IranNucléaireL'AIEA met l'Iran en accusation à l'ONU

L’AIEA met l’Iran en accusation à l’ONU

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Le Figaro, 28 avril – Par Maurin Picard – Un rapport sévère que doit remettre Mohammed ElBaradei ce soir au Conseil de sécurité de l’ONU va permettre d’ouvrir des discussions sur des sanctions.

La visite éclair et improductive d’une délégation iranienne avant-hier au siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne n’y aura rien changé. Le directeur général de l’agence, Mohammed ElBaradei, va remettre ce soir un sévère rapport sur le programme nucléaire iranien au Conseil de sécurité des Nations unies. Téhéran se verra reprocher d’avoir inauguré la production d’uranium enrichi le 9 avril, malgré les avertissements solennels de la communauté internationale, et refusé dans le même temps de reprendre une «coopération pleine et entière» avec les inspecteurs de l’AIEA. En février, protestant contre la saisine du Conseil de sécurité par le conseil des gouverneurs de l’AIEA, l’Iran avait dénoncé les inspections «renforcées et inopinées» menées par les limiers de l’agence, au titre du protocole additionnel du Traité de non-prolifération (TNP).

Pour autant, ce document très attendu, le dernier d’une longue série de rapports délivrés par l’AIEA sur l’Iran, ne devrait rien révéler de nouveau sur les véritables intentions de Téhéran en matière nucléaire. Depuis le mois de juin 2003, neuf rapports ont déjà jalonné le travail de l’agence sur le programme nucléaire iranien.

Faisceau de présomptions

Tous, peu ou prou, affichent le même leitmotiv : en près de trois ans d’investigations, aucune preuve formelle n’a pu être décelée quant à l’existence d’un volet militaire à ce programme, dédié officiellement à la production civile d’énergie électrique. Des soupçons existent en revanche, qui se sont renforcés au gré des inspections de l’AIEA. Ce faisceau de présomptions, s’il ne permet pas à l’ONU pour le moment de justifier des sanctions à l’encontre de Téhéran, a cependant contribué à accentuer la perte de confiance de la communauté internationale envers la République islamique.

Les inspections de l’AIEA débutent le 25 février 2003, après de fortes pressions internationales. Sur le site de Natanz, consacré à l’enrichissement d’uranium, les experts découvrent 164 centrifugeuses en état de fonctionnement. En outre, deux sites en banlieue de Téhéran, Kalaye General Electric et Lavizan-Shian, restent de longues semaines inaccessibles aux limiers de l’ONU. Lorsque ceux-ci peuvent finalement y accéder, les bâtiments ont été vidés et repeints dans un premier cas, entièrement rasés dans le second.

Les premiers rapports de Mohammed ElBaradei en 2003 reprochent à l’Iran sa politique de «dissimulation», une «coopération limitée et réactive, des informations lentes à venir, changeantes et contradictoires». Ils notent cependant qu’«actuellement, il n’y a pas de preuve que l’Iran met au point l’arme nucléaire». Une occasion de saisir le Conseil de sécurité s’est envolée. Alors que toutes les conditions paraissaient alors réunies pour une telle démarche, l’AIEA préfère privilégier la voie de l’apaisement avec Téhéran, tandis que débute un fragile processus de négociations avec l’Union européenne.

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