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L’AIEA transmet le dossier de l’Iran au Conseil de sécurité

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AFP, Vienne, 4 février – Le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a décidé samedi, après trois ans d’enquête, de transmettre le dossier iranien au Conseil de sécurité de l’Onu sur ses activités nucléaires peut-être militaires.

Une résolution de trois pays européens et ayant l’appui des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, mais aussi Chine et Russie) a été adoptée par 27 voix pour, trois contre et cinq abstentions.

Le vote, après deux jours et demi de réunion à Vienne et de tractations en coulisses, exige que l’Iran en revienne à la suspension de toutes ses activités d’enrichissement, à commencer par les recherches à ce sujet depuis le 10 janvier, et réponde à une série de questions non éclaircies sur la nature de ses programmes.

Mais l’Iran, loin de répondre aux appels du Conseil de l’AIEA, a immédiatement répliqué en annonçant la reprise des activités d’enrichissement d’uranium à grande échelle et une limitation de sa coopération volontaire avec les inspecteurs de l’AIEA.

Comme prévu, le chef de la mission iranienne à Vienne, Javad Vaïdi, a indiqué qu’en réaction à la décision de l’AIEA, le gouvernement de Téhéran « est obligé de passer à l’enrichissement à plus grande échelle » et de « suspendre l’application volontaire du protocole additionnel » du Traité de non prolifération.
Ce protocole, que l’Iran appliquait sans y être obligé, permet des inspections poussées.

« Il nous faut voir comment considérer une proposition russe » de compromis sur l’enrichissement d’uranium en Russie et non en Iran, a-t-il ajouté devant la presse. M. Vaïdi avait estimé la veille qu’un transfert au Conseil de sécurité annulerait l’offre russe.

La résolution signale notamment qu' »après trois ans de vérifications intenses, l’Agence n’est pas encore en mesure d’éclaircir certaines questions importantes concernant le programme nucléaire de l’Iran ou de conclure qu’il n’existe pas d’activités nucléaires (…) non déclarées ».

Elle mentionne « le manque de confiance dans les intentions de l’Iran » et lui demande « d’éclaircir d’éventuelles activités qui pourraient avoir une dimension nucléaire militaire ».

Trois pays ont voté contre (Cuba, Syrie et Venezuela) et cinq se sont abstenus (Algérie, Belarus, Indonésie, Libye et Afrique du Sud).

Le vote avait été retardé par d’ultimes tractations, notamment entre Non-alignés, Américains et Européens, pour insérer dans la résolution la mention d’un Proche-Orient sans armes de destruction massive. La demande de dénucléarisation régionale avait été formulée par les Egyptiens.

L’ambassadeur britannique à l’AIEA, Peter Jenkins, a prié instamment l’Iran de « reconsidérer » ses menaces récentes de limiter sa coopération avec l’AIEA et de rejeter l’offre de la Russie.

Téhéran, a rappelé M. Jenkins, dispose d’un mois pour obtempérer et « créer les conditions pour la reprise du dialogue » jusqu’à la prochaine réunion du Conseil de l’AIEA le 6 mars, et un rapport du directeur de l’AIEA Mohamed ElBaradei sur le respect des garanties de non-prolifération.

La France s’est félicitée d’un vote qui « traduit un sens des responsabilités internationales très largement partagé » et envoie à Téhéran « un message qui est celui de la fermeté et de l’unité de la communauté internationale ».

« Nous nous félicitons de l’adoption par une très large majorité et en particulier que des pays du conseil des gouverneurs, comme l’Egypte, l’Inde et le Brésil aient apporté leur soutien », a déclaré l’ambassadeur de France à Vienne, François-Xavier Deniau à l’AFP.

« C’est au Conseil de sécurité de décider comment il entend jouer tout son rôle à la recherche d’une solution à cette crise, qui est une crise de prolifération », a poursuivi M. Deniau.

Il a souhaité « que l’Iran saisisse l’occasion qui lui est donnée de répondre aux inquiétudes exprimées par la communauté internationale en rétablissant la suspension complète de ses activités et en coopérant pleinement avec l’agence pour permettre la reprise des négociations ».

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