La grève de la faim menée par environ 1 500 condamnés à mort dans l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar est entrée dans sa quinzième journée ce lundi. Des rapports et des vidéos provenant de l’intérieur de la prison font état de la détérioration de l’état de santé de plusieurs grévistes, ainsi que de l’indifférence persistante des responsables judiciaires et pénitentiaires iraniens face à leur santé et à leurs revendications.
Détérioration de l’état de santé et inaction persistante des autorités iraniennes
La grève de la faim des prisonniers, entamée pour protester contre la poursuite des exécutions capitales, se poursuit après plus de deux semaines. Selon les détenus, aucune mesure concrète n’a été prise à ce jour pour répondre à leurs revendications ou pour traiter l’état physique des grévistes.
Dans l’une des vidéos diffusées depuis l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar, un détenu affirme qu’après 15 jours de grève de la faim, aucun responsable de l’appareil judiciaire ou de l’administration pénitentiaire iranienne n’est venu dans le quartier pour évaluer l’état des grévistes.
Des sources bien informées ont également signalé une aggravation des problèmes de santé chez de nombreux détenus. Une faiblesse extrême, une hypotension, une perte de poids, de la fatigue, des étourdissements et une diminution de la force physique figurent parmi les symptômes rapportés. Certains grévistes ont perdu, en grande partie, la capacité d’accomplir leurs activités quotidiennes en raison de la durée de la grève.
Selon ces sources, malgré la détérioration de la santé des prisonniers, aucune équipe médicale indépendante n’a été dépêchée pour les examiner. Les autorités pénitentiaires et l’infirmerie de la prison n’ont pas non plus pris de mesures efficaces pour remédier à la situation des grévistes. Les détenus ont averti que la prolongation de cette situation pourrait gravement compromettre leur santé et leur vie.
Une grève de la faim pour protester contre les exécutions ; inquiétudes des familles et des organisations de défense des droits humains
La grève de la faim des détenus de la prison de Ghezel Hesar a été lancée pour protester contre la poursuite des exécutions capitales et le transfert de condamnés à mort vers l’isolement en vue de leur exécution. La contestation a débuté dans le quartier n° 2 avant de s’étendre, prenant la forme de sit-in, de la diffusion de messages de protestation, de l’affichage du slogan « Non aux exécutions » et même de la suture des lèvres de plusieurs détenus — un acte qui a suscité une large couverture médiatique et attiré l’attention des défenseurs des droits humains.
Des vidéos filmées à l’intérieur de la prison montrent que les détenus restent déterminés à poursuivre leur grève de la faim jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites. Parallèlement, les familles des détenus et les organisations de défense des droits humains ont exprimé leur inquiétude quant à l’état de santé des grévistes, avertissant que la poursuite du mouvement sans accès à des soins médicaux appropriés pourrait entraîner des conséquences irréversibles. Les détenus ont également souligné que leur action visait à protester contre la poursuite des exécutions capitales et à réclamer un réexamen judiciaire équitable des dossiers des condamnés à mort.

