Reuters a rapporté que les autorités françaises ont annulé une manifestation majeure de partisans de la résistance iranienne à Paris, quelques heures seulement avant son début prévu, invoquant des avertissements de sécurité concernant des menaces liées à des groupes monarchistes.
Selon l’article publié le 30 juin, la manifestation de grande envergure « Iran libre » — prévue pour le 20 juin et censée rassembler 100 000 partisans du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) et de l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) à Paris — a été annulée après que les autorités françaises ont reçu des évaluations en matière de sécurité et de renseignement.
Reuters a obtenu un document de renseignement indiquant que les services de sécurité français avaient mis en garde contre des menaces croissantes émanant d’individus affiliés à des groupes monarchistes. Selon ce document, certains individus arborant des symboles associés à la SAVAK, la police secrète de l’ancienne monarchie iranienne, ont menacé de perpétrer un attentat à la bombe si le rassemblement avait lieu.
Monarchistes et menaces à la bombe
Le rapport mentionne également un militant monarchiste bien connu qui a exhorté ses partisans, via des messages en ligne, à bloquer l’itinéraire du cortège de l’OMPI. Selon Reuters, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent cet individu tenant une arme à feu semi-automatique, tandis qu’une autre vidéo montre l’essai d’une arme imprimée en 3D.
La Préfecture de police de Paris, le cabinet du ministre français de l’Intérieur et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters concernant l’authenticité du document.
Reuters a souligné que les rassemblements annuels du CNRI en France, qui attiraient des participants venus de nombreux pays, s’étaient généralement déroulés sans incident majeur. Cette fois-ci, cependant, les autorités françaises ont décidé d’annuler la manifestation, invoquant des préoccupations de sécurité intérieure et internationale.
En réaction à cet article, un porte-parole de l’Organisation des moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a déclaré qu’il ne faisait aucun doute que les partisans de la SAVAK du Shah étaient devenus des instruments de l’appareil de renseignement et de sécurité du régime iranien. Le porte-parole a ajouté que le rassemblement aurait pu se tenir en toute sécurité grâce à une coopération avec les forces de l’ordre et aux dispositifs de sécurité mis en place par l’OMPI elle-même. Le porte-parole a également évoqué les rassemblements et marches alternatifs organisés le 20 juin en huit lieux différents, affirmant que les opposants n’avaient pas réussi à empêcher la tenue de ces événements alors qu’ils en avaient la possibilité.
Le porte-parole a aussi fait référence aux attaques perpétrées en 2023 contre un centre lié aux partisans du Conseil national de la résistance iranienne, dans le nord de Paris. Selon lui, ces attaques ont été menées par des individus liés au régime iranien, et plusieurs des responsables ont par la suite été condamnés à des peines de prison par la justice française.

