IranNucléaireProposition commune sur le nucléaire iranien

Proposition commune sur le nucléaire iranien

-

Nouvelobs.com, 2 juin – Réunies à Vienne, six grandes puissances ont décidé jeudi 1er juin de proposer à l’Iran de suspendre toute action du Conseil de sécurité de l’Onu à son encontre s’il interrompait ses activités d’enrichissement d’uranium, a annoncé la secrétaire au Foreign office britannique.

« Nous sommes convenus d’un ensemble de propositions de grande portée comme base de discussions avec l’Iran », a dit Margaret Beckett aux journalistes à l’issue de la réunion organisée dans la capitale autrichienne.

Téhéran avait rejeté un peu plus tôt des conditions posées par les Etats-Unis en préalable à des négociations directes sur son programme nucléaire.

« Nous pensons que (ces propositions) donnent à l’Iran une chance de parvenir à un accord négocié fondé sur la coopération », a déclaré Margaret Beckett.

Présentation des mesures à l’Iran

Les discussions de Vienne réunissaient les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie et de la Chine – tous membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu – ainsi que l’Allemagne et le chef de la diplomatie européenne.

« Nous sommes prêts à reprendre des négociations au cas où l’Iran rétablirait la suspension de toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement, comme l’a demandé l’AIEA, et nous suspendrions aussi toute action au Conseil de sécurité », a dit Margaret Beckett.

« Nous sommes également convenus que si l’Iran décidait de ne pas s’engager dans la négociation, de nouvelles mesures devraient être prises au Conseil de sécurité », a-t-elle ajouté.

Les détails de l’accord de Vienne ne seront pas communiqués avant que l’ensemble des mesures aient été présentées à l’Iran.

Réponse attendue de Téhéran

Un responsable américain a affirmé que Téhéran ne disposait que de quelques semaines pour accepter ces propositions avant que les puissances occidentales n’engagent une procédure au Conseil de sécurité. Il s’est cependant abstenu de parler de sanctions.

Un diplomate de l’UE a estimé que la première rebuffade venue de l’Iran dans la journée n’était pas définitive.

« Nous ne leur avons pas encore présenté l’ensemble des mesures, et rien de ce qu’ils ont dit jusqu’ici ne semble signifier qu’ils excluent de profiter de l’occasion », a-t-il déclaré.

L’Iran est resté défiant jeudi au lendemain du changement de cap des Etats-Unis à son égard, qui a contribué au rapprochement des grandes puissances sur le dossier du nucléaire iranien.
Le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a jugé que l’offre des Etats-Unis de se joindre sous conditions aux pourparlers entre l’Iran et la « troïka » européenne sur ce dossier n’apportait « rien de nouveau ».

La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a subordonné cette ouverture à la suspension totale par l’Iran de ses activités d’enrichissement et de retraitement de l’uranium, mais Mottaki a réaffirmé que Téhéran ne renoncerait pas à ce « droit naturel ».

« Nous ne discuterons pas de cela. Mais nous sommes prêts à des discussions sur des sujets de préoccupation communs », a-t-il ajouté, laissant ainsi la porte entrouverte.

La Chine et la Russie se rapprochent des Occidentaux

L’offre américaine a été saluée par les autres grandes puissances et a incité la Chine et la Russie, hostiles à une approche agressive envers l’Iran, à se rapprocher des Occidentaux.
En retour, Washington dit avoir obtenu de ses partenaires que, sans réponse positive de Téhéran, le Conseil de sécurité étudierait des sanctions.

« Si c’est ce que (les Iraniens) décident, la prochaine étape pour nos partenaires de la coalition, c’est d’aller au Conseil de sécurité », a affirmé jeudi le président George Bush.

Qualifiée de « décisive » par le Premier ministre français Dominique de Villepin, l’initiative américaine a également été présentée par le secrétaire au Foreign Office Margaret Beckett comme « une véritable occasion » à saisir pour l’Iran.

Avant la réunion de Vienne, des diplomates avaient précisé qu’un réacteur à eau pressurisée pourrait faire partie des mesures incitatives ainsi qu’un approvisionnement international en combustible nucléaire pour permettre l’Iran de se passer d’uranium enrichi.

Parmi les sanctions, on évoquait une interdiction de visas et un gel des actifs de hauts responsables iraniens, avant un recours à des pressions commerciales.

L’arme nucléaire dès 2010

Pour John Negroponte, directeur du renseignement américain, Téhéran pourrait disposer de l’arme nucléaire en 2010.

« Il faut admettre qu’il s’agit du principal Etat parraineur du terrorisme dans le monde, et que leur attitude a été un problème non seulement au Liban, en Israël et dans les territoires palestiniens, mais aussi en Irak », a t-il déclaré sur la BBC. « Ils semblent déterminés à mettre au point des armes nucléaires », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant ne pas avoir « de connaissance précise » sur le délai nécessaire à Téhéran pour achever la mise au point de l’arme nucléaire.

« Selon nos estimations, ils pourraient être en position de disposer de l’arme nucléaire entre le début de la prochaine décennie et le milieu de la prochaine décennie, ce qui est très inquiétant », précise-t-il.

Il explique néanmoins que « maintenant, il y a une proposition sur la table adressée à l’Iran, et nous devons attendre la réaction du gouvernement iranien ».

7,062FansLike
1,160FollowersFollow
0SubscribersSubscribe

Dernières nouvelles

Les crimes d’Ali Khamenei à Piranshahr et Javanrud en Iran

Au 67e jour de la révolution iranienne, le régime iranien a tenté de mettre un terme aux manifestations dans...

Iran : médecine chère, vie humaine bon marché

Un regard sur les armes que le régime iranien utilise contre son peuple pour réprimer les protestations sociales, révèle...

Qui est le juge meurtrier du régime iranien Abolqasem Salavati ?

La semaine dernière, le cas de plusieurs personnes arrêtées lors du soulèvement du peuple iranien a été renvoyé au...

Le régime iranien est incapable d’arrêter les protestations

Les gouvernements totalitaires, qu'il s'agisse d'une monarchie ou d'un régime clérical, et leurs partisans internationaux poursuivent le même objectif,...

Dix pour cent de la nation iranienne est prête à se sacrifier pour la liberté

Selon les estimations du principal groupe d'opposition au régime iranien, l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI/MEK), plus de...

L’imposture de Khamenei au sujet du coup d’État de 1953 et la révolution de 2022

Le 2 novembre, le guide suprême du régime iranien, Ali Khamenei, a de nouveau attribué la révolution en cours...

Doit lire

Iran : la sécurité, un pari dans lequel Khamenei a perdu

Dans son dernier discours, le guide suprême du régime...

Fissures mortelles et indiscernables dans le système iranien

La présence prévue du Guide suprême du régime iranien...

vous pourriez aussi aimer EN RELATION
Recommandé pour vous