Aux premières heures du mardi 2 juin, la peine de mort prononcée à l’encontre de Fathollah Avari — l’un des manifestants ayant participé au soulèvement et aux protestations de janvier à Hamedan — a été exécutée à la prison centrale de la ville.
Selon les médias d’État, il avait été arrêté en lien avec le meurtre d’un membre des forces de sécurité du régime lors des manifestations du 8 janvier 2026, et avait été condamné à mort par le système judiciaire du régime sous l’accusation de *moharebeh* (« faire la guerre à Dieu »). Des rapports indiquent que son exécution a été menée dans le secret et sans qu’une dernière visite de sa famille ne lui soit accordée.
Ces derniers mois, les organisations de défense des droits humains et les militants de la société civile ont exprimé leur inquiétude quant au traitement de cette affaire. Se référant à de nombreux rapports faisant état de pressions exercées sur les accusés dans des affaires politiques et de sécurité, ces groupes ont mis en garde contre les aveux forcés, les restrictions d’accès à un avocat indépendant et l’absence de procès équitable.
À l’inverse, les médias affiliés au régime affirment qu’après l’arrestation de Fathollah Avari, des documents et des éléments de preuve liés à l’affaire ont été découverts lors d’une perquisition à son domicile, et qu’il a reconnu les allégations portées contre lui au cours de son interrogatoire.
L’agence de presse Mizan, affiliée au système judiciaire du régime iranien, a affirmé que l’intéressé était impliqué dans le meurtre de Mohammad Javad Bakhshian, un membre des forces répressives du régime dépêché sur place pour mater les manifestations. L’agence a soutenu que cet officier avait perdu la vie lors des manifestations du 8 janvier à Hamedan.
Selon les récits publiés par les médias d’État, les forces de l’ordre avaient été déployées dans la zone durant les manifestations et avaient affronté les manifestants. Ces médias affirment que le major Bakhshian s’est retrouvé isolé des autres officiers au cours des troubles et a subi de graves blessures après avoir été agressé par des manifestants. Il serait décédé après son transfert vers un hôpital.
Les médias d’État ont également affirmé que, suite à l’arrestation de Fathollah Avari, un couteau, un sweat-shirt à capuche taché de sang et une paire de chaussures — correspondant, selon eux, aux images des caméras de surveillance — avaient été découverts à son domicile.
L’exécution a été menée à bien en dépit des mises en garde répétées des organisations de défense des droits humains concernant la prononciation et l’application de peines de mort à l’encontre d’individus arrêtés lors de manifestations, ainsi que l’utilisation de chefs d’accusation tels que la « *moharebeh* » dans des affaires à caractère politique. Ces organisations ont appelé à la transparence des procédures judiciaires et au respect des normes internationales relatives aux droits de l’homme.

