IranNucléaireIran : Laridjani prend le relais des négociations nucléaires

Iran : Laridjani prend le relais des négociations nucléaires

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Iran Focus, Londres, 16 août – Lundi, le nouveau président ultra Mahmoud Ahmadinejad a nommé officiellement le nouveau secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale (CSSN). Ali Laridjani va donc prendre en main son nouveau rôle de négociateur en chef dans les négociations nucléaires.

Le CSSN, le plus haut organe de prise de décision en matière de sécurité, était jusqu’à présent dirigé un religieux de rang intermédiaire Hassan Rohani qui menait les négociations avec la troïka européenne, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

C’est par une lettre que le nouveau président a informé Laridjani de sa nomination : « On attend de vous …que vous activiez plus que jamais le secrétariat et les forces loyales, responsables et créatives à travers des plans, des idées et des mises en oeuvre ainsi qu’en créant des impératifs pour prendre les bonnes décisions afin d’assurer l’honneur et les intérêts du peuple, satisfaire les intérêts et les droits de la nation et défendre la Révolution islamique, ainsi que défendre la sécurité et l’intégrité du pays. »

Ali Laridjani, proche confident du guide suprême Ali Khameneï, avait été présélectionné pour ce poste et la décision avait été confirmée lundi dernier par une agence de presse officielle. Les analystes estiment que la nomination d’un ultraconservateur à la tête des négociations nucléaire avec l’Union européenne est une décision prise par Khameneï qui s’inscrit dans sa stratégie ultime pour se doter d’armes atomiques.

Après avoir quitté son poste de PDG de la radiotélévision d’Etat, Laridjani a siégé au CSSN comme représentant personnel de Khameneï.

Laridjani a été commandant supérieur des gardiens de la révolution. Son frère, Sadegh Laridjani, est un religieux membre du puissant Conseil des Gardiens. Un autre de ses frères, Mohammad-Djavad, est considéré comme un idéologue majeur de la faction de Khameneï.

Quand il était vice-ministre des gardiens de la révolution dans les années 1980, Laridjani a été impliqué dans le soutien aux activités terroristes des agents de l’Iran au Liban et ailleurs dans le monde musulman.

Durant son bref passage au ministère de l’orientation islamique et de la culture, il a adopté une ligne dure qui a beaucoup fait pour étouffer ce qui restait d’activités culturelles indépendantes en Iran. Durant ses longues années passées à la tête du conglomérat de la radiotélévision, Laridjani a introduit des programmes télévisés « islamisés » conformes, pour reprendre ses termes, à « la politique et aux directives du guide suprême ».

Dans le gouvernement de Rafsandjani dans les années 1990, Laridjani est devenu un membre clé du comité secret mis en place par l’ayatollah Khameneï pour « contrer l’offensive culturelle contre la république islamique ». Les autres membres de la bande étaient le vice-ministre des renseignements d’alors Saïd Emami et le vice-commandant en chef des gardiens de la révolution Bagher Zolghadr.

Le comité avait planifié et mené des meurtres en série de dissidents en Iran et plusieurs assassinats à l’étranger. Il avait aussi ordonné la production de plusieurs programmes télévisés produit par IRIB et le Vevak pour discréditer les opposants. Quand les meurtres et les autres activités du trio sont devenus un poids pour les dirigeants religieux, Saïd Emami est devenu un bouc-émissaire et a été arrêté comme « renégat ». Les médias ont ensuite rapporté qu’il s’était suicidé en prison en avalant un produit « épilatoire ».

En 2003, Laridjani a mis en place deux télévisions de langue arabe, Al-Alam et Sahar, et un réseau de radios 24h sur 24 à destination de l’étranger, pour diffuser les valeurs islamistes dans l’opinion publique du Moyen-Orient. Les autorités irakiennes ont condamné les radios pour leur incitation à la violence. La France a interdit Sahar à cause de son « idéologie intégriste » et sa propagande anti-sémite.

A son nouveau poste de chef des négociations nucléaires et à la tête de la plus haute instance de décision du pays en matière de sécurité, on s’attend à ce qu’il imprime sa marque de rigidité idéologique qui le caractérise.

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