Iran and its NeighboursIrakTentative de sauvetage de l’Irak par les USA

Tentative de sauvetage de l’Irak par les USA

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Paul Harris à New York, Jonathan Steele à Irbil, Irak, et Robert Tait à Téhéran

The Observer, 26 novembre – Cheney demande aux Saoudiens de maîtriser les insurgés sunnites tandis que l’Iran prend de plus en plus de place dans le jeu diplomatique.

Alors que l’Irak est au bord de la guerre civile, hier les diplomates des Etats-Unis et du Moyen Orient se sont engagés dans une série de navettes diplomatiques visant à empêcher l’effondrement de ce pays assiégé.

Fait rarissime, le vice-président américain Dick Cheney a entamé un voyage à l’étranger à Riyad pour des pourparlers avec le roi Abdullah d’Arabie Saoudite, allié proche de l’Amérique. Il a l’intention de s’assurer l’assistance de l’Arabie Saoudite pour calmer la situation en Irak. Par ailleurs, le président irakien, Jalal Talabani, a reporté sa visite en Iran en raison de problèmes de sécurité à l’aéroport de Bagdad. Le voyage doit avoir lieu aujourd’hui.

Ces pourparlers ne constituent que le début d’une série de manœuvres diplomatiques à travers le Moyen Orient. Cette semaine, le président George Bush, va se rendre à une conférence régionale en Jordanie où il va rencontrer plusieurs leaders arabes importants, comme par exemple le Premier ministre irakien Nuri al-Maliki. La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, sera aux côtés de Bush dans ce voyage.

Les dernières violences en Irak, qui ont fait plusieurs centaines de morts parmi les civils dans des attentats à la bombe, poussent un peu plus le pays vers une guerre civile ethnique. Les diplomates occidentaux sont désormais déterminés à tout faire pour mettre fin à ce bain de sang. Cependant, personne ne sait exactement ce qui doit être fait. Pendant sa réunion avec le roi Abdullah, Cheney va tenter d’inciter les Saoudiens à user de leur influence sur les insurgés sunnites en Irak pour stopper les attaques contre la majorité chiite du pays. Il désire également que cette nation riche en pétrole accorde plus de fonds aux projets de reconstruction irakiens, qui ont ralenti en raison de la violence quotidienne.

Un des problèmes alimentant les troubles en Irak est que celui-ci est devenu l’endroit où ses voisins exercent leur influence. Les hommes politiques chiites irakiens et leurs puissantes milices sont de plus en plus sous l’emprise de l’Iran. En faisant étalage de sa force sur la scène mondiale, l’Iran élabore son propre plan diplomatique en Irak. Le sommet attendu entre l’Iran et l’Irak auquel Talabani doit assister fait partie de ce processus et pourrait présager un autre meeting entre l’Irak, la Syrie et l’Iran qui a de grandes choses de froisser les Etats-Unis.

Mais une telle réunion est résolument nécessaire pour le gouvernement irakien puisque l’Iran et la Syrie ont tous deux des liens étroits avec les groupes violents dans le pays. Talabani se rend en Iran avec l’espoir de faire promettre à celui-ci que son conflit nucléaire avec les USA et son antagonisme envers Israël ne se manifestera pas sur le sol irakien. « Nous espérons que l’Iran ne se servira pas de l’Irak dans son conflit avec l’Amérique. L’Iran peut jouer un rôle positif majeur pour sécuriser l’Irak », a déclaré le porte-parole de Talabani, Kamran Qaradaghi.

Cependant, l’Iran semble déjà user de son influence en Irak pour contrarier les efforts de paix de l’Amérique en Jordanie. Le dignitaire religieux chiite agitateur Moqtada al-Sadr, proche de l’Iran et aux commandes d’une milice puissante en Irak, a affirmé qu’il quitterait la coalition au pouvoir si Maliki rencontrait Bush. Cette initiative pourrait déclencher la chute du fragile gouvernement de Maliki. Par ailleurs, il serait difficile pour Maliki d’ignorer Bush, qui a ajouté le sommet jordanien à son emploi du temps à la dernière minute à la suite des violences en Irak.

L’Iran a adopté une position agressive peu avant l’arrivée de Talabani. Gholamali Haddad-Adel, président du parlement d’Iran, a reproché aux USA de provoquer l’animosité entre les sectes religieuses d’Irak. Plusieurs journaux ont accusé les Etats-Unis de « ne rien faire » pendant que les cibles chiites étaient attaquées. L’agence de presse semi-officielle Mehr a déclaré que les effusions de sang récentes avaient pour objectif de nuire à la visite de Talabani : « Les forces d’occupation américaines observent passivement ces crimes et ne font rien ».

En Irak, il n’y a aucun signe d’apaisement des violences. En réponse à l’attentat à la bombe meurtrier jeudi dernier dans un marché, les milices chiites ont lancé des attaques en représailles dans des quartiers sunnites. Les forces américaines se sont également mêlées à ce combat et auraient tué hier 22 insurgés.

Toutefois, parallèlement à l’intensification de la violence, un nouvel élan national américain visant à mettre un terme au conflit en Irak est né. La victoire des démocrates dans les élections de mi-mandat a été amenée en grande partie grâce à l’opposition à cette guerre et transmet clairement l’idée que poursuivre le conflit en Irak est dangereux, même si le retrait des forces signifie la chute de l’Irak.

L’Irak n’est pas le seul sujet abordé dans les derniers pourparlers diplomatiques sur le Moyen Orient. Le Liban, qui se remet du choc de l’assassinat de son très populaire ministre de l’Intérieur chrétien, est également à l’ordre du jour. Les mêmes acteurs se retrouvent sur scène, la Syrie et l’Iran soutenant le Hezbollah chiite et l’Occident soutenant le gouvernement libanais.

Par ailleurs, de vives protestations ont été émises dans les territoires palestiniens, après que les USA aient mis leur veto au projet de résolution de l’ONU condamnant le bombardement par Israël d’une maison à Gaza ayant fait 18 morts.

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