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Les sanctions occidentales commencent à faire sentir leurs effets sur l’Iran

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AFP: Par Laurent MAILLARD – Vente de pétrole plus compliquée, circuits financiers et commerciaux perturbés, investissements étrangers incertains: le renforcement des sanctions internationales contre l’Iran commence à faire sentir ses effets, constatent les milieux économiques à Téhéran.

Cible principale des sanctions avec le secteur bancaire, l’industrie pétrolière qui rapporte à l’Iran 80% de ses recettes en devises accuse le coup de l’embargo sévère décrété en juillet 2010 contre l’Iran par les Etats-Unis et l’Union européenne, rapidement suivis par la plupart des pays industrialisés.

L’Inde, deuxième client de l’Iran auquel elle achète quelque 12 milliards de dollars de pétrole par an -20% de la production iranienne- se débat depuis fin 2010 dans d’inextricables difficultés pour payer Téhéran en devises, les différents canaux bancaires asiatiques puis européen auxquels elle a eu successivement recours s’étant fermés l’un après l’autre.

L’Iran refusant d’être payé en roupies, l’Inde a accumulé plus de deux milliards de dollars d’arriérés de paiement, et Téhéran lui a lancé fin juin « un avertissement sérieux », selon le vice-ministre du Pétrole Ahmad Ghalebani.

« Cette affaire est emblématique », commente un expert pétrolier occidental à Téhéran. « En raison des tensions sur le marché, l’Iran n’a aucun problème pour vendre son brut, mais il a de plus en plus de mal à se faire payer en devises du fait des sanctions qui ont isolé son système bancaire ».

Pour contourner le problème, certains acheteurs de brut comme le Japon ou la Corée du Sud ont mis en place un système triangulaire: ils utilisent l’argent dû à Téhéran pour régler directement aux sociétés japonaises ou coréennes le montant de leurs exportations vers l’Iran qu’elles ont, elles aussi, du mal à se faire payer du fait de l’embargo bancaire, note-t-il.

Certaines grosses sociétés européennes en affaires avec l’Iran commencent aussi à chercher à se faire payer directement en brut iranien, revendu ensuite sur le marché, affirme-t-il sous couvert de l’anonymat.

« Les lettres de crédit ont quasiment disparu et les transactions se font par des canaux détournés ou en cash, parfois même pour des montants de plusieurs millions de dollars », explique un responsable économique européen à Téhéran.

« Cela complique les circuits, et la Banque centrale, malgré les réserves en devises importantes qu’elle affirme détenir, semble commencer à avoir des problèmes de liquidités », estime-t-il.

En plus, « les compagnies de transport iraniennes, maritimes ou aériennes, sont soumises à des sanctions et leurs cargaisons ne sont plus réassurées internationalement, ce qui est dissuasif pour certains exportateurs », selon lui.

Malgré cela, le commerce extérieur de l’Iran est en hausse grâce à l’explosion des relations avec Pékin et Ankara, ce qui permet à Téhéran de continuer à affirmer que l’embargo occidental pour son programme nucléaire controversé est inefficace.

Des responsables commencent toutefois à reconnaître son impact. Le développement de l’immense champ gazier offshore de South Pars pourrait accuser un retard de plusieurs années, ont admis des membres de la commission parlementaire de l’Energie.

Ils ont incriminé le remplacement des compagnies pétrolières occidentales par les Chinois qui n’auraient pour l’instant réellement investi qu’un milliard de dollars sur 28 mds prévus dans les contrats signés depuis 2006, selon des estimations iraniennes citées par les experts occidentaux.

La presse a fait état fin juin d’un avertissement à la compagnie nationale chinoise CNPC, qui tarderait à honorer un contrat de 4,7 mds USD signé en 2009 pour le développement d’un projet de South Pars abandonné par le français Total du fait des sanctions.

« Nous n’avons pas eu d’autre choix que de recourir à des sous-traitants chinois mais ils semblent incapables de mener les projets à bien », a commenté le porte-parole de la commission parlementaire de l’Energie, Emad Hosseini.

 

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