Financial Times, 27 février
De Daniel Dombey à Bruxelles, Negar Roshanzamir à Téhéran et Arkady Ostrovsky à Moscou
LIran a annoncé hier être arrivé à un accord avec la Russie sur son programme nucléaire, mais Moscou insiste sur le fait que le conflit fondamental au sujet des ambitions nucléaires de Téhéran nétait toujours pas résolu.
Les diplomates occidentaux ont également avancé que tout accord entre la Russie et lIran était probablement un accord dordre technique et navait toujours pas apporté de solution à la question qui est de savoir si lIran abandonnerait toutes ses activités nucléaires controversées, comme lexigent les agences internationales.
Lannonce de Téhéran intervient quelques jours avant que lAgence Internationale de l’Énergie Atomique, lorgane de surveillance nucléaire des Nations Unies, produise un rapport détaillé sur les activités nucléaires de lIran, document qui sera transmis au Conseil de Sécurité de lONU.
La Russie est le fer de lance dune campagne internationale visant à conclure un marché avec lIran avant que la question ne soit traitée dans latmosphère bien plus conflictuelle du Conseil de Sécurité. Mais jusquà présent, Moscou nest pas parvenu à mettre en uvre une solution décisive, tandis que les diplomates américains et européens accusent de plus en plus formellement lIran de chercher à développer des armes nucléaires. Téhéran insiste pour dire que ses objectifs sont purement pacifiques.
Prenant la parole hier après des négociations avec la délégation russe en visite, Gholamreza Aghazadeh, directeur de lOrganisation de lénergie atomique dIran, a déclaré que les deux parties avaient abouti à un « accord de base » sur une entreprise commune denrichissement duranium, processus pouvant créer du matériel indispensable à la fabrication darmes. Il a ajouté : « Afin de parachever ce contrat, les pourparlers vont se poursuivre dans les prochains jours avec la Russie ».
Sergei Kiriyenko, homologue de M. Aghazadeh et chef de la délégation russe, a affirmé que la « confiance mutuelle se renforcera » si la proposition de Moscou de mener lenrichissement sur le sol russe était mise en uvre.
« A mon avis, nous navons aujourdhui pratiquement aucun problème pour ce qui est de construire la société [denrichissement »>, que ce soit dordre organisationnel ou financier », a-t-il ajouté. « Mais la proposition russe de création dune entreprise commune nest quun élément dune approche complexe. Nous devons travailler là-dessus. »
Les diplomates européens ont suggéré que tout accord entre la Russie et lIran demeure relativement mineur et dordre technique puisque lIran na pas encore accepté dappliquer le moratoire demandé par lAIEA sur lenrichissement duranium sur son sol. « Le plus important pour la communauté internationale est de savoir si lIran est prêt à tenir compte des requêtes du conseil de lAIEA », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires Étrangères britannique. « Mais rien ne semble lindiquer pour le moment. »
Le conseil des 35 nations de lAIEA doit débattre du programme nucléaire de lIran lors dun meeting débutant le 6 mars, après lequel le rapport de lAIEA, rédigé par Mohamed ElBaradei, son directeur général, sera transmis au Conseil de Sécurité.
« Il existe différents moyens de résoudre la question nucléaire iranienne dans le cadre de lagence », a affirmé M. Kiri-yenko, qui a insisté sur la coopération des deux parties au sujet de Bushehr, usine nucléaire que la Russie construit pour lIran.

