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Selon une étude française, l’Iran subit l’effet des sanctions sans fléchir sur le nucléaire

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Les montages financiers et les partenariats avec de grands groupes occidentaux – indispensables pour créer une filière de gaz naturel liquéfié – sont rendus très difficiles. L'Iran, qui aurait besoin de 100 milliards de dollars d'investissements étrangers sur dix ans pour devenir exportateur de gaz, accumule les retards. Face à la paralysie des grands projets énergétiques, l'Iran pourrait devenir importateur brut de pétrole brut à l'horizon 2022-2025.

Ce sont là certaines des observations contenues dans une étude menée par des officiels français, à laquelle le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fait référence lors d'une conférence de presse à Paris, le 8 avril, se réjouissant que les sanctions aient un impact.

Mais si les sanctions mordent – les plus percutantes, selon cette étude, sont les mesures financières américaines, qui ont dissuadé les banques occidentales de se lancer dans d'importantes transactions avec Téhéran – leur effet sur la politique nucléaire du régime reste tout relatif. La réorientation espérée par les Occidentaux ne s'est pas produite, en dépit des dommages causés à l'économie.

Concentré sur l'échéance présidentielle de 2009, Mahmoud Ahmadinejad privilégie une approche à court terme. Le régime éprouve un sentiment d'invulnérabilité lié à la manne qu'il continue de tirer de ses exportations énergétiques : celle-ci lui permet de subventionner les produits de base, alors que l'inflation croît (environ 20 %). L'économie iranienne court vers un décrochage par rapport à d'autres pays émergents, notamment au Moyen-Orient, où des programmes de modernisation sont mis en place, mais le régime de Téhéran semble déterminé à ne rien céder face à la pression internationale.

Sa riposte consiste à tenter de contourner les sanctions en utilisant des circuits via des pays tiers (Dubaï est une plate-forme importante), et en s'efforçant de relancer un projet d'"OPEP du gaz" qui lui permet de courtiser la Russie. La Chine, l'Azerbaïdjan, et la Malaisie, seraient d'autres points de contournement des sanctions.

Les responsables iraniens seraient d'autant plus persuadés que les sanctions sont faites pour être contournées qu'ils reçoivent des signaux contradictoires de la part des Occidentaux. L'ambassade d'Allemagne à Téhéran aurait ainsi affiché, devant les autorités, son opposition aux sanctions et sa volonté de poursuivre une politique normale. Les entreprises européennes présentes en Iran cherchent à préserver leurs positions, de peur qu'à l'avenir un compromis diplomatique entre Washington et Téhéran entraîne un retour massif des firmes américaines, qui se ferait à leur détriment.

Après le vote, en mars, d'un troisième volet de sanctions à l'ONU, la France et le Royaume-Uni voudraient maintenant intensifier les mesures coercitives de l'Union européenne (UE). L'idée avait déjà été émise par Paris à l'automne 2007, mais elle n'avait pas rencontré de consensus. Elle devrait resurgir à l'occasion de la présidence française de l'UE.

De source européenne, on indique que les nouvelles mesures envisagées sont de trois ordres. Scénario minimaliste : un rallongement des listes d'entités iraniennes déjà visées par l'ONU. Scénario plus ambitieux : une interdiction des banques iraniennes Melli et Saderat, assortie d'une limitation des crédits à l'exportation. Scénario jugé difficile : des sanctions européennes contre le secteur gazier iranien. Ce dernier point a été évoqué par le premier ministre britannique Gordon Brown, lors d'un récent voyage à Washington. Le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi ne signifie pas pour autant que l'Italie suivra. Il pourrait vouloir ménager les intérêts de la firme énergétique ENI en Iran

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