Jeudi 20 août, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du département du Trésor américain a annoncé, dans un communiqué officiel, l’imposition de nouvelles sanctions contre un vaste et complexe réseau de transfert illicite de fonds géré par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et le Hezbollah libanais. Parallèlement, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a promis l’application, pour le lundi suivant, des sanctions les plus sévères de l’histoire à l’encontre du régime iranien.
Le département du Trésor américain a précisé que ces sanctions visent dix personnes pour avoir facilité et assuré le transfert physique de centaines de millions de dollars en espèces au profit de la « Force Al-Qods du CGRI » et du « Hezbollah libanais ».
Selon le communiqué du Trésor américain, neuf citoyens turcs et un citoyen iranien nommé Masoud Mosafer ont été inscrits sur la liste des sanctions américaines en raison de liens présumés avec le Hezbollah libanais ou la Force Al-Qods du CGRI.
D’après les informations divulguées dans le communiqué, ces dix individus résidaient en Turquie ou aux Émirats arabes unis.
Détails sur le réseau financier clandestin et le rôle central des bureaux de change régionaux
L’OFAC a indiqué que le régime iranien utilisait des bureaux de change basés en Turquie, des sociétés écrans et des coursiers financiers voyageant sur des vols commerciaux entre l’Iran, la Turquie, les Émirats arabes unis et le Liban pour blanchir de l’argent et contourner les sanctions.
Les personnes visées par l’OFAC comprennent trois individus liés à la Force Al-Qods et sept liés au Hezbollah ; il s’agit principalement de ressortissants turcs et émiratis, ainsi que d’un ressortissant iranien. Le principal responsable de ce réseau financier clandestin est un homme d’affaires turc.
Washington a annoncé avoir de nouveau désigné le Hezbollah libanais comme cible de sanctions en raison de sa subordination à la Force Al-Qods du CGRI et des services directs qu’il lui rend.
Ces sanctions étendues de l’OFAC entraînent des conséquences juridiques pour le réseau visé ainsi que pour les personnes et entités qui y sont associées. Elles impliquent notamment le gel de tous les avoirs détenus par ces individus aux États-Unis et l’interdiction de toute transaction avec eux. Les institutions financières étrangères coopérant avec ce réseau s’exposent également à une perte d’accès au système financier américain par le biais de sanctions secondaires.
Dans le même temps, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a lancé une mise en garde. Évoquant ces nouvelles mesures, il a déclaré que Washington finalisait un train de sanctions décrit comme le plus sévère de l’histoire à l’encontre du régime iranien. Selon Bessent, les détails complets de ce train de sanctions sans précédent seront officiellement dévoilés lundi prochain.
Les mesures américaines et la réaction du ministère des Affaires étrangères du régime des mollahs
Le 14 août, le secrétaire américain au Trésor avait également annoncé que le gouvernement américain comptait prendre des mesures à l’encontre du régime iranien qui, selon lui, seraient sans précédent dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays.
Il convient de noter qu’environ 80 % des opérations de change du régime iranien s’effectuent à Dubaï, faisant de cette ville l’une des principales sources d’accès aux devises étrangères pour le régime.
Par ailleurs, le président de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, a déclaré le 22 août que les États-Unis entamaient une nouvelle phase de pression économique et de sanctions contre le régime iranien, et que de nouvelles sanctions ainsi qu’une pression économique accrue constitueraient la prochaine étape de la politique américaine à l’égard de Téhéran.
En réponse, Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du régime iranien, a déclaré dans une publication sur X — en faisant référence à l’« opération économique » de l’administration Trump contre les mollahs — qu’accepter des sanctions économiques assorties d’un blocus naval pourrait conduire à une « érosion totale de la souveraineté nationale ».
Il a écrit : « Aucun gouvernement n’a le droit de contraindre des banques, des entreprises ou des aéroports étrangers — qui relèvent tous de la juridiction exclusive de leur propre autorité souveraine — à s’abstenir de tout commerce légitime avec un pays tiers. La coercition économique visant à forcer un gouvernement indépendant à modifier ses choix politiques légitimes constitue un crime et un acte illicite au regard du droit international. »

