurité. Dans l’ouest de l’Iran seulement, au moins 239 personnes ont été détenues dans les provinces du Kurdistan et de Kermanshah, accusées d’appartenir à des groupes d’opposition.
Dans le même temps, le ministère du Renseignement et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont annoncé l’arrestation de plusieurs dizaines de personnes dans les provinces d’Ilam, du Sistan-et-Baloutchistan, de Gilan, du Lorestan, d’Azerbaïdjan occidental, de Mazandaran, de Téhéran et d’Azerbaïdjan oriental. Dans la plupart des cas, des accusations générales et sécuritaires ont été formulées, telles que collaboration avec l’ennemi, espionnage, liens avec des groupes hostiles ou activités médiatiques critiques envers le régime, sans qu’aucune preuve indépendante ne soit publiée pour étayer ces allégations.
L’accusation d’espionnage : un nouveau prétexte pour réprimer les manifestants
Selon les observateurs, ces derniers mois, le régime a tenté de détenir un grand nombre de manifestants, de critiques et de militants de la société civile en les qualifiant d’espions ou d’agents de l’ennemi.
Cette pratique s’est intensifiée particulièrement après l’escalade des tensions régionales et le recours accru à une rhétorique guerrière par le régime ; à tel point que de nombreuses affaires politiques et sécuritaires s’accompagnent désormais d’allégations de coopération avec le Mossad, de liens avec les États-Unis ou de transmission d’informations à l’ennemi.
Cette catégorisation sert à légitimer la répression interne et à discréditer toute forme de protestation aux yeux de l’opinion publique.
Exploiter un climat de guerre pour intensifier la répression
Parallèlement aux tensions extérieures et à une propagande massive sur les menaces sécuritaires, le régime a tenté d’instrumentaliser un climat de guerre pour intensifier la répression interne.
Dans ce contexte, toute forme de critique, de protestation, d’activité médiatique, voire même la publication de contenu sur les réseaux sociaux, peut entraîner des poursuites pour atteinte à la sécurité et une arrestation. Le régime instrumentalise les conditions sécuritaires et le climat de guerre pour suspendre de facto les droits des citoyens et étendre les pouvoirs de ses institutions sécuritaires.
Arrestations massives : une stratégie préventive pour contenir les protestations
La vague d’arrestations actuelle ne constitue pas une simple réaction à des cas isolés d’atteinte à la sécurité, mais s’inscrit dans une stratégie préventive visant à empêcher l’émergence de nouvelles protestations.
L’arrestation massive de citoyens, de militants locaux, d’étudiants, d’utilisateurs des réseaux sociaux et de critiques dans plusieurs provinces indique que le régime cherche à instaurer un climat de peur afin d’étouffer tout mécontentement social avant qu’il ne dégénère en manifestations de rue.

