IranNucléaireBlair et Merkel font front commun sur l'Iran

Blair et Merkel font front commun sur l’Iran

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Le Premier ministre britannique Tony Blair a fait front commun vendredi à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel sur le dossier nucléaire iranien, mettant en garde Téhéran de vouloir « faire diversion » en demandant le retrait immédiat des forces britanniques d’Irak.

« Ce que je voudrais dire aux Iraniens ? C’est que ça ne sert à rien d’essayer de faire diversion par rapport aux problèmes concernant l’Iran en remettant en question la présence britannique en Irak », a souligné Tony Blair lors d’une conférence de presse commune avec le chancelière qui venait de le recevoir.

« Les soldats britanniques sont en Irak sous un mandat des Nations unies et avec le consentement du gouvernement irakien », a fait valoir le Premier ministre. « Elles resteront aussi longtemps que le mandat de l’Onu sera en vigueur et aussi longtemps que le gouvernement irakien voudra que nous restions », a-t-il insisté.

Au total, 8.000 soldats britanniques sont basés en Irak.

Plus tôt dans la matinée, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, en visite à Beyrouth, avait demandé le retrait immédiat de Bassorah des forces britanniques, qu’il accuse de « déstabiliser la situation » dans cette région du sud de l’Irak qui fait face à l’Iran.

De son côté, Angela Merkel a souligné que Berlin, Londres et Paris étaient d’accord pour dire que « l’Iran avait franchi la ligne rouge » sur le dossier nucléaire.

Les efforts diplomatiques doivent se poursuivre pour amener l’Iran à « accepter une position qui permette une coopération », a-t-elle ajouté, en rappelant « l’importante contribution » fournie par la troïka européenne (Allemagne, Grande-Bretagne, France) pour tenter de résoudre par la voie diplomatique le contentieux nucléaire.

L’Iran a provoqué une nouvelle crise en annonçant le 10 janvier la reprise d’activités liées à l’enrichissement d’uranium. Téhéran a ainsi riposté à la résolution de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) du 4 février, en décidant de suspendre le régime de contrôle renforcé de son programme nucléaire par l’agence onusienne.

Par ailleurs, Tony Blair a répété que la base américaine de Guantanamo était une « anomalie ». « J’ai toujours dit que c’était une anomalie dont il faudra s’occuper à un moment ou à un autre », a-t-il affirmé à propos de cette base située à Cuba.

A Guantanamo, dans le cadre de la lutte antiterroriste après les attentats commis par des extrémistes islamistes le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, quelque 500 prisonniers sont détenus sans procès.
Dans un rapport public, les Nations unies ont demandé jeudi aux Etats-Unis que tous les prisonniers soient jugés rapidement ou qu’ils soient libérés « immédiatement ».

La chancelière Angela Merkel avait ouvertement critiqué en janvier le camp de Guantanamo, un sujet qu’elle avait évoqué avec le président George W. Bush à Washington.

Tony Blair et Angela Merkel, qui ont dîné ensemble jeudi soir à Berlin, se sont également entretenus de la préparation du sommet européen de mars prochain, de la politique énergétique et de la réforme des institutions européennes.

Il s’agissait de la première visite officielle de Tony Blair en Allemagne depuis l’investiture en novembre d’Angela Merkel à la tête du gouvernement de « grande coalition » entre les conservateurs et les sociaux-démocrates. Angela Merkel s’était rendue à Downing Street le 24 novembre, deux jours après avoir pris ses fonctions.

Le chef du gouvernement travailliste entretenait des relations médiocres avec l’ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schroder, auquel il s’était opposé sur l’Irak. La relation quasi-exclusive entre Gerhard Schroder et le président français Jacques Chirac avait aussi fait grincer les dents à Londres.

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