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Les exportations de pétrole en Iran pourraient diminuer avec les sanctions

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Reuters, Londres, 4 janvier – Par Simon Webb – Analyse – L’Iran, membre de l’OPEP, risque de se retirer du groupe des exportateurs de pétrole et de laisser un vide dans l’approvisionnement mondial tandis que sa production stagne en raison d’un manque d’investissements, dû aux sanctions américaines et à son interférence politique.

Le deuxième plus grand producteur de l’OPEP pourrait perdre jusqu’à 250 000 barils par jour dans ses exportations annuelles, n’investissant pas suffisamment pour compenser le fort déclin de la production des champs de pétrole et répondre à la demande domestique croissante, selon les experts.

Roger Stern, de l’Université John Hopkins aux Etats-Unis, a prédit la semaine dernière que les exportations iraniennes risquaient de se retrouver à néant d’ici 2015 si le pays ne modifiait pas sa politique énergétique.

L’Iran est le quatrième pays exportateur de pétrole au monde, avec une vente internationale d’environ 2,4 millions de barils par jour sur sa production de 3,9 millions de barils par jour.

« Le fait est que chaque aspect de l’infrastructure pétrolière a été laissée à l’abandon : forage, raffinerie, distribution et même les stations-service », a déclaré Stern à Reuters lors d’une interview téléphonique jeudi. « C’est une vraie pagaille. »

Le ministre du pétrole, Kazem Vaziri-Hamaneh, a déclaré à l’agence de presse des étudiants, ISNA, en septembre que le déclin de la production annuelle en Iran avait atteint pas moins de 500 000 barils par jour.

Les experts avancent quant à eux des chiffres plus modestes de l’ordre de 350 000 à 400 000 barils par an.

Les sanctions américaines existant depuis 1995 contre toute participation dans le secteur du pétrole iranien ont privé le pays de la technologie nécessaire pour maintenir la production des champs pétroliers.

L’Iran travaille dur pour produire le gaz dont il a besoin pour réinjection dans les champs de pétrole afin de maintenir la pression.

Alors que les plus vieux champs sont sur le déclin, il est nécessaire pour l’Iran de mettre en place de nouveaux projets pour le compenser, ce qui nécessite des milliards de dollars d’investissement.

Les sanctions de l’ONU contre l’Iran et son programme nucléaire vont encore plus diminuer les investissements étrangers déjà limités, même si ces sanctions n’ont rien à voir avec l’industrie du pétrole.

Un contrat d’exploitation du plus grand champ pétrolier du pays à Azadegan, conclu avec le Japonais INPEX Holdings est tombé à l’eau en octobre dernier.

INPEX a avancé que le retard de l’Iran à retirer les mines datant de la guerre avec l’Irak sur ce terrain et l’augmentation des coûts avaient conduit à l’annulation du contrat, mais certains experts affirment que la société avait aussi en tête une escalade potentielle du conflit nucléaire.

La production à Azadegan devait atteindre les 260 000 barils par jour avant 2012 et aurait permis de stopper ce déclin. L’Iran a depuis confié l’exploitation du champ à une société locale, bien que les experts avancent que l’expertise et les investissements étrangers lui sont absolument
nécessaires.

TERMES D’INVESTISSEMENT

En plus des sanctions et de la politique, ce sont aussi les termes des contrats qui freinent les investisseurs étrangers.

L’Iran interdit la détention de ressources pétrolières par des étrangers, offrant à la place aux investisseurs de racheter les contrats, remboursant ainsi les compagnies internationales avec une part du rendement provenant de nouveaux projets pendant une courte période. Les sociétés se plaignent que ce rendement ne soit pas suffisant pour couvrir les coûts de plus en plus élevés des projets.

« Le pire ennemi de l’Iran, c’est lui-même », a affirmé Mehdi Varzi, consultant indépendant en énergie chez Varzi Energy.

« Il y a des sociétés qui seraient prêtes à ignorer les sanctions si le taux de rendement était bon. »

Son interférence politique après la signature de contrats fait aussi de l’Iran un partenaire financier beaucoup moins intéressant, selon les experts.

Tandis que la production chute, la demande nationale augmente de cinq pourcent par an, soit d’environ 80 000 barils par jour en 2007. Ce qui signifie que même l’estimation la plus modeste de ce déclin indique que l’Iran doit augmenter sa production de 430 000 barils par jour pour rester la même.

« Il est évident que dans un futur proche, la demande va augmenter de manière importante et que l’Iran aura besoin de plus de pétrole brut pour sa consommation nationale », a affirmé David Fyfe, de l’Agence internationale de l’énergie basée à Paris.

« Cela va certainement entraîner un plafonnement des exportations iraniennes. »

Les prévisions de l’AIE sont moins pessimistes que celles de Stern, mais prévoient tout de même un déclin de la production dès 2008.

DES SUBVENTIONS

L’Iran subventionne les produits pétroliers et le prix de son essence est un des plus bas du monde, encourageant un grand nombre de citoyens à prendre la route.

Les sept millions de voitures en Iran consomment aux alentours de 420 000 barils par jour d’essence, le même montant qu’en Grande-Bretagne avec 35 millions de véhicules, selon un rapport récent de la Deutsche Bank.

Le président populiste Mahmoud Ahmadinejad semble peu enclin à dépenser son capital politique dans une interruption des subventions, la consommation a donc toutes les chances de continuer à augmenter à un taux important.

Au lieu de freiner la demande, le gouvernement commandite des projets d’expansion de raffinerie qui réduiront les importations de pétrole à partir de 2009 mais qui nécessitent plus de pétrole brut du pays.

L’Iran dépense des milliards de dollars pour importer 40 pourcent de l’essence que ses véhicules consomment chaque jour.

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