IranDroits de l'hommeLes pendaisons s'abattent sur l'Iran

Les pendaisons s’abattent sur l’Iran

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The Observer, 19 août – Robert Tait à Téhéran – Les critiques disent que l’exécution publique de « voyous » vise en fait des militants politiques – L’Iran a pendu jusqu’à 30 personnes le mois passé dans une répression attisée par des complots présumés des Etats-Unis pour renverser le régime, révèle The Observer.

Beaucoup d’exécutions ont été effectuées en public dans une volonté apparente de créer un climat de peur tout en envoyant des signaux intransigeants à l’occident. Les sources de l’opposition disent qu’au moins trois d’entre eux étaient des militants politiques, contredisant le gouvernement qui insiste à dire qu’il vise « des voyous » et des criminels dangereux. Les exécutions ont coïncidé avec la répression de militants étudiants et universitaires accusés de vouloir fomenter « une révolution douce » avec l’appui des Etats-Unis.

Les exécutions récentes les plus frappantes ont impliqué Majid Kavoussifar, 28 ans, et son neveu, Hossein Kavoussifar, 24 ans, pendus pour le meurtre d’un juge dur, Hassan Moghaddasse, un homme connu pour emprisonner des opposants politiques. Ils ont été pendus à de grues et hissés bien au-dessus d’un des lieux les plus fréquentés de Téhéran.

Le spectacle, les premières exécutions publiques à Téhéran depuis cinq ans, a eu lieu devant le siège du pouvoir judiciaire où Moghaddasse a été assassiné. Mais l’emplacement, près de nombreux blocs de bureaux et des ambassades d’Australie et du Japon, signifie que beaucoup d’Iraniens de classe moyenne qui n’assisteraient pas à de tels événements en temps normal, les ont vus.

Le jour précédent sept hommes avaient été exécutés en public dans la ville de Machad dans le nord-est, dont cinq accusés de « viol, d’enlèvement, de vol et d’actes indécents ». Deux autres ont été pendus séparément pour avoir violé et volé une jeune femme. Les exécutions sont passées en direct à la télévision d’Etat.

Les pendaisons publiques sont normalement effectuées avec modération en Iran et réservées aux cas ayant provoqué l’indignation publique, comme des meurtres en série ou des meurtres d’enfant. Les organisations de droits de l’homme disent que le nombre croissant des morts a porté le nombre de prisonniers exécutés cette année à environ 150, comparé à 177 en 2006. Une augmentation dramatique de la peine capitale depuis l’entrée en fonction il y a deux ans du président radical, Mahmoud Ahmadinejad.

Les exécutions interviennent après que le gouvernement ait lancé une campagne visant des meurtriers, des agresseurs sexuels, des trafiquants de drogue et d’autres considérés comme une menace à « la Sécurité publique ». Elle a abouti à une vague d’arrestations lors des raids de la police dans les quartiers ouvriers de Téhéran et d’autres villes. Les personnes arrêtées ont été exhibées en public, souvent dans des postures humiliantes.

Le gouvernement a aussi cherché à rendre public des exécutions menées à huis clos. Le mois dernier, la télévision a diffusé un reportage sur 12 condamnés sur le point d’être pendus à la prison d’Evine de Téhéran. Les autorités ont dit qu’ils étaient coupables de « viol, de sodomie et des coups et blessures ». Des sources de l’opposition disent qu’au moins trois étaient des militants politiques, sans révéler leurs identités. Asiran, un site Web du gouvernement, a rejeté ces allégations comme étant « mensongères ».

Des militants internationaux des droits gay ont aussi dit que des homosexuels se trouvaient parmi les exécutés. L’homosexualité est un crime capital en Iran, avec l’adultère, l’espionnage, l’attaque à main armée, le trafic de drogue et l’apostasie.

L’Iran est depuis longtemps un des tenants les plus prolifiques au monde de la peine de mort et se classe au second rang juste derrière la Chine en terme de nombre d’exécutions. Les groupes des droits de l’homme disent qu’il détient le pire bilan en matière d’exécutions pour des délits commis par des mineurs de moins de 18 ans.

Cependant, il y existe des signes d’autorités inquiètes de la tendance actuelle. L’ayatollah Mahmoud Hachemi Chahroudi, le chef relativement modéré du pouvoir judiciaire, a protesté en critiquant ouvertement le gouvernement d’Ahmadinejad sur toute une série de questions. Il a aussi montré un certain mécontentement vis-à-vis du climat répressif en ordonnant aux fonctionnaires d’examiner les allégations comme quoi des étudiants auraient été torturés pendant une détention récente à la prison d’Evine.

Chahroudi n’aurait pas apprécié d’apprendre la lapidation le mois dernier d’un homme reconnu coupable d’adultère après qu’il ait ordonné de surseoir à son exécution.

Cependant, la recrudescence des exécutions semble continuer. Le procureur en chef radical de Téhéran, Saïd Mortazavi, a annoncé qu’il avait demandé la peine de mort contre 17 « voyous ».

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