Alors que l’accès public à Internet en Iran est soumis à de fortes restrictions, la question de l’« Internet Pro » est devenue un sujet majeur de débat. Ce type d’accès privilégié, destiné à certains groupes et institutions, a suscité de vives réactions. Dans ce contexte, l’Ordre des infirmières (l’organisation professionnelle représentant les infirmières en Iran) a pris une position différente et a rejeté le recours à ce privilège.
Selon un rapport publié le 26 avril, l’Ordre des infirmières, qui compte environ 300 000 membres, s’est officiellement opposé à l’Internet Pro. Ahmad Nejatian, son président, a déclaré que les infirmières ne se considèrent pas comme faisant partie intégrante du public et ne recherchent aucun privilège particulier.
L’Internet Pro et les protestations
L’Internet Pro a été introduit comme un nouveau modèle d’accès au réseau mondial. Plutôt que de privilégier la vitesse, il met l’accent sur la stabilité de la connexion et un accès moins restreint à certains services internationaux. L’accès à l’Internet Pro est principalement destiné à des groupes tels que les entreprises, les sociétés technologiques et certaines institutions professionnelles.
⚖️ #Iran's internet blackout has now entered its 59th day after 1392 hours of near-total disconnection from the outside world.
The prolonged shutdown continues to cast a veil of digital darkness over human rights violations on the ground. pic.twitter.com/HN6m3FxPfV
— NetBlocks (@netblocks) April 27, 2026
L’obtention de ce service nécessite la vérification de l’identité professionnelle et le respect de procédures administratives. Les utilisateurs doivent également s’acquitter de frais supplémentaires. Bien que cette option soit accessible à certains, le grand public continue de subir d’importantes restrictions d’accès à Internet. Cette inégalité d’accès est devenue l’un des principaux points de contestation contre Pro Internet.
Dans sa déclaration officielle, l’Ordre des infirmiers a annoncé que, malgré son accès à Pro Internet, il n’utilisera pas ce service tant que l’accès généralisé ne sera pas rétabli. Ahmad Nejatian a affirmé qu’Internet est un outil essentiel à la vie quotidienne de tous et devrait être accessible à chacun sans discrimination.
Il a souligné que cette décision a été prise après examen par le conseil d’administration de l’Ordre. Selon lui, tant que d’autres segments de la société n’auront pas accès à un Internet libre, les infirmiers ne formuleront aucune demande particulière. Cette position a été adoptée alors que les restrictions d’Internet ont engendré des dommages économiques considérables. On estime que les coupures ou interruptions d’Internet ont infligé des pertes quotidiennes de 30 à 50 billions de rials à l’économie. De plus, une partie des employés des entreprises numériques est menacée de chômage.
Le refus par l’Ordre des infirmières et infirmiers d’instaurer un accès internet à plusieurs niveaux a été présenté comme un exemple de protestation contre l’inégalité d’accès à internet. Cette décision intervient alors que les restrictions de communication persistent et que le débat sur l’équité d’accès à internet est devenu un enjeu majeur de société.

