IranNucléaireIran : les Etats-Unis satisfaits d'avoir nuancé leur politique

Iran : les Etats-Unis satisfaits d’avoir nuancé leur politique

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Même si un règlement du différend nucléaire entre l’Iran et l’Occident ne peut plus être envisagé que sous une prochaine Administration, qu’elle soit dirigée par Barack Obama ou par John McCain, la secrétaire d’État Condoleezza Rice souhaite que, plus tard, il soit dit que la bonne stratégie à l’égard de l’Iran a été lancée par le tandem intellectuel fort qu’elle forma avec George Bush.

Rice a exposé cette stratégie à ses homologues des pays arabes alliés de l’Amérique dans la région du Golfe, lundi à Abu Dhabi. Il s’agit d’offrir à l’Iran, en prenant à témoin le monde entier, un choix très simple : la coopération ou l’isolement. La secrétaire d’État a rappelé lundi le délai de quinze jours qui a été donné à l’Iran pour dire s’il acceptait de geler ses activités d’enrichissement d’uranium afin d’entamer des négociations constructives avec le groupe des six grands pays mandatés par l’ONU sur le dossier (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne).

Samedi à Genève, pour la première fois depuis la découverte en 2002 d’un programme nucléaire iranien qui avait été dissimulé, les États-Unis, qui n’ont plus de relations diplomatiques avec l’Iran depuis 1979, ont pris part aux entretiens avec le négociateur nucléaire iranien.

L’idéologie du «changement de régime» est oubliée

Il y a dix jours, Rice avait obtenu l’aval de Bush pour envoyer l’un de ses adjoints, William Burns, aux entretiens de Genève. Son idée était de montrer, aux Iraniens comme au monde entier, que les États-Unis soutenaient à fond les offres positives et concrètes faites à Téhéran sous l’impulsion des trois membres européens du groupe des six. L’idéologie du «changement de régime» à Téhéran que prônaient le vice-président Dick Cheney et ses amis néoconservateurs est oubliée. L’Occident propose désormais au pouvoir islamique de l’intégrer, politiquement et économiquement, dans la communauté internationale (fin de tout embargo commercial, adhésion aux grandes institutions commerciales et financières internationales, etc.). Mais au cas où l’Iran maintiendrait son programme d’enrichissement d’uranium, Washington demanderait au Conseil de sécurité de voter de nouvelles sanctions. La plus sévère qu’on puisse aujourd’hui envisager serait un embargo sur les produits pétroliers raffinés dont l’Iran est, paradoxalement, grand importateur.

En privé, Condoleezza Rice, comme son collègue Robert Gates, secrétaire à la Défense, se montre opposée à l’idée de bombarder unilatéralement l’Iran, qu’elle juge contre-productive. C’est l’image d’une Amérique ferme, mais non brutale, ouverte à la négociation directe et adepte du multilatéralisme, qu’elle veut laisser dans le panier de «l’héritage». Bref le contraire de l’Amérique de 2002-2003, indifférente à l’avis des autres États et prête à passer en force.

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