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IRAN : Énième faux procès pour Ali Moezzi, accusé malade, persécuté par le régime des mollahs

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IRAN : Énième faux procès pour Ali Moezzi, accusé malade, persécuté par le régime des mollahs

Cela fait maintenant plus de 30 ans que la « justice » iranienne poursuit de ses assiduités Ali Moezzi, un homme âgé aujourd’hui très malade, que le régime refuse de faire sortir de ses geôles. Depuis son retour en prison en 2008, après un premier emprisonnement dans les années 1980, ce sympathisant de l’OMPI (Organisation des Moudjahidines du Peuple Iranien) et défenseur des droits de l’homme a subi un nombre aberrant de faux procès et endure quotidiennement la torture physique et psychologique de ceux qui ont décidé que quoi qu’il arrive, il finirait ses jours en prison. Aujourd’hui, alors que l’Iran, dont le régime se sent légitimé par les accords nucléaires récemment conclus avec les puissances mondiales, connaît une vague d’exécutions sans précédents, M. Moezzi risque une condamnation à mort.

Le cauchemar d’Ali Moezzi a commencé dans les années 80, où il a été arrêté et emprisonné en tant qu’opposant politique tandis que son propre frère était exécuté, et où il a subi des tortures dont il porte les séquelles irrémédiables, notamment aux reins. En 2008, il a été arrêté à nouveau et condamné à deux ans de prison pour avoir rendu visite à ses deux fils au Camp Achraf en Irak. Quelques mois à peine après la libération, il « retournait à la case départ » pour l’unique raison qu’il avait assisté aux funérailles d’un membre de l’OMPI – lui-même sévèrement torturé par la dictature religieuse-. En mai 2015, à quelques mois de sa libération, un simulacre de procès l’a mené à une nouvelle condamnation d’un an d’emprisonnement, pour mettre à exécution les menaces proférées contre lui : « Nous allons te tuer à petit feu en prison. Tu ne dois pas sortir vivant d’ici. »

Ces dernières années, il a dû vivre dans les souffrances que lui causaient la maladie, les passages à tabac, et les conditions de vie inhumaines qui lui ont été infligées. Dès 2008, il a passé sept mois en isolement cellulaire dans un secteur sécurisé de la prison d’Evin. Son arrestation le 15 juin 2011 a eu lieu alors qu’il venait juste d’être opéré pour un cancer. Souffrant de graves problèmes aux reins et aux intestins, il a été victime de plusieurs malaises : alors qu’il a été « soigné » enchaîné pieds et mains à un lit d’hôpital après une perte de connaissance le 30 septembre 2014, un second malaise quelques jours plus tard ne lui a valu qu’un transfert de la prison de Karaj à la prison d’Evin.

Alors qu’il purgeait sa troisième peine, il était envoyé à l’isolement chaque fois qu’il refusait de comparaître à des simulacres de procès, lors desquels étaient prononcées contre lui des accusations fallacieuses. Le 4 mai 2015, il a été traîné de force dans un tribunal qu’il a qualifié d’ « illégal » et d’ « illégitime ». À l’occasion de ce nouveau procès, son avocat n’avait même pas été autorisé à consulter son dossier, ni même à défendre son client. Pour forcer M. Moezzi à se rendre au tribunal, les pasdaran l’ont violemment battu, jusqu’à lui ouvrir le crâne.

C’est ainsi qu’a vécu, ou plutôt survécu, Ali Moezzi ces sept dernières années. La somme de ses souffrances personnelles ne l’a pas empêché, le 1 septembre dernier, de penser à ceux qui comme lui défendent la liberté, en écrivant un message émouvant pour commémorer le deuxième anniversaire du massacre d’Achraf, qui a fait 52 morts dans les rangs de l’OMPI en 2013. À cette occasion, M. Moezzi a fait l’éloge de ceux qu’il appelle les « martyrs » et qui se battent pour la « liberté », la « démocratie » et « les droits inaliénables du peuple iranien », avec un dévouement qui constitue un véritable « appel à la résistance ».

Aujourd’hui, il subit un énième faux-procès, dans lequel il est accusé de « propagande contre le régime » par le juge islamiste Moqissa, qui s’appuie sur de fausses accusations auxquelles M. Moezzi a évidemment refusé de répondre.

Dans sa lettre du 1er septembre, M. Moezzi dénonce l’ « attitude irresponsable des instances internationales ». L’occasion de rappeler que le CNRI (Conseil National de la Résistance Iranienne) a multiplié les appels aux institutions des Droits de l’Homme depuis 2009. Aujourd’hui, M. Moezzi fait plus que jamais face aux menaces des tortionnaires du régime, et il encourt la peine de mort : vu l’urgence de la situation, la Résistance Iranienne réitère ses aux organes des Droits de l’Homme, au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, au Rapporteur spécial sur la situation des droits humains en Iran, et au Rapporteur spécial chargé de la torture, pour condamner le processus judiciaire iranien, y compris les procès arbitraires, et pour prendre des mesures immédiates pour assurer la libération du d’Ali Moezzi.

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