Le mercredi 17 septembre au matin, Babak Shahbazi, prisonnier politique de 44 ans et père de deux enfants, a été exécuté à la prison de Ghezel Hesar. Il travaillait comme installateur et réparateur de climatiseurs. Arrêté en janvier 2024, il a comparu devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati, après des mois d’interrogatoire et de fortes pressions. En mai 2025, le tribunal l’a condamné à mort pour « corruption sur terre » et « espionnage au profit d’Israël ».
La famille de Shahbazi a qualifié à plusieurs reprises ces accusations de « ridicules et sans fondement ». Selon elle, lors du procès, il a été affirmé qu’il avait été formé par Israël à l’utilisation d’un logiciel de bureautique simple comme Microsoft Word. Cette affirmation, accueillie avec scepticisme et incrédulité par le public, a clairement démontré l’absence de tout fondement juridique ou logique.
Manifestation des codétenus de Babak Shahbazi contre son exécution
Selon les derniers rapports de la prison de Ghezel Hesar, les codétenus de Babak Shahbazi ont organisé un sit-in devant le bureau du chef de l’unité 4 dès son transfert jusqu’à tard dans la nuit de mardi. Slogans et protestations incessants, ils ont exprimé leur opposition au transfert de Babak Shahbazi pour exécution. Le sit-in a duré plusieurs heures, créant une atmosphère tendue et alarmante dans le quartier. Selon des sources bien informées, ses codétenus ont insisté sur le fait que l’exécution de Babak Shahbazi était injuste et violait les principes les plus fondamentaux des droits humains, et qu’elle devait être immédiatement interrompue.
Procédure judiciaire ambiguë
Dès le début, le procès de Babak Shahbazi a été entaché de violations du droit à un procès équitable. Sa troisième demande de révision devant la Cour suprême a également été rejetée comme irrecevable par la 29e chambre. La décision stipulait que ses avocats, Milad Panahipour et Mohammad Saleh Noghrekhar, n’avaient pas joint les documents nécessaires, tels que les décisions rendues par le Tribunal révolutionnaire et la Cour suprême. Les juges ont argué que « les écrits des avocats susmentionnés manquent de preuves et ne peuvent servir de base à un jugement religieux et juridique. Par conséquent, dans les conditions actuelles, le dossier est incomplet et irrecevable ».
Cette décision a été signée par le chef de la chambre, Abbasali Alizadeh, et son conseiller, Reza Hatami. Les critiques ont souligné que le Tribunal révolutionnaire, sous la direction du juge Abolghassem Salavati, ne communique jamais l’original du jugement à l’accusé ni à ses avocats et n’en autorise que des copies limitées. Par conséquent, invoquer l’absence de documents joints est juridiquement inacceptable.
Exécution silencieuse
Avec cette décision, la condamnation à mort de Shahbazi est devenue définitive, et le risque de son exécution a fortement augmenté ces dernières semaines. Des sources bien informées ont rapporté qu’il avait été extrait à plusieurs reprises de son quartier sous prétexte d’être transféré au ministère du Renseignement, mais qu’il avait en réalité été placé en cellule d’exécution. Finalement, mercredi matin, son exécution à la prison de Ghezel Hesar a été confirmée.
Ambigüités juridiques et contradictions flagrantes
L’affaire Babak Shahbazi a suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique et des milieux des droits humains. Nombreux sont ceux qui ont qualifié ce jugement de « symbole d’injustice au sein du système judiciaire iranien » et d’exemple flagrant de l’utilisation d’accusations d’espionnage comme moyen de réprimer les citoyens. Les critiques ont qualifié ce jugement de « ridicule et illogique ». Ils ont souligné que le Tribunal révolutionnaire, présidé par le juge Salavati, ne transmettait jamais le verdict original à l’accusé ni à ses avocats, n’autorisant qu’une copie limitée. Ainsi, l’invocation par la Cour suprême de l’« absence de pièces jointes » est juridiquement dénuée de tout fondement et met en évidence le manque de transparence du processus judiciaire.
Ces ambiguïtés ont une fois de plus soulevé de sérieuses questions quant à l’indépendance du pouvoir judiciaire et à son engagement en faveur d’un procès équitable.
Parallèlement, des informations ont circulé selon lesquelles Babak Shahbazi avait été sorti de son quartier quelques heures avant l’annonce de ce jugement, sous prétexte d’être envoyé au ministère du Renseignement. Lorsque sa famille s’est rendue à la prison, l’agent de sécurité lui a indiqué que sa sortie n’avait pas été enregistrée et qu’il se trouvait toujours en prison.

