Pour la 119e semaine de la campagne « des mardis contre les executions », des prisonniers politiques incarcérés dans 56 prisons à travers l’Iran ont de nouveau entamé une grève de la faim le mardi 5 mai, malgré les pressions sécuritaires et les restrictions importantes imposées. Cette action de protestation intervient alors que les autorités pénitentiaires ont tenté, ces dernières semaines, d’empêcher les détenus de participer à la campagne par des menaces, des pressions et des restrictions supplémentaires.
Selon des informations publiées, les autorités pénitentiaires ont utilisé des mesures telles que des menaces de transfert en isolement, la coupure des communications téléphoniques, le refus des visites et le renforcement des restrictions pour tenter de mettre fin à la grève de la faim. Néanmoins, les prisonniers politiques, malgré ces pressions, ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur protestation contre la peine de mort et les politiques carcérales répressives.
Les prisonniers politiques participant à la campagne ont également publié une déclaration cette semaine concernant la grève de la faim.
Déclaration complète de la campagne « des mardis contre les executions »:
L’augmentation des exécutions est la conséquence de la soumission du pouvoir judiciaire au ministère du Renseignement, à l’Organisation du renseignement des Gardiens de la révolution islamique et au Conseil de coordination du renseignement du pays.
Poursuite de la campagne « des mardis contre les executions » pour sa 119e semaine dans 56 prisons différentes.
La dictature au pouvoir en Iran a brutalement exécuté la semaine dernière Sasan Azadvar, prisonnier politique et champion de karaté de 21 ans, ainsi que trois autres prisonniers du soulèvement de janvier 2026 à Mashhad : Mehdi Rasouli, Mohammadreza Miri et Ebrahim Dolatabadi, et Mehrab Abdollahzadeh, prisonnier du soulèvement de 2022, à Urmia. Le régime a également pendu deux prisonniers kurdes, Nasser Bakrzadeh et Yaghoub Karimpour, pour espionnage. L’exécution de prisonniers ne se limite pas aux prisonniers politiques ; la semaine dernière, le nombre d’exécutions de personnes inculpées pour d’autres motifs a également augmenté.
De nombreux prisonniers et détenus impliqués dans les récentes manifestations restent menacés d’exécution, notamment des personnes comme Erfan Amiri, Matin Mohammadi, Ehsan Hosseinipour Hessarloo, Maryam Hedavandmiri, Mohammad Abbasi, Saeid Zarei Kordshouli, Hamidreza Fathi, Abdolreza Fathi, Hamidreza Sabet-Ray et Mohammadreza Tabari, récemment condamnés à mort. Par ailleurs, le pouvoir judiciaire du régime iranien a rejeté la demande de nouveau procès de Peyman Farah Avar, prisonnier politique détenu à la prison de Lakan à Rasht, mettant ainsi sa vie en danger.
Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, chef du pouvoir judiciaire du régime iranien, s’en est pris la semaine dernière aux opposants aux exécutions et a menacé les jeunes et les opposants au gouvernement de nouvelles exécutions, intensifiant ainsi la répression des manifestations et, de fait, l’exécution des prisonniers.
Alors que la résistance contre les peines de mort d’un autre âge se poursuit, plusieurs militantes du mouvement « des mardis contre les executions » dans le quartier des femmes de la prison d’Evin, qui avaient scandé mardi dernier « Non aux exécutions » et « Mort au dictateur » dans la cour de la prison, se sont vues refuser les visites et tout contact téléphonique.
Il est clair pour tous que la politique de répression, d’emprisonnement et d’exécution ne peut empêcher le soulèvement et la révolte du peuple contre le pouvoir en place. Un gouvernement qui a perdu sa légitimité auprès du peuple ne résoudra pas sa crise par la répression et les exécutions.
Nous, membres de la campagne « des mardis contre les executions », appelons toutes les consciences éveillées et les opposants aux exécutions, les organisations de défense des droits humains et la communauté internationale à agir immédiatement et efficacement pour sauver la vie des prisonniers politiques et non politiques en Iran.
Pour la 119e semaine de la campagne « des mardis contre les executions », des participants de 56 prisons à travers l’Iran observent une grève de la faim ce mardi 5 mai.

