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Iran : l’OMPI continue de lutter contre la désinformation devant les tribunaux allemands

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Iran : l'OMPI continue de lutter contre la désinformation devant les tribunaux allemands

Jubin Katiraie

Une action en justice contre le quotidien Frankfurter Allgemeiner Zeitung a été reçue par un tribunal allemand, permettant au groupe d’opposition iranien des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) de remporter une autre victoire judiciaire dans sa lutte permanente contre la désinformation à motivation politique. Le Conseil national de la Résistance iranienne a déposé une plainte en réponse à un article daté du 13 mai intitulé « Le diable doit vivre à Tirana».

Achraf 3 est une petite cité construite après la réinstallation des membres de l’OMPI en Albanie conformément à un accord international négocié avec l’aide des Nations Unies et des États-Unis. L’article du FAZ a pris note de cet accord mais a ajouté l’affirmation non étayée selon laquelle l’Arabie saoudite avait également aidé à installer les membres de l’OMPI en Europe.

Avant l’occupation américaine de l’Irak, l’OMPI y avait un quartier général au camp d’Achraf. Plus tard, en 2012, la plupart de ses habitants ont été transférés au camp Liberty, en attendant leur réinstallation permanente en Albanie ou d’autres pays hôtes sûrs. Entre-temps, les dissidents iraniens ont subi plusieurs attaques, ainsi qu’un blocus médical meurtrier qui ont fait des dizaines de morts. La réinstallation s’est achevée en 2016 et la plupart des «Achrafiens» ont élu domicile dans le nouveau complexe albanais l’année suivante.

Les allégations d’implication saoudienne dans ce processus font parties des mensonges récurrentes du régime iranien. En plus des affabulations telles que l’OMPI serait une « secte dépourvue de soutien dans le pays », Téhéran a également tendance à dépeindre l’organisation comme étant financée par les «ennemis» étrangers du régime clérical. Cependant, ce récit n’est pas cohérent sur l’identité de ces ennemis et sur la nature de leur soutien. Selon les circonstances, les déclarations publiques de Téhéran peuvent lier l’OMPI à l’Arabie saoudite ou à Israël, ainsi qu’aux États-Unis, à la Russie ou au Royaume-Uni…

En janvier 2018, par exemple, le régime a réuni toutes ces allégations en une seule, dans le cadre d’un effort pour discréditer le rôle de premier plan de l’OMPI dans le soulèvement national. Le guide suprême des mollahs, Ali Khamenei, a insisté sur le fait que ce soulèvement avait été provoqué par un « triangle d’ennemis » composé du principal rival arabe de Téhéran, l’Occident et l’OMPI comme agents sur le terrain. Mais comme d’habitude, aucune preuve n’a été présentée.

L’absence de tels éléments de preuve a été effectivement réaffirmée par le jugement rendu dans l’affaire du CNRI contre FAZ. Sa référence au soutien saoudien était l’une des trois revendications de l’article du 13 mai qui a été ordonné d’être supprimé sous peine d’amendes pouvant atteindre 250 000 euros chacune si elles étaient répétées dans des publications ultérieures.

Les deux autres allégations qui ont été contestées avec succès concernaient le traitement supposé subi par les membres de l’OMPI à d’Achraf 3. L’article alléguait que certaines de ces personnes avaient été soumises à des tortures physiques et psychologiques et que les habitants n’étaient pas autorisés à être en contact avec leur famille.

Le procès du CNRI était étayé par des documents démontrant à la fois la fausseté de ces allégations et l’origine douteuse des allégations. L’OMPI et le CNRI affirment depuis longtemps que les informations diffamatoires peuvent très souvent être remontées au ministère iranien du Renseignement (VEVAK) et que les reportages négatifs des médias sur le camp d’Achraf sont des répétitions délibérées de cette propagande.

Le FAZ n’est pas le premier journal de ce type à être poursuivi en justice en Allemagne ces dernières années. En février 2019, Der Spiegel a publié un article intitulé «Prisonniers de leur propre révolution», qui mystifiait de manière Achraf 3 et répétait les mêmes allégations non fondées concernant les mauvais traitements infligés aux habitants habitants. Le mois suivant, un juge de Hambourg a condamné le magazine d’une amende de 250 000 euros en cas de récidive.

Alors que les accusations contre l’OMPI qui ont paru dans Der Spiegel et Frankfurter Allgemeiner Zeitung semblent provenir d’agents du VEVAK, il y a eu des cas où des allégations ont été publiées dans les médias internationaux sous la signature de ces mêmes agents. Massoud Khodabandeh et sa femme d’origine britannique Anne Singleton, par exemple, ont continué à être identifiés dans certaines publications comme des « experts impartiaux » sur l’Iran malgré leurs associations avérées avec les autorités du régime et leur entreprise de diffamation de l’OMPI.

Contexte :

Après la publication de cet article sur FAZ.net, le bureau de représentation allemand du CNRI a pris contact avec la rédaction du journal et a fourni des documents réfutant ses allégations par écrit. Mais le journal n’a supprimé que trois erreurs flagrantes, tout en conservant les allégations ci-dessus. Le CNRI a donc déposé une plainte contre FAZ.

Il convient de noter que le 21 mars 2019, le tribunal de Hambourg a émis une injonction, ordonnant au magazine allemand Der Spiegel de retirer deux allégations diffamatoires similaires dans son numéro du 16 février 2019 contre l’OMPI et ses membres en Albanie et de ne pas les répéter. Selon cette décision, tout comme dans l’affaire de FAZ, Der Spiegel a été menacé d’une amende pouvant atteindre 250 000 euros ou d’une peine de prison de six mois pour chaque infraction. Der Spiegel a retiré les parties concernées de la version pdf du magazine sur ses sites Internet allemand et anglais.

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