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Iran: L’avocate Nasrin Sotoudeh dénonce les conditions dans lesquelles son client a été exécuté (VOA

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ImageInterview donné à la Télévision « Voice of America » :

Question Présentateur: Mme Sotoudeh, étiez vous informée du moment où la sentence contre votre client serait exécuté? Et étiez-vous informée du verdict?

Nasrin Sotoudeh (avocate de Mr. Rahmanipour): Il y a un fait important dans ce dossier. L’autorité judiciaire dit officiellement que Mr Arash Rahmanipour a été arrêté en relation avec les évènements d’après les élections. Ceci n’est absolument pas le cas. Mr. Rahmanipour et Ali Zamani ont été arrêtés en Avril, deux mois avant les élections et à son domicile. A l’époque de son arrestation, Mr. Rahmanipour avait seulement 19 ans et beaucoup des faits qui lui sont reprochés étaient sensés s’être déroulés quand il avait moins de 18 ans. Donc, je dois dire avec regrets que cette fois un mineur a été exécuté pour des motifs politiques. Il y a eu une énorme pression sur mon client ces 10 derniers mois, dont je peux vous parler si vous voulez.

Présentateur : Le problème est que apparemment le verdict ne vous a pas été communiqué. Etiez-vous au courant de la date à laquelle le verdict serait exécuté ?

Sotoudeh: Non, je n’ai pas été informée. Ceci est une violation de la loi parce que tous les verdicts doivent être obligatoirement exécutés seulement une fois qu’ils ont été formellement annoncés. Les autres avocats et les familles, et cela deux jours avant que le verdict ne soit exécuté (quand Arash a pu contacter sa famille) n’étaient pas informés d’un tel verdict. Il apparaît qu’il y a eu une forme de secret pour s’assurer que le verdict serait mis en œuvre, pour des motifs politiques secrets. Ces agissements pourraient être  poursuivi pénalement.

Presentateur: Mme Sotoudeh, vous dites que vous n’avez pas été informée du verdict. You Vous étiez le conseil personnel de Mr. Rahmanipour. Il semble qu’il ait eu aussi un avocat commis d’office? Comment cela était-il possible?

Sotoudeh: On m’a empêché d’être présente au procés en tant que avocate de Mr. Rahmanipour. La Cour ne s’est pas conformée aux procédures légales depuis que mon client a demandé à avoir son propre avocat. Au lieu de çà la Cour a nommé un avocat officiel de la défense pour Mr. Rahmanipour. C’est une autre violation de la loi par la Cour.

Presentateur: Mme Sotoudeh, vous avez présenté une série d’arguments pour un appel devant une Cour supérieure, démontrant l’innocence de votre client. Quels étaient-ils ?

Sotoudeh: Un des documents les plus importants était un certificat médical que le père de mon client avait fourni à la Cour. Au moment de l’arrestation de Arash, sa sœur enceinte avait aussi était arrêtée. Et du fait de ces deux mois de détention, sa sœur a perdu son bébé après avoir été relachée. Tous ces certificats médicaux étaient suffisants pour frapper de nullité toute cette affaire immédiatement : le verdict, l’enquête, la détention et les interrogatoires. Mais, comme je l’ai dit, il y avait des motifs politiques secrets derrière ce cas pour empêcher l’obtention d’un verdict conforme avec les normes judiciaires. Je profite de l’occasion pour rappeler et souligner que les juges qui prononcent des verdicts pour des considérations politiques peuvent être passible de poursuites pénales.

Presentateur: Mme Sotoudeh, vous savez que neuf autres personnes ont été accusés de Moharebeh (déclenchement d’une guerre contre Dieu) et sont sur le point d’être exécutés. Y a-t-il de vos clients parmi eux ?

Sotoudeh: Oui. Je suis préoccupée par le statut de la formation du verdict concernant deux de mes clients, Mr Ayoub Porkar et Reza Khademi. Les deux ont été accusés de moharebeh dans les tribunaux primaires, branches 26 et 15 de la Cour révolutionnaire islamique. Je crains qu’avec un tel secret, ces verdicts soient aussi confirmés et exécutés et que nous n’en ayions connaissance qu’après. Au mépris de la loi, la famille d’Arash n’a pas été informée du verdict. De même, on m’a empêché d’assister au procés. Quand j’ai insisté, on m’a menacé d’arrestation et finalement on a révoqué ma licence. Lors de la même entrevue, on a menacé le père de Arash d’emprisonnement. Tout ceci montre que si Arash avait réellement commis un si grand crime, pourquoi  était-il nécessaire d’exercer de telles menaces ?

28 Janvier 2010

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