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Bagdad tente de concilier alliance avec les Etats-Unis et lien avec l’Iran

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Les forces d’occupation étrangères qui interfèrent dans les affaires irakiennes avec leur puissance militaire, particulièrement celle de l’Amérique, constituent le principal obstacle au progrès, à la prospérité et à l’unité de l’Irak", a souligné Ali Khamenei, Guide suprême de l’Iran, avant même que M. Maliki ne regagne Bagdad lundi soir. Pour l’ayatollah iranien, "le rêve de l’Amérique en Irak ne se réalisera pas".

M. Maliki, qui a rencontré non seulement le Guide mais aussi tous les dirigeants iraniens d’importance durant les trois jours de sa visite, a eu beau répéter qu’"en aucun cas l’Irak ne servira de tremplin à une offensive contre l’Iran" – assurance réitérée lundi de Washington par un porte-parole du Pentagone -, il s’est vu fermement invité par le Guide à "réfléchir à une solution" visant à "libérer" son pays "de la présence américaine" plutôt que d’essayer de s’en accommoder.

M. Maliki a deux problèmes principaux : même si l’armée irakienne devient chaque jour plus efficace dans sa lutte contre les rebelles, chiites et sunnites, elle est encore loin, de l’avis général, d’être en mesure de se passer des 151 000 soldats américains présents sur le terrain avec des forces aériennes et des équipements sophistiqués dont elle est elle-même démunie ; et l’administration Bush, qui, à l’instar de Téhéran, soutient l’actuel chef du gouvernement, dispose de sérieux moyens de pression, politiques et financiers, pour obtenir ce qu’elle désire.

Deux accords, que le président George Bush souhaite voir signés avant la fin du mois de juillet, ce qui paraît impossible à beaucoup d’élus irakiens, sont en discussion. Le premier est un "Statut des forces", inspiré de ceux conclus au lendemain de la seconde guerre mondiale avec l’Allemagne ou le Japon, pour légaliser la présence de l’armée américaine au-delà du 31 décembre. Aucun chiffre quant à l’ampleur du corps expéditionnaire qui serait maintenu par la suite n’est cité, mais il serait question de plusieurs dizaines de milliers de soldats et de plusieurs dizaines de bases militaires.

Dans la quatrième version, théoriquement "confidentielle" du projet, présentée dimanche à des élus irakiens qui l’ont fait aussitôt "fuiter" à la presse, les Américains veulent garder la possibilité de mener des offensives militaires intérieures sans avoir à en référer au gouvernement irakien. Ils demandent à conserver la maîtrise de l’espace aérien irakien "jusqu’à 29 000 pieds". Ils veulent, pour leurs soldats comme pour leurs "contractuels", mercenaires armés et civils divers (entrepreneurs, pétroliers, conseillers, etc.), qui sont aujourd’hui autour de 50 000, une immunité totale vis-à-vis des lois du pays.

Ils demandent aussi l’autorisation de poursuivre leurs opérations de police contre les Irakiens qui leur semblent suspects, mais, dans la dernière version du texte, ils accepteraient de transférer tous leurs détenus dans des geôles irakiennes. L’armée américaine détient présentement quelque 20 000 citoyens irakiens.

Pour beaucoup d’élus, jusque et y compris dans la majorité parlementaire qui soutient le premier ministre Maliki, cette situation est "intolérable" et les exigences de Washington "inacceptables".

Le second texte en discussion, plus flou, plus secret et de nature éminemment stratégique, est un "accord cadre de coopération bilatérale" dans les domaines "politique, économique, culturel et sécuritaire" d’une durée initiale de dix ans, étant entendu, a précisé l’ambassadeur américain à Bagdad, que celui-ci "pourrait être révoqué" avant son terme par l’une ou l’autre partie.

Selon la "déclaration de principes" signée en décembre 2007 par M. Maliki et M. Bush, cet accord inclurait "des garanties de sécurité pour la République d’Irak en cas d’agression étrangère, d’atteinte ou de menace contre la souveraineté et l’intégrité de ses territoires, ses eaux, son espace aérien".

Pour beaucoup d’élus américains au Congrès, à commencer par Hillary Clinton ou Edward Kennedy, qui accusent M. Bush de vouloir "lier les mains de son successeur" avant la fin de son mandat en janvier 2009, cet accord constituerait "un traité de défense" en bonne et due forme qui devrait être soumis à un vote des élus.

"Pas du tout", réplique l’administration, pour qui il s’agirait d’un simple "document politique, sans obligations spécifiques" pour l’Amérique. Donc sans vote à la Chambre des représentants et au Sénat.

A Bagdad, où l’on a, semble-t-il, pas la même interprétation, les deux accords, a promis M. Maliki, seront soumis au Parlement. "Insuffisant" pour beaucoup d’élus nationalistes, sunnites et chiites, qui, à l’instar de Moqtada Al-Sadr, le prêcheur radical chiite qui a mené avec sa milice deux offensives armées contre les soldats américains, réclament un référendum populaire.

Pour appuyer sa revendication, le chef politico-religieux, qui a 30 élus (sur 275) au Parlement, a appelé ses fidèles à manifester chaque vendredi jusqu’à obtenir satisfaction. La semaine passée, plusieurs milliers de chiites ont obéi et sont descendus dans les rues de Bagdad et d’ailleurs pour protester.

Incidemment, Moqtada Al-Sadr vit depuis plus d’un an dans la ville sainte chiite de Qom, près de Téhéran.

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