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De Margerie: à la première occasion on redémarrera les livraisons de Total vers l’Iran

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Christophe de Margerie
Iran Focus : Le PDG de Total Christophe de Margerie a estimé vendredi dernier que l’embargo visant les produits pétroliers à destination de l’Iran, pour forcer Téhéran à abandonner ses ambitions nucléaires, était une « erreur » parce qu’il « touchait » les populations.

« Nous avons décidé de suspendre nos livraisons à l’Iran » en prévision des sanctions adoptées par l’ONU, les Etats-Unis et l’Union européenne (UE), qui doivent être prochainement mises en place, a déclaré de Margerie, qui s’exprimait lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence (sud).

« Mais je maintiens que c’est une erreur. Cet embargo touche les populations, on politise trop de choses aujourd’hui. A la première occasion, on redémarrera » les livraisons, a-t-il poursuivi devant la presse.

Se positionnant en « amis » de la population alors qu’on ne les a jamais entendus s’exprimer sur les exactions dont sont victimes les Iraniens, les apôtres des mollahs cherchent à semer le doute chez les décideurs politiques. Il faudrait avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir qu’il y a peu encore, ces milieux tentaient de donner une image démocratique de la théocratie fascisante.

Christophe de Margerie confiait le 6 novembre 2007 au quotidien Le Monde: « L’Iran est un pays de 65 millions d’habitants. Il a une forme de démocratie et nous avons des liens historiques avec lui. (…) L’Iran rembourse à Total ses investissements antérieurs. Il ne faudrait pas que de nouvelles sanctions l’empêchent d’honorer ses dettes.»

Tout est dit ! Cette exécrable aveux de connivence avec l’une des dictatures les plus sombre du 21e siècle jette la lumière sur les vraies motivations de Total et de ses acolytes dans leurs convoitises des richesses de l’Iran et feignent aujourd’hui s’émouvoir sur les souffrances des Iraniens. 

Les sanctions internationales risquent de déstabiliser dangereusement le pouvoir iranien. Mobilisant ses ressources dans les capitales occidentales, le régime tente de brouiller les cartes sur le bien fondé des sanctions.

Le peuple iranien vit aujourd’hui à 80 % sous le seuil de pauvreté. Hostile à la dictature dans sa très large majorité, il salue tous les coups qui lui sont portés, en l’occurrence des sanctions qui puisse la mettre à genoux. Il est prêt à payer pour cela le prix qu’il faudra.  

À cet égard, il convient de rappeler un fait historique et les circonstances dans lesquelles le chah est tombé en février 1979. Dès le mois d’août 1978, les ouvriers ont pris part aux grandes manifestations. Un peu partout, les salariés s’étaient mis en grève. Par un hiver glacial, la paralysie du secteur pétrolier, à partir du 18 octobre 1978, avait créé une pénurie de fuel dans les maisons. Pourtant, la population soutenait les grévistes, des fonds d’entre-aide s’étaient créés pour encourager le mouvement en dépit des privations qu’il engendrait. On voulait à tout prix voir partir le tyran.

La solution tant à la crise nucléaire qu’à la souffrance du peuple iranien ne pourrait venir que d’un changement de régime par la population. Les sanctions vont très certainement accélérer le processus. 

Maryam Radjavi, la dirigeante de la Résistance iranienne, a salué la semaine dernière à Taverny, lors du rassemblement de dizaines de milliers d’opposants, les nouvelles sanctions: « Toutefois ce que demande le peuple iranien dépasse de loin tout ceci, car les Iraniens veulent que ce régime s’en aille. Nous voulons que tous les contrats d’achat de pétrole et de gaz cessent immédiatement. Quand le pétrole finance les prisons d’Evine et de Kahrizak, pour les Iraniens, il vaut mieux qu’il reste dans les puits. Il vaut mieux que les ressources gazières de l’Iran restent inexploitées, plutôt que de financer les pasdaran. »

 

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