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Chirine Ebadi, refuse d’obéir à une convocation de la Justice iranienne

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AP, Téhéran, 16 janvier – La lauréate du prix Nobel de la paix 2003, Shirine Ebadi, a déclaré samedi à un tribunal révolutionnaire iranien qu’elle n’obéira pas à la convocation de la cour qui souhaite l’interroger, malgré le risque d’emprisonnement qu’elle encourt en défiant ainsi la justice iranienne.
Shirine Ebadi, première Iranienne et musulmane à remporter le prix Nobel de la paix, a déclaré dans un entretien exclusif à l’Associated Press qu’elle ne cédera pas à l’intimidation.
«Je continue à recevoir des menaces de mort anonymes dans des formes variées comme des lettres ou des appels de menaces», a-t-elle souligné. «J’en suis arrivée à croire que les gens qui envoient des menaces de menaces sont liées à certaines personnes qui les provoquent.»
«Ceci est de l’intimidation. Mon passé montre que je ne cède pas à l’intimidation», a-t-elle ajouté.
Le tribunal révolutionnaire, qui juge des crimes liés à la sécurité du pays, a ordonné à Shirine Ebadi de se présenter devant une branche de la cour pour donner «certaines explications», notant qu’en cas de refus, elle risquait d’être arrêtée. Le tribunal n’a pas précisé à quel sujet elle souhaitait interroger l’avocate iranienne.
Shirine Ebadi a déclaré avoir écrit samedi à la cour pour dire qu’elle n’obéirait pas à cette injonction qui lui a été notifiée mercredi. La cour lui a donné trois jours pour répondre à sa convocation.
Pour la lauréate du prix Nobel, cette injonction est «illégale» car elle ne précise pas les raisons pour lesquelles elle devrait se présenter devant la justice. Shirine Ebadi a ajouté que la date-butoir était dimanche puisqu’elle a reçu la convocation jeudi.
Le Centre pour la protection des droits de l’Homme, fondée par Shirine Edadi et des collègues avocats, ne reconnaît pas le tribunal révolutionnaire, qui, selon le Prix Nobel, n’est pas mentionnée dans le texte de la Constitution iranienne.
L’existence d»’une telle cour est peut-être justifiée durant une révolution mais les tribunaux révolutionnaires perdent leur justification légale après une révolution», a-t-elle souligné, avant de marteler: «qu’une telle cour convoque une avocate et militante des droits de l’Homme 26 ans après une révolution est hors de propos».
Alors qu’elle risque la prison, l’avocate iranienne a rappelé samedi qu’elle avait déjà été brièvement emprisonné par le passé pour avoir défendu la famille d’un étudiant tué en 1999 lors d’un raid des forces de police dans un dortoir de l’Université de Téhéran.
«J’ai moi-même goûté à la prison: 25 jours en isolement avec aucun accès à la radio aux journaux ou à un avocat. Et je n’ai pas peur de la prison», a-t-elle lancé. «Je suis avocate et je connais bien la Loi. Je n’ai rien fait d’autre que défendre les droits de l’Homme en Iran.»
A Washington, où l’affaire a attiré l’attention des autorités américaines, le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher, a déclaré: «nous allons continuer à suivre de près les actions du gouvernement (iranien) contre Mme Ebadi et d’autres personnes.»
En tournée en Afrique, le président iranien Mohammad Khatami a déclaré samedi qu’il garantira la sûreté de Shirine Ebadi et la liberté de poursuivre ses activités, mais ses propos sont rarement écoutés par les conservateurs iraniens, au pouvoir dans le pays.

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