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Nucléaire: l’Iran fait monter les enchères et semble déterminé dans ses menaces

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AFP, Téhéran, 21 septembre – L’Iran a fait monter les enchères sur le dossier nucléaire et, malgré le risque d’une crise majeure avec l’Occident, semble déterminé à reprendre l’enrichissement d’uranium, en cas de saisine du Conseil de sécurité de l’Onu.

« Si l’on veut utiliser le langage de la force, l’Iran n’aura plus d’autre choix que de sortir du cadre du TNP, de ne plus appliquer le protocole additionnel et de reprendre l’enrichissement d’uranium, afin de préserver ses acquis techniques », a déclaré Ali Larijani, responsable du dossier nucléaire lors d’une conférence de presse mardi à Téhéran.
M. Larijani a par ailleurs brandi l’arme du pétrole, en soulignant que Téhéran n’accepterait de traiter désormais dans ce domaine qu’avec les pays qui le soutiendraient sur son dossier nucléaire.

Les analystes à Téhéran soulignent que M. Larijani, un ultraconservateur proche du Guide suprême, est très sérieux dans ses menaces. « Le pouvoir ne semble pas bluffer », estime un diplomate occidental.

« Les ultras sont en charge, les Américains empêtrés en Irak et le prix du pétrole à son plus haut niveau. Le pouvoir est dans une position forte, capable de survivre à une crise et poursuivre ses objectifs (…) C’est aussi simple que cela », a-t-il ajouté.

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (UE3) ont proposé mardi à l’exécutif de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), divisé, de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu en accusant Téhéran de « violer » ses obligations.

Les pays européens et les Etats-Unis demandent à l’Iran de renoncer à l’enrichissement d’uranium, seule « garantie objective » que le programme iranien ne dévie pas vers des objectifs militaires, ce que Téhéran rejette catégoriquement.

L’Iran et l’UE3 ont signé en octobre 2003 la « déclaration de Téhéran » par laquelle l’Iran s’est engagé à suspendre ses activités d’enrichissement et à signer le protocole additionnel permettant des inspections poussées de ses sites nucléaires. Téhéran n’a pas encore approuvé ce texte, mais il l’applique néanmoins en signe de bonne volonté.
M. Larijani, également secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, a ajouté que la saisine du Conseil de sécurité « ne signifie pas la mort du peuple iranien ».

« Les Européens croient que la déclaration de Téhéran est toujours en vigueur, mais s’ils continuent leur politique de menace, elle n’existera plus. Nous sommes dans un moment de vérité », a déclaré à l’AFP Ali Agha Mohammadi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale.

« Nous refusons de négocier avec les Etats-Unis parce que les Américains ont l’attitude d’un ennemi et veulent, y compris dans les négociations, piétiner nos droits. Nous sommes arrivés à la conclusion que les trois pays européens ont également adopté une position d’ennemi et ne veulent pas d’entente » avec l’Iran, a-t-il ajouté.

« La réaction très dure des trois grands pays européens à l’initiative du président Mahmoud Ahmadinejad, nous a convaincus qu’il n’y a pas plus de perspective et que les négociations étaient un mirage », a-t-il poursuivi.

Dans un discours à l’Assemblée générale des Nations unies, le président Ahmadinejad a proposé la participation de sociétés publiques et privées étrangères dans le programme iranien d’enrichissement d’uranium, pour rassurer la communauté internationale que ce programme ne dévie pas vers la construction de l’arme atomique.

L’Iran veut « faire comprendre aux Européens que la situation a changé avec l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement (de Ahmadinejad) et qu’ils ne devaient pas commettre une erreur stratégique » en menaçant l’Iran avec le Conseil de sécurité, a ajouté M. Agha Mohammadi.

M. Larijani a demandé aux Européens et aux Américains de ne pas commettre avec l’Iran la même erreur qu’avec la Corée du Nord et d’accepter dès maintenant le programme nucléaire iranien.

« Les Occidentaux ont refusé pendant deux ans le programme nucléaire de la Corée du Nord, qui est sorti du TNP. Après deux ans, ils ont fini par accepter ce programme », a déclaré M. Larijani.

Il a ajouté que l’Iran ne demandait rien de plus aux Occidentaux que d’accepter qu’il possède un programme nucléaire comprenant l’enrichissement d’uranium.

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