Le régime iranien a pendu deux jeunes hommes, Javad Zamani et Abolfazl Saeedi, aux premières heures du mardi 16 juin, poursuivant ainsi sa vague d’exécutions et de répression à l’encontre des opposants.
L’appareil judiciaire du régime iranien a justifié ces exécutions en invoquant des chefs d’accusation tels que la « corruption sur terre », la « guerre contre Dieu », le « trouble à l’ordre et à la sécurité publics » ainsi que le « rassemblement et la collusion contre la sécurité nationale ». Mizan, l’agence de presse de l’autorité judiciaire, a affirmé que les deux prisonniers avaient affronté les forces du régime à l’aide d’armes à feu et d’armes blanches lors du soulèvement de janvier 2026 à Shahroud.
Le chef de l’autorité judiciaire de la province de Semnan a annoncé l’exécution des peines capitales, affirmant que les dossiers avaient suivi toutes les procédures judiciaires requises. Toutefois, les organisations de défense des droits humains ont maintes fois dénoncé l’absence de procès équitables, le refus d’un accès effectif à une assistance juridique pour les accusés politiques et le recours à des aveux forcés dans les affaires liées à la sécurité.
Le régime iranien a également diffusé une vidéo présentée comme contenant les « aveux » de Javad Zamani et Abolfazl Saeedi ; les visages des individus y étaient floutés et leurs voix modifiées. Les organisations de défense des droits humains critiquent depuis longtemps cette pratique, la considérant comme un moyen de légitimer des verdicts décidés à l’avance.
Les deux prisonniers figuraient parmi les personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier 2026, auquel le régime iranien a répondu dès le début par des arrestations massives, des peines sévères et une répression violente. Aujourd’hui, dans un climat sécuritaire exacerbé et sous couvert de conditions assimilables à un état de guerre, le prononcé et l’exécution de peines de mort à l’encontre de manifestants et d’opposants se sont accélérés.
Les Nations unies ont annoncé hier que le régime iranien avait exécuté au moins 40 personnes depuis le début de l’année 2026, dont 18 manifestants, pour des motifs liés à la « sécurité nationale ». Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a exprimé sa préoccupation face à l’intensification de la répression et à la hausse du nombre d’exécutions, y voyant une volonté accrue de restreindre les opposants politiques.
Auparavant, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran avait averti que le régime iranien utilisait la peine de mort comme un instrument pour réduire au silence la
dissidence et réprimer les opposants politiques, en particulier en période de crise et de conflit. Alors que les responsables judiciaires du régime iranien ont appelé à accélérer les poursuites et le prononcé des peines à l’encontre des personnes arrêtées lors du soulèvement de 2026, les défenseurs des droits humains voient dans cette tendance la preuve d’une répression politique croissante et une tentative d’instaurer un climat de peur et d’intimidation au sein de la société.

