Ces derniers mois, les moyens de subsistance des travailleurs et des retraités ont été confrontés à des défis sans précédent. L’inflation en glissement annuel a atteint 96 % et devrait frôler la barre des trois chiffres pour la première fois dans l’histoire du pays. Dans ce contexte, la mise en œuvre d’une augmentation des salaires pour les travailleurs au cours du second semestre de l’année iranienne se heurte à des obstacles majeurs. Parallèlement, les employeurs sont aux prises avec ce qui est qualifié de « guerre économique », incluant des dommages aux unités de production et des réductions d’effectifs, tandis que les retards de l’Organisation de la sécurité sociale dans le versement des pensions des retraités accentuent la pression. La valeur du bon d’achat gouvernemental de 10 millions de rials a également chuté au tiers de son pouvoir d’achat initial en raison de l’inflation galopante, et l’augmentation proposée de ce montant n’a pas encore été mise en œuvre. Par ailleurs, la dernière estimation du panier de subsistance minimal pour les travailleurs s’élève à 429 millions de rials (environ 227 dollars), alors que le salaire mensuel de base pour un travailleur ayant deux enfants tourne autour de 250 millions de rials (environ 132 dollars).
Hamid Haj Esmaili, expert du marché du travail, a déclaré au journal public *Jahan-e Sanat* que la mise en œuvre d’une augmentation salariale pour les travailleurs durant le second semestre de l’année iranienne (du 23 septembre 2026 au 22 mars 2027) constituerait une question très complexe et difficile. Bien que la mesure ait été approuvée par le Conseil suprême du travail à la fin de l’année iranienne précédente, il a souligné que l’application des hausses de salaires à la fin de l’année (au 21 mars 2026) avait déjà rencontré de nombreux problèmes. D’une part, les employeurs ont été affectés par la guerre, certaines unités de production ayant été endommagées et d’autres contraintes de licencier du personnel. Par conséquent, afin d’éviter de nouveaux licenciements, les employeurs n’ont été autorisés à procéder à des augmentations de salaire que par accord mutuel entre travailleurs et employeurs.
Il a ajouté : « D’autre part, l’Organisation de la sécurité sociale a pris du retard dans le versement des pensions aux retraités. Dans de telles circonstances, la mise en œuvre d’augmentations salariales au cours du second semestre de l’année se heurtera à de nombreux défis et pourrait s’avérer irréalisable dans les conditions actuelles. »
Une inflation à trois chiffres se profile
En réponse à une question sur l’inflation des quatre derniers mois et son impact sur le niveau de vie des travailleurs, l’expert du marché du travail a déclaré : « L’inflation approche les trois chiffres, ce qui aura des conséquences négatives pour les travailleurs et les retraités. À la fin de l’année iranienne précédente, le 22 mars 2026, l’inflation avait atteint 60 %. Elle s’élève désormais à 96 % en glissement annuel et tend vers les trois chiffres. »
Il convient de noter que, selon le Centre de statistiques d’Iran — l’organisme officiel du régime iranien —, l’inflation dans les zones rurales a atteint 100 % en juillet.
Le coût du panier de subsistance estimé atteint 429 millions de rials
Selon l’agence de presse étatique ILNA, Mohsen Bagheri, représentant des travailleurs au sein du Conseil suprême du travail et responsable du Comité des salaires du Haut Conseil des conseils islamiques du travail, a évoqué le dernier calcul du panier de subsistance des travailleurs. M. Bagheri a indiqué que les estimations préliminaires montrent une augmentation significative des coûts alimentaires et des boissons au sein de ce panier, ces derniers ayant potentiellement doublé ou triplé. Toutefois, il a précisé que les calculs définitifs seraient effectués une fois que le Centre de statistiques d’Iran aurait publié ses données officielles. Il a ajouté que si le ministère des Coopératives, du Travail et de la Protection sociale mettait en place le Comité des salaires, les calculs du panier de subsistance seraient révisés et finalisés dans le cadre de négociations tripartites impliquant des représentants du gouvernement, des travailleurs et des employeurs.
Il a souligné que si le ministère du Travail n’organisait pas ces réunions, le groupe des travailleurs calculerait lui-même le panier de subsistance en se fondant sur les statistiques officielles du Centre de statistiques d’Iran et en rendrait les conclusions publiques.
Concernant la dernière estimation de la valeur du panier de subsistance, M. Bagheri a indiqué que l’estimation la plus récente du groupe des travailleurs, basée sur le taux d’inflation de janvier 2026, s’élevait à 429 millions de rials.
Il a également évoqué les discussions sur l’impact des variations du taux de change sur le coût de la vie, précisant que, lors des négociations salariales, les représentants des travailleurs avaient estimé que les effets de la dépréciation de la monnaie se répercuteraient progressivement sur les dépenses de consommation. C’est pourquoi ils avaient proposé de reporter l’examen final du « panier de subsistance » jusqu’à ce que ces effets soient clairement établis, afin de pouvoir ajuster en conséquence les compléments de salaire. M. Bagheri a ajouté que le ministère des Affaires économiques et des Finances avait soutenu que sa politique de change permettrait de réduire l’inflation à partir du mois de février. Toutefois, selon lui, cette prévision ne s’est pas concrétisée ; fin juin, les effets de la hausse du taux de change étaient pleinement visibles sur le marché, propulsant l’inflation des produits alimentaires et des boissons aux alentours de 140 %.
Concernant la nouvelle estimation du panier de subsistance, M. Bagheri a indiqué qu’aucun calcul précis n’avait encore été finalisé. Il a ajouté que, bien qu’une hausse significative du coût de l’alimentation soit attendue, avancer un chiffre exact sans s’appuyer sur des calculs d’experts manquerait de fiabilité.
Le Centre de statistiques d’Iran a annoncé que l’inflation en glissement annuel (d’un mois à l’autre) avait atteint 87,9 % en juillet 2026, tandis que l’inflation annuelle s’établissait à 66 %.
Le taux d’inflation annuelle indique également que le prix moyen des biens et services au cours des douze mois s’achevant en juillet 2026 était supérieur de 66 % à celui de la période correspondante précédente.
En juillet 2026, les ménages ruraux ont subi une pression inflationniste plus forte que la moyenne nationale. L’inflation en glissement annuel dans les zones rurales a atteint 106,9 %, tandis que l’inflation mensuelle s’est élevée à 3,4 %.

