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M. Bush invoque le spectre d’un « holocauste nucléaire » iranien en cas de retrait américain d’Irak

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Le Monde, 29 août – Par Philippe Bolopion – Soucieux de contrer les appels à un retrait des 160000 soldats américains stationnés en Irak, le président américain George Bush a agité, mardi 28 août, le spectre d’un « holocauste nucléaire » iranien. « Enhardis de savoir qu’ils ont forcé l’Amérique à battre en retraite », a prévenu M. Bush, « l’extrémisme sunnite, incarné par Al-Qaida » et « l’extrémisme chiite, soutenu par Téhéran », risqueraient, selon lui, de déferler sur le Proche-Orient, mettant « en danger le monde civilisé ». La vision confiante d’un Irak démocratique, rayonnant dans la région, a laissé place, dans le discours présidentiel, à des images de chaos.

Face à des anciens combattants, à Reno (Nevada), George Bush a estimé qu’un retrait d’Irak conduirait l’Iran à conclure que les Etats-Unis sont « faibles » et « ne pourraient pas les empêcher de se procurer des armes nucléaires ». Or, ces armes feraient « planer la menace d’un holocauste nucléaire sur une région déjà connue pour son instabilité », estime-t-il, promettant de faire « face à ce danger avant qu’il soit trop tard ».

Le président américain a monté le ton d’un cran. L’Iran est, selon lui, le « premier Etat du monde en matière de soutien au terrorisme » et « envoie des armes aux talibans en Afghanistan », appuie le Hezbollah libanais contre le gouvernement démocratique, ou encore soutient le Hamas palestinien qui « assassine des innocents ». Les Gardiens de la révolution iranienne arment aussi, selon le président américain, les « extrémistes chiites » qui attaquent les troupes américaines, désormais autorisées à « faire face aux activités meurtrières de Téhéran ».

Quelques heures auparavant, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait donné corps à certaines des menaces évoquées par George Bush. Le président iranien qui, en 2005, avait estimé qu’Israël devrait être « rayé de la carte », a renouvelé ses attaques contre les « sionistes », « un parti souterrain qui a l’argent et les médias ».
Bien que Téhéran soit en violation des résolutions du Conseil de sécurité, le président iranien, qui nie toute aspiration à l’arme atomique, estime que « la question du dossier nucléaire iranien est close ». « Aujourd’hui, l’Iran est un Iran nucléaire » qui maîtrise l’enrichissement de l’uranium, a-t-il affirmé.

« Ceux qui sont venus [en Irak »> pour augmenter leur puissance sont en train de la perdre », a poursuivi le dirigeant iranien, qui a prédit qu’il y aurait bientôt « un vide dans la région » qu’il s’est offert de « combler, avec l’aide d’amis voisins et de la nation irakienne ».

Interrogé sur les propos de Nicolas Sarkozy, qui avait évoqué un éventuel – mais « catastrophique » – bombardement de l’Iran, M. Ahmadinejad a répliqué que le président français manquait « d’expérience, ce qui veut dire que, peut-être, il ne comprend pas vraiment le sens de ce qu’il dit ».

SECOND DISCOURS EN SEPT JOURS

Alors que le Congrès américain s’apprête à examiner, à partir du 10 septembre, les résultats de la stratégie présidentielle, qui a consisté à envoyer 30000hommes de plus en Irak, le président Bush a enjoint « ceux qui se demandent si le combat en cours en vaut la peine » de considérer l’alternative, telle qu’il la présente : un Proche-Orient offrant des « sauf-conduits » aux terroristes, lesquels contrôleraient « une part clé des ressources énergétiques » et pourraient « prendre en otage » l’économie mondiale ou utiliser des milliards de dollars de revenus pour acheter des armes.

George Bush répète que sa « nouvelle stratégie produit des résultats en matière de sécurité ». Il reconnaît que, sur le front politique, les exigences de progrès formulées par le Congrès n’ont pas été satisfaites, mais demande plus de temps. Le président américain, dont c’est le second discours sur ce thème en sept jours, a bénéficié d’une couverture de presse cette fois plus réduite et résolument sceptique.
« Le président continue à poursuivre obstinément une stratégie défectueuse qui a embourbé nos troupes dans une guerre civile en Irak et a diverti notre attention, tandis qu’Oussama Ben Laden et Al-Qaida se renforcent », a pour sa part déclaré le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid. Ces dernières semaines, plusieurs ténors républicains ont également appelé l’administration Bush à reconsidérer sa stratégie.

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