IranDroits de l'hommeAmnesty International: les résidents d'Achraf en danger

Amnesty International: les résidents d’Achraf en danger

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Amnesty International: Plus de 3.000 demandeurs d’asile iraniens vivant dans un camp en Irak sont gravement menacés de violations flagrantes des droits humains, y compris de retour forcé en Iran. Les autorités irakiennes ont l’intention de fermer le camp, qui a déjà été attaqué plusieurs fois par les forces de sécurité irakiennes entraînant des dizaines de morts et de blessés.
 
Les autorités irakiennes ont annoncé publiquement leur intention de fermer le camp du Nouvel Irak, anciennement connu comme le camp d’Achraf, à 60 kilomètres au nord de Bagdad, le 31 décembre de cette année. Le camp abrite environ 3 250 demandeurs d’asile iraniens qui vivent en Irak depuis 25 ans. Le gouvernement irakien a déclaré à maintes reprises son opposition à l’existence continue du camp. Le camp a été attaqué plusieurs fois par les forces de sécurité irakiennes, plus récemment en avril 2011, tuant des dizaines d’habitants et blessant d’autres. Les habitants du camp craignent à nouveau un usage excessif de la force si les plans de fermer le camp avancent.
 
Le commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé dans un communiqué le 13 septembre 2011 qu’il avait reçu un nombre élevé de demandes d’asile émanant des habitants du camp et qu’il mettait en place une procédure pour une détermination sur une base individuelle. Dans la même déclaration, l’agence pour les réfugiés de l’ONU a souligné l’importance de mener des entretiens de demande d’asile avec les habitants du camp dans un lieu neutre, sûr et confidentiel.
 
Amnesty International exhorte le gouvernement irakien à prolonger le délai de fermeture du camp, afin de laisser suffisamment de temps au HCR pour examiner toutes les demandes d’asile qu’il a reçues des habitants du camp du Nouvel Irak.
 
 
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Nonobstant le fait que les résidents du camp vivent en Irak depuis 25 ans, le gouvernement irakien a clairement fait savoir qu’il souhaitait les voir quitter le pays. En 2009, le gouvernement a dit aux habitants qu’ils devaient quitter l’Irak avant le 15 décembre 2009 ou devraient faire face sinon à un déplacement forcé en Irak, mais il n’a pas fait appliquer cette menace en raison apparemment de la pression internationale, y compris des Etats-Unis et de l’ONU.
 
Le camp a déjà été attaqué plusieurs fois par les forces de sécurité irakiennes causant des dizaines de morts et de blessés parmi les habitants. Plus récemment, les troupes irakiennes ont fait irruption dans le camp le 8 avril 2011 en usant une force manifestement excessive et des tirs à balles réelles contre les habitants qui tentaient de leur résister. 36 habitants, dont huit femmes, ont été tués et plus de 300 autres blessés. Au moins neuf résidents du camp avaient été tués et plusieurs autres blessés dans une attaque antérieure des forces de sécurité irakiennes les 28-29 juillet 2009. Quelque 36 résidents du camp qui avaient été détenus dans le cadre de l’incursion de juillet 2009 ont été détenus pendant plus de deux mois et auraient été torturés avant d’être libérés le 7 octobre 2009.
 
Le camp d’Achraf, comme il s’appelait alors, était autrefois sous la protection des Forces des États-Unis en Irak (USF-I) jusqu’à juin 2009, quand il a été transféré au contrôle du gouvernement irakien. Depuis lors, le camp et ses habitants ont été pratiquement assiégés par les troupes irakiennes, tandis que le gouvernement intensifiait la pression sur les résidents, dont beaucoup appartiennent à l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), pour qu’ils quittent l’Irak. L’OMPI est une organisation d’opposition iranienne qui lançait auparavant des attaques armées contre l’Iran avant de décider il y a plusieurs années de renoncer à la violence. Les partisans de l’OMPI ont été autorisés à résider en tant qu’exilés en Irak par l’ancien président irakien Saddam Hussein, renversé en 2003.
 
Depuis l’assaut d’avril 2011, les autorités irakiennes ont resserré les contrôles sur les résidents du camp au point où certains résidents blessés et d’autres souffrant d’affections chroniques ont été empêchés de quitter le camp pour obtenir un traitement médical plus spécialisé que celui disponible sur place. De même, les forces de sécurité auraient également cherché à entraver des communications téléphoniques et autres entre les résidents du camp et le monde extérieur et ont installé des haut-parleurs, faisant craindre aux résidents que les forces de sécurité irakiennes se préparent à mener une autre  incursion violente dans le camp.
 
Face à la pression internationale qui a suivi l’assaut d’avril 2011 contre le camp, le gouvernement irakien a déclaré qu’il avait mis en place un comité pour enquêter sur l’attaque et les meurtres; cependant, comme dans d’autres cas où ces enquêtes ont été annoncées, aucun résultat n’a été signalé et on ignore toujours si aucune enquête sérieuse n’a jamais été menée.
 
 
 
UA: 320/11 Index AI: MDE 14/043/2011 Date d’émission: 2 novembre 2011
 
(Traduit de l’original en anglais)

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