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L’Iran a jugé dans le plus grand secret ses détenus d’Al-Qaïda

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AFP : 7 décembre – L’Iran a annoncé mardi avoir jugé et condamné les membres d’Al-Qaïda qu’il détient, dans un total secret qui risque de conforter les accusations américaines de complaisance, voire de soutien au terrorisme.

« Les peines ont été prononcées », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la justice de Téhéran.

Mais ce porte-parole parlant sous couvert de l’anonymat a refusé de s’exprimer sur des questions aussi cruciales que les peines prononcées et contre qui, alors que certains membres éminents du réseau terroriste pourraient être dans les prisons iraniennes.

« Les jugements seront rendus publics quand les obstacles légaux à cette annonce seront levés », a-t-il affirmé.

« Tous les dossiers des membres d’Al-Qaïda arrêtés en Iran ont été traités par un juge spécial (…) et les jugements ont été prononcés conformément à la loi islamique », avait dit la veille le chef de l’autorité judiciaire à Téhéran, Abbas Ali Alizadeh, cité par l’agence semi-officielle Fars.

Lui non plus n’était pas entré dans le détail, se contentant de dire que les jugements étaient « nombreux ». Personne n’avait annoncé auparavant l’ouverture de procès. La République islamique entretient une opacité profonde sur l’identité de ces détenus ou le lien de leur rétention.

Les noms de Saad ben Laden, l’un des fils d’Oussama ben Laden, déchu de sa nationalité saoudienne, de l’Egyptien Saïf Al-Adel, numéro trois présumé d’Al-Qaïda, et de Souleimane Abou Ghaïth, porte-parole d’Al-Qaïda, un Koweïtien également déchu de sa nationalité, ont été les plus communément avancés. Il a aussi été question de la présence au moins provisoire en Iran de l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri, bras droit d’Oussama Ben Laden.

Le sujet est éminemment délicat pour l’Iran, constamment accusé par les Etats-Unis de soutenir Al-Qaïda, une des incriminations qui lui ont valu de se retrouver sur « l’axe du mal ».

Il s’en défend âprement, mais son refus obstiné à dévoiler les identités et à coopérer avec les Etats-Unis a entretenu la suspicion américaine.
Confronté aux mises en cause, l’Iran n’a reconnu que progressivement en 2003 avoir arrêté des centaines de membres du réseau depuis l’automne 2001 et l’attaque américaine en Afghanistan. Le chiffre de 500 a été énoncé par des officiels.

L’Iran a aussi reconnu que, s’il avait extradé la plupart d’entre eux vers leur pays d’origine (par exemple le haut responsable Khaled ben Odeh ben Mohammed al-Harbi à l’Arabie saoudite), il en détenait toujours un certain nombre, dont des figures éminentes. Les Affaires étrangères ont cependant nuancé récemment en parlant seulement d’hommes « de rang intermédiaire ».

En juillet, le rapport de la commission d’enquête parlementaire américaine sur les attentats du 11 septembre a suggéré que « 8 à 10 des 14 Saoudiens (qui ont détourné les avions) ont traversé l’Iran entre octobre 2000 et février 2001 ». Le rapport estime que les autorités iraniennes ont fermé les yeux sur leur passage, voire qu’elles l’ont facilité.

Les Américains ont aussi dit avoir intercepté des communications indiquant que les attentats qui avaient fait 35 morts, dont plusieurs Américains, le 12 mai 2003 à Ryad, avaient été dirigés d’Iran par des membres d’Al-Qaïda.

Ces informations avaient mis fin à la reprise d’un dialogue informel entre Téhéran et Washington.

L’Iran fait valoir contre les accusations américaines qu’il a lui-même été victime d’Al-Qaïda et des talibans, dont l’islamisme intégriste sunnite est incompatible avec sa propre vision chiite de l’islam et contre lesquels il a soutenu et armé l’Alliance du Nord du commandant Massoud.

Il a condamné les attaques du 11 septembre. Il a rapporté l’an dernier pour la première fois avoir déjoué des attentats sur son sol. Il objecte aussi la difficulté à contrôler ses immenses frontières. Et il accuse en retour les Américains de donner refuge en Irak aux Moudjahidine du peuple, opposition armée au régime islamique.

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