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Le retour de l’infâme police secrète royale du Shah la SAVAK dans les rues d’Europe

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Quatre-vingts ans après la Seconde Guerre mondiale et la chute du fascisme hitlérien en Allemagne, l’utilisation de symboles nazis, tels que la croix gammée, ainsi que la négation de l’Holocauste sont considérées comme des crimes. Ce crime, tout comme le modèle qui l’a engendré, doit demeurer gravé dans la mémoire de l’humanité contemporaine — et même des générations futures — afin que nul ne puisse le reproduire, sous quelque nom ou prétexte que ce soit.

En 1979, l’Iran fut le théâtre d’une révolution majeure au cours de laquelle le peuple renversa la monarchie héréditaire. Bien que Ruhollah Khomeini ait par la suite exploité les émotions du peuple, surfé sur cette vague et commis des crimes bien plus atroces que ceux perpétrés sous la monarchie, l’objectif initial de la révolution était de démanteler le régime royal, lequel avait, jusqu’alors, privé la population de toute liberté.

La police secrète du Shah, la SAVAK, figurait parmi les forces de sécurité les plus redoutées de son époque. La SAVAK s’est tristement illustré par ses méthodes de torture moyenâgeuses et inhumaines.

Les coups de fouet à l’aide de câbles, les bastonnades, les chocs électriques, l’utilisation du dispositif de torture dit « Apollo », l’arrachage des ongles et le fait de contraindre les prisonniers politiques à s’asseoir sur des plaques métalliques chauffées ou des plaques de cuisson électriques figuraient parmi les méthodes notoires du SAVAK, telles que documentées par Amnesty International.

Il convient de noter que les membres du SAVAK ont, soit fui l’Iran, soit joué un rôle prépondérant dans l’élaboration et l’organisation de l’appareil répressif de la dictature des mollahs. Toutes les méthodes de répression employées par le régime iranien sont directement issues et développées à partir des méthodes initialement conçues par la SAVAK.

En interdisant les activités de tous les partis politiques et en n’autorisant que le parti Rastakhiz — qui soutenait le Shah —, la monarchie a, de fait, dénié toute possibilité d’activité politique aux autres acteurs. C’est cette même politique qui fut ultérieurement mise en œuvre et parachevée par Khomeini, à travers l’instauration d’un système de parti unique et la répression de toutes les autres idéologies ainsi que des groupes ethniques dissidents.

Aujourd’hui, des années après la chute de la monarchie Pahlavi et au lendemain de soulèvements tels que les manifestations de janvier 2018, le fils de l’ancien Shah — Reza Pahlavi — appelle, à grand renfort de propagande et de battage médiatique, à un retour vers le passé et au rétablissement de la monarchie de son père, renversée par le peuple iranien il y a près de cinquante ans. Ce groupe dépense des sommes colossales pour tenter de ressusciter un cadavre que le peuple iranien a enterré il y a des années. Ce qui est digne de remarque, toutefois, c’est l’écho du fascisme qui résonne dans les rues d’Europe. Des groupes royalistes appellent ouvertement, dans les rues européennes, au meurtre d’autres opposants, y compris des membres et des sympathisants de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK). L’OMPI a joué un rôle actif dans le renversement du régime du Shah ; par la suite, le régime iranien a exécuté près de 120 000 de ses membres et sympathisants.

Aujourd’hui, avant même d’accéder au pouvoir, ce groupe appelle ouvertement à la mort et au massacre d’autres opposants. Leur slogan est le même slogan fasciste — « Ein Volk, ein Reich, ein Führer » — qui était scandé lors de tous les rassemblements nazis à l’époque d’Hitler.

Hier, dimanche 10 mai, un groupe de personnes a organisé un rassemblement dans la ville de Ratisbonne, en Bavière (Allemagne), arborant l’emblème de la SAVAK sur la poitrine. Cet acte constitue un crime, une complicité et une apologie des crimes commis par la SAVAK, la police secrète du Shah. De telles actions ne sauraient blanchir les crimes de l’ancienne monarchie. Les agissements hystériques du fascisme royaliste ne sont que l’autre face de la médaille du fascisme religieux qui règne en Iran ; ils s’apparentent aux actions menées par le régime iranien actuel pour assurer sa propre survie. Lors du soulèvement du peuple iranien en janvier 2026, nous avons pu constater comment des individus affiliés au régime ont tué de nombreux Iraniens.

Ce groupe n’est pas encore parvenu au pouvoir, et pourtant, il promet déjà le même genre d’agissements. Malheureusement, dans les pays occidentaux, la nostalgie d’un retour au passé — et la tendance à dépeindre cette époque comme un âge d’or onirique — a réussi, dans certains esprits, à travestir le monstre de la monarchie sous les traits d’un ange radieux.

Le magazine américain *The Atlantic*, dans un article intitulé « The Iranian Royalists’ Thuggish Edge » (La face brutale des royalistes iraniens), a mis en lumière les profondes contradictions d’un mouvement aux prises avec des tendances autoritaires.

L’article s’ouvre sur l’évocation du meurtre d’un exilé iranien franc-tireur nommé Masood Masjoody, survenu au Canada. Ce dernier était un critique féroce de Reza Pahlavi ; peu de temps après, la police canadienne a inculpé Razavi et Soltani — deux partisans de Pahlavi — pour meurtre avec préméditation. L’auteur de l’article ajoute :

« Le meurtre, en d’autres termes, semble s’inscrire dans le cadre d’une guerre au sein de l’opposition iranienne — une guerre qui oppose Pahlavi à une cohorte grandissante de critiques, lesquels perçoivent l’homme et son mouvement comme dangereusement autocratiques. »

L’auteur note par ailleurs : « C’est l’homme qui déclarait à un journaliste en 2023 : “Depuis quarante ans, ma vie se déroule ici, en Amérique. Mes enfants vivent ici, mes amis vivent ici ; tous ceux que je connais sont ici. Si je devais rentrer, pour y retrouver quoi ?” »

Pahlavi et ses partisans ont bâti leur palais de rêves sur la perspective d’une attaque étrangère contre l’Iran ; or, avec le cessez-le-feu intervenu entre les États-Unis et le régime iranien, ce palais de glace a commencé à fondre. Aucun Iranien digne de ce nom n’a jamais appelé à une attaque étrangère contre son propre pays.

Les partisans de Pahlavi, en revanche, perçoivent la guerre étrangère et la destruction de l’Iran comme l’unique voie pour placer le fils de l’ancien Shah sur le trône. Pourtant, chacun sait que, bien que le régime iranien soit très faible et fragile, il ne sera jamais renversé par une attaque militaire extérieure. Si les gouvernements occidentaux visent un changement de régime similaire à celui qui s’est produit en Irak — dont les conséquences perdurent encore aujourd’hui —, alors c’est assurément la pire voie possible pour parvenir à ce changement.

Cette guerre a démontré que le pouvoir des mollahs ne saurait être renversé par des frappes aériennes, mais que de telles attaques ne font que précipiter la région dans un chaos permanent. La solution pour l’Iran réside dans un renversement par la résistance organisée.

Le peuple iranien a prouvé à maintes reprises qu’il est capable de tenir tête au régime des mollahs. Les puissances régionales et mondiales doivent reconnaître le droit du peuple iranien à la liberté et à la démocratie, et soutenir cette solution. En réalité, la paix et la stabilité dans la région, la liberté des échanges, la sécurité et le respect mutuel entre les gouvernements ne peuvent être garantis que par cette voie.

Depuis des années, le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) considère le pluralisme, la laïcité et le renversement du régime des mollahs comme la solution pour l’Iran. À cet égard, Mme Maryam Rajavi a présenté un plan en dix points exposant à quoi ressemblerait l’Iran de demain.

Au terme de la guerre de quarante jours menée par les États-Unis et Israël contre le régime iranien, le monde a pu constater de visu qu’une guerre étrangère ne constitue en aucun cas la solution pour la région et que, bien au contraire, elle ne fait qu’accroître la complexité de la situation.

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