IranDroits de l'hommeL'Iran rejette les critiques occidentales sur l'accélération des exécutions

L’Iran rejette les critiques occidentales sur l’accélération des exécutions

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AFP:L’Iran a rejeté mardi les critiques occidentales sur l’accélération du rythme des exécutions capitales dans le pays, qu’il a justifié notamment par la nécessité de combattre le trafic de drogue destiné à l’Europe.

Depuis le 1er janvier, 67 personnes ont été exécutées en Iran, selon un décompte établi par l’AFP à partir des informations publiées par la presse et en l’absence de chiffres officiels disponibles, soit un rythme quatre fois plus élevé qu’en 2010, où 179 exécutions avaient été recensées sur l’année.

« 80% des personnes exécutées étaient des trafiquants de drogue », a souligné mardi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, interrogé lors de son point de presse hebdomadaire sur les récentes critiques occidentales contre l’accélération du rythme des exécutions.

« Si l’Iran ne combat pas la drogue, ce sont l’Europe et l’Occident qui en souffriront », a-t-il ajouté.

« Notre population est stupéfaite devant les positions humanitaires de certains pays. Pourquoi font-ils tant de bruit pour l’exécution d’une personne pour trafic de drogue ou un procès pour adultère alors qu’ils ne défendent pas des milliers de Palestiniens qui meurent injustement? », a-t-il insisté.

Les Etats-Unis et l’Union européenne se sont publiquement inquiétés ces dernier jours de l’accroissement des exécutions capitales en Iran, en particulière après celle samedi d’une Irano-néerlandaise de 46 ans, Sarah Bahramy, pendue pour avoir possédé ou revendu 600 grammes de cocaïne.

Le porte-parole du Département d’Etat, Philip Crowley, a fait état lundi du « trouble » et de la « préoccupation » de Washington après l’exécution de Mme Bahramy en dépit des appels de l’Union européenne en sa faveur, et alors que l’ambassade des Pays-Bas à Téhéran n’a jamais pu avoir accès à la condamnée.

La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a « condamné fermement » la pendaison de Mme Bahrami et demandé à nouveau un moratoire sur toutes les exécutions en Iran, tandis que les Pays-Bas ont annoncé un gel de leurs relations avec Téhéran.

Mardi, M. Mehmanaparast a répété que l’Iran ne considérait pas Mme Bahramy comme Néerlandaise.

« Le terme de nationalité +irano-néerlandaise+ est une invention. Notre constitution ne reconnaît pas la double nationalité. Il est totalement inacceptable que les autorités néerlandaises interfèrent dans le procès d’un Iranien », a-t-il expliqué, ajoutant que la culpabilité de Mme Bahramy était « irréfutable ».

L’Iran est l’une des principales voies de transit de la drogue en provenance d’Afghanistan — qui produit 90% de l’opium mondial — et à destination de l’Europe, et la République islamique mène une lutte sévère contre un trafic qui alimente également le marché iranien.

Quelque 3.500 membres des forces de l’ordre ont été tués en 30 ans dans la guerre menée par Téhéran contre les trafiquants.

Le trafic de drogue est passible de la peine de mort en Iran, de même que le meurtre, le viol, le vol à main armée, l’adultère ou certaines activités politiques visant à renverser le régime islamique.

Téhéran a ainsi pendu en janvier deux militants de l’Organisation des moudjahidine du peuple, principal mouvement de lutte armée contre le régime iranien, et un rebelle kurde membre du mouvement séparatiste Pjak.

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