IranIran (actualité)Iran: la révolution antimollahs

Iran: la révolution antimollahs

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Le Figaro: Edito par Pierre Rousselin –   Née avec les élections truquées de juin dernier, la contestation iranienne est en train de prendre une ampleur qui menace la survie même du régime des mollahs.
 
Le décès, le 20 décembre, de l’ayatollah réformateur Hossein Ali Montazeri, incarnation du courant religieux progressiste, a donné un second souffle au mouvement de protestation et en a élargi la portée. Il ne s’agit plus de dénoncer tel ou tel dirigeant, mais bien de remettre en cause la légitimité de la République islamique.
 
Avec l’enterrement de l’ayatollah Montazeri, la colère a gagné la ville sainte de Qom, faisant irruption dans les rues de cette cité traditionnelle, pilier du régime clérical.
 
Comme lors de la révolution conduite par l’ayatollah Khomeyni, il y a trois décennies, les manifestations ont acquis leur propre dynamique, épousant le calendrier des fêtes chiites, comme celle, hier, de l’Achoura, dont la célébration ne saurait être interdite.
 
La marée verte n’est plus seulement l’expression d’une classe moyenne frustrée par une direction rétrograde. Elle échappe à ses chefs de file, gagne l’ensemble du pays et ne trouve, pour toute réponse, que la brutalité sans scrupule des forces de sécurité. L’information étant contrôlée, il est difficile de connaître le bilan exact des affrontements.
 
Mais, comme ce fut le cas en juin avec les images de l’agonie de la jeune Neda, la mort de nouveaux « martyrs » ne peut qu’exacerber la révolte populaire. Dans ce pays chiite où le culte des morts est si important, chaque enterrement est l’occasion de braver une fois de plus le pouvoir. Ce phénomène, qui avait tant contribué, il y a trente ans, à la chute du chah, est à nouveau à l’œuvre, cette fois contre les héritiers de Khomeyni.
 
Alors que l’ultimatum fixé par les États-Unis à l’Iran à propos de son programme nucléaire est censé expirer avec la fin de l’année, la contestation intérieure est plus que jamais un élément de l’équation. Les Occidentaux ne semblent pas pressés d’adopter de nouvelles sanctions que ni la Russie ni la Chine ne sont prêtes à soutenir. Il en est peut-être mieux ainsi.
 
Même si le régime islamique, de plus en plus militarisé, fait tout pour en finir avec l’opposition, sa survie n’est plus garantie. Il n’est plus tout à fait impossible que la révolution antimollahs triomphe avant que l’Iran ne parvienne à maîtriser l’arme nucléaire.

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