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Enfants d’Iran : les victimes silencieuses de la guerre

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Les enfants n’analysent pas la guerre ; ils la vivent principalement sur le plan émotionnel. Autrement dit, ce que les adultes perçoivent comme un événement extérieur devient pour l’enfant un sentiment intérieur, souvent un sentiment d’insécurité. En psychologie, il existe un concept appelé « confiance fondamentale », qui renvoie à la conviction profonde de l’enfant que le monde est prévisible et sûr en temps normal. En temps de guerre, cette confiance est gravement ébranlée.

Les bruits d’explosions, les images violentes, et même l’anxiété des parents transmettent implicitement à l’enfant le message que le danger existe, même s’il n’en comprend pas pleinement la source. Que ce soit par la répétition ou l’intensité, cette expérience peut ancrer la peur dans l’esprit de l’enfant et l’intégrer à son quotidien, un phénomène connu en psychologie sous le nom d’hypervigilance.

La répétition constante d’images et de récits chargés d’émotion peut également façonner, dès le plus jeune âge, la relation de l’enfant au monde extérieur par un sentiment de vulnérabilité et de danger, un phénomène désigné dans la littérature scientifique comme l’amplification sociale du risque. Ainsi, la guerre ne se contente pas de créer la peur ; elle transforme aussi les relations sociales. Dans un environnement marqué par l’insécurité, les autres ne sont plus simplement des amis, des voisins ou des camarades de classe pour l’enfant, mais peuvent être perçus comme des figures ambiguës, inconnues, voire menaçantes. Cette étape illustre l’impact profond des conditions de guerre sur le vécu social de l’enfant.

Pour revenir à la question principale, il faut souligner que les enfants sont souvent incapables d’exprimer ou d’identifier précisément l’origine de leurs émotions. De ce fait, la pression émotionnelle accumulée peut se manifester par divers comportements, tels que des troubles du sommeil, des cauchemars, une dépendance extrême, des comportements de substitution, de l’agressivité, un repli sur soi, des difficultés de concentration, voire des questions répétées sur la mort ou la sécurité des membres de la famille. Ces réactions peuvent être interprétées comme les tentatives de l’enfant pour se distancier des pressions internes, les comprendre ou exercer une forme de contrôle sur des circonstances qu’il juge obscures et anxiogènes.

Le rôle des familles dans la réduction de l’anxiété chez l’enfant

Gérer de telles situations est extrêmement difficile pour les familles, et aucune solution toute faite ne peut être proposée. En psychologie infantile, il existe une approche dite du « suffisamment bien », qui consiste à agir de manière adéquate et moins nuisible compte tenu des ressources disponibles.

Dans ce contexte, la famille joue un rôle de régulateur émotionnel, offrant un environnement où les émotions de l’enfant sont comprises, traitées et progressivement apaisées. En psychanalyse, des concepts tels que le soutien et la maîtrise de soi font référence à ce processus : le parent peut absorber l’anxiété de l’enfant, la rendre compréhensible, puis la lui restituer sous une forme modérée.

La conversation avec l’enfant est primordiale, mais il ne s’agit pas de n’importe quelle conversation. La communication doit être honnête, simple et adaptée à son âge. Dissimuler ou nier la réalité aggrave généralement l’anxiété.

Par ailleurs, l’exposition à l’information doit également être encadrée. Une exposition constante à des images violentes maintient le système nerveux de l’enfant en état d’alerte et peut engendrer une anxiété chronique.

Le maintien de routines quotidiennes est également essentiel, car ces structures stables aident l’enfant à conserver un sentiment de prévisibilité et de continuité.

Un autre point important est que, lors de crises, les réactions des individus – notamment des adultes – ne sont pas toujours le fruit d’un choix conscient, mais surgissent souvent automatiquement en réponse à une forte pression psychologique. Si les parents parviennent à comprendre ce phénomène chez eux-mêmes et chez les autres, la probabilité de réactions excessives diminue et un climat plus apaisé peut s’instaurer. Dans ce contexte, la corégulation se met en place : l’enfant imite les réactions de ses parents. Si les parents parviennent à conserver un calme relatif, ce calme sera également transmis à l’enfant. Autrement dit, accepter et gérer sa propre anxiété crée les conditions d’un modèle comportemental plus sain pour l’enfant.

Les dirigeants sont, en fin de compte, responsables de la condition des enfants

Les recherches en psychologie sociale montrent que la guerre et ses conséquences ne sont pas de simples événements temporaires aux effets limités ; elles se transforment souvent en cycles où la peur, l’insécurité et d’autres préjudices se reproduisent pendant des décennies par le biais de processus psychologiques et sociaux. Cette situation peut être analysée dans le cadre de la violence structurelle.

Cela signifie que la guerre ne se limite pas à la destruction des infrastructures matérielles, mais qu’elle entraîne également l’érosion des fondements des relations humaines. La confiance sociale décline, le fossé entre « nous » et « les autres » se creuse et la possibilité d’une coexistence pacifique s’amenuise progressivement. Ces effets persistent même après la fin du conflit. D’un point de vue psychanalytique, ce processus s’explique par le concept d’internalisation : l’insécurité extérieure est transférée à l’individu – en particulier à l’enfant – et devient partie intégrante de son expérience vécue.

En définitive, il convient de souligner que, bien que les enfants ne soient pas à l’origine des conditions de guerre, ils en subissent souvent les conséquences les plus graves. Ils sont non seulement affectés immédiatement, mais subiront également des conséquences profondes et durables en raison de leur vulnérabilité accrue et du rôle fondamental que jouent ces expériences dans la construction de leur personnalité.

Concernant le rôle et la responsabilité des gouvernements, il est important de noter qu’au niveau macroéconomique, les États sont responsables de la protection du bien-être physique et psychologique des enfants en vertu des accords internationaux, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant. Il s’agit d’un principe fondamental du droit international.

Enfants d'Iran : les victimes silencieuses de la guerreLorsque des enfants sont tués ou blessés, ou que leur accès aux soins de santé et à l’éducation est restreint, la doctrine juridique qualifie cette situation de violation des droits de l’enfant. Il est donc impératif et incontournable d’établir clairement et explicitement le rôle, la responsabilité et l’obligation de rendre des comptes du régime iranien répressif et belliciste dans la création, le maintien ou l’aggravation de telles conditions et de leurs conséquences pour les enfants du pays.

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